Le roman Les maîtres du domaine fait suite à Leur domaine paru en 2021. Mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu ce dernier pour se plonger dans le nouveau livre noir de Jo Nesbø.
Os est une petite ville de la Norvège avec sa station service, son salon de coiffure, son pub, son équipe de foot, son camping et un hôtel cinq étoiles.
Roy et Carl Opgard en sont les maîtres. Roy possède la station service et le pub, Carl, l’hôtel. Mais ils ne sont pas devenus les personnages les plus puissants de Os sans quelques sacrifices. Pour y arriver, ils ont commis sept meurtres et ils sont prêts à poursuivre leur œuvre si personne ne les arrête.
Mais voilà, Kurt, le lensmann, également entraîneur de l’équipe de foot, sponsorisée par Carl, soupçonne Roy d’être derrière le suicide de son père. Et il ne lâche rien.
Roy est un tueur, un grand frère qui protège Carl et répare ses bêtises, quitte à supprimer quelques vies. Il est aussi le personnage central de ce roman qui dévoile au fil des pages une étonnante humanité si l’on considère son morbide palmarès.
Le roman raconte les rapports complexes entre ces deux frères qui vivent ensemble dans la maison de leurs parents qu’ils ont assassinés, les intrigues qui relient entre eux tous les habitants de Os et l’ambition dévorante de Roy et Carl. L’un désire créer un parc d’attractions, l’autre agrandit son hôtel et bâtit une vaste demeure.
Le roman fonctionne à merveille jusqu’à sa moitié, ensuite il patine un peu, surtout lorsqu’il évoque la relation tumultueuse entre Roy et Nathalie. Heureusement, il repart de plus belle, nous surprenant jusqu’au dernier chapitre.
Une de mes prochaines lectures devrait être naturellement Leur domaine pour le plaisir de retrouver les personnages de cette saga.
Le 26 décembre 2025, l’application Météo-France annonçait une froide journée ensoleillée avec une petite bise de nord-est. Le temps rêvé pour grimper en montagne installer son télescope. Oui, ça c’est ma vision de la vie, et je la partage avec moi-même.
Sauf que l’après-midi fut nuageuse et la nuit incertaine. Vous savez quand au début de journée le soleil est prévu pour briller et que heure après heure, à chaque nouvelle mise à jour des prévisions, un nuage gris occupe toute la case de l’heure courante et que les suivantes sont ensoleillées.
J’ai quand même chargé la voiture avec le Celestron, un thermos de soupe, un de thé vert et un de nouilles japonaises. Trois couches de vêtements plus tard, j’étais en route pour la montagne.
Des nuages élevés noyaient le coucher de soleil rose et des stratus déchiquetés s’accrochaient aux sommets. Là haut, des bancs de cirrus voilaient le ciel, de la neige fraîche recouvrait le sol et un vent glacial balayait le parking déserté.
Il était 18h et j’étais tout seul. Aucun des fondus d’astronomie n’était là pour me tenir compagnie. Le ciel n’était pas des plus prometteurs et il faisait diablement froid. Mais j’étais monté, alors j’ai patienté un peu, assis dans la voiture, histoire de voir si le ciel allait se dégager comme annoncé.
Au bout d’une heure d’attente, les nuages se sont dissipés au nord-est, là où je voulais pointer le télescope, vers la nébuleuse du Crabe dans la constellation du Taureau. Messier 1, comme on l’appelle entre nous, est le résidu d’une supernova qui a été observée en 1054 par les astronomes chinois. Une étoile qui a explosé et dont la lumière resta visible en plein jour. Certainement un sacré spectacle !
J’ai sorti le matériel du coffre, mis en place le trépied, la monture, le télescope, la batterie, la lunette guide et les multiples câbles.
J’ai allumé le matériel et le logiciel a demandé à réaliser une mise à jour de l’Asiair, l’ordinateur de pilotage, une muse à jour obligatoire je précise. Je déteste ce genres de surprises, elles annoncent toujours des problèmes en cascades.
Une fois l’update terminée, j’ai réalisé la mise au point, pointé l’étoile polaire, aligné la monture, lancé la calibration de l’autoguidage puis j’ai pointé le télescope vers la nébuleuse. C’est là que le logiciel a planté. J’ai tout arrêté et j’ai du toyt recommencer. L’alignement n’avait pas bougé, par contre la procédure crashait après une rotation du tube du télescope de 60 degrés, servant calcul de l’écart du tube à l’étoile polaire. Et ce, à chaque tentative. Après plusieurs arrêts marche, le setup a bien voulu aller jusqu’au bout de l’opération.
C’est là qu’à commencé le balais des kékés sur le parking. Une voiture s’est garée face à mon matériel tous feux allumés, le moteur allumé pour profiter du chauffage et de la radio. Agaçant, d’autant que j’étais en plein réglages. Alors j’ai été saluer le conducteur, une vielle connaissance qui m’a déjà fait le coup (le monde est petit). Quand il m’a reconnu, il s’est excusé et a tout coupé, enfin ça lui a pris au moins cinq minutes pour trouver comment faire, passant des codes aux anti brouillard jusqu’au pleins phares. Ensuite d’autres énergumènes sont venus tenter des dérapages sur le parking, tous feux allumés. Pas de chance pour eux, la chaussée ne glissait pas. Mais bon, lorsqu’une voiture passe à toute pompe près de votre matériel, vous éblouissant au passage, des fois ça énerve.
Vers 20h, malgré tous ces désagréments, j’obtenais enfin ma première image de la nébuleuse du crabe. Par contre j’étais toujours tout seul sur le parking sorti de quelques visiteurs venant se garer en plein phares devant mes yeux maintenant bien accoutumés à la nuit noire. Pour occuper le temps, j’ai commencé à gribouiller ce billet sur le bloc note du téléphone. Alors si vous trouvez que cet article fait dilué, vous savez maintenant pourquoi. Les heures sont longues à veiller dans le noir.
C’est plus de deux heures plus tard, alors que je regardais un live stream de Radio Erdorin sur YouTube emmitouflée dans une couverture, installé au chaud dans la voiture, que j’ai vu une lumière rouge qui s’agitait un peu plus haut. La lumière rouge est le signe de ralliement des astronomes, une lumière qui éclaire sans éblouir et qui permet d’installer son setup et de ne déranger personne. Julien, un astronome amateur que je croise de temps en temps, venait lui aussi observer au Champ du Feu après avoir tenté sa chance un peu plus bas dans les nuages.
Je n’étais plus seul mais je n’allais pas tarder à partir. J’avais déjà emmagasiné soixante-dix images de deux minutes de la rémanente de supernova qui dévoilait maintenant ses couleurs cyan et magenta à l’écran. Le ciel était magnifique. La lune allait bientôt se coucher en compagnie de la planète Saturne, la Voie Lactée scintillait et le vent soufflait un peu moins fort.
Julien voulait immortaliser la fameuse comète 3i/Atlas (C/2025 N1) pour les puristes, un objet interstellaire atypique de magnitude 13.1, autant dire difficile à trouver. Il testait également de nouveaux accessoires comme le plate solving (la reconnaissance de la position du télescope dans ciel via une caméra et un atlas numérique) et le pilotage de sa monture en wifi via son smartphone.
Le temps qu’il installe son télescope, il était 23h passées et j’avais un peu plus de trois heures d’images dans la carte micro SD de l’Asiair. La batterie de mon setup commençait à donner des signes de faiblesse, il était temps pour moi de remballer.
Mais avant de partir, je voulais avoir une chance de voir cette fameuse comète. Une fois le matériel rangé dans le coffre, je suis remonté une dernière fois voir Julien qui cherchait toujours la comète. Après plusieurs essais, dont un reflet d’étoile qui ressemblait à une queue, il est tombé sur le minuscule noyau cométaire suivi d’une queue à peine plus grande, la fameuse 3i/Atlas. Il était aux anges. Moi aussi.
Lorsque je suis parti vers 0h30, il commençait ses premières photos. Je suis redescendu dans les nuages, suivi de près par un kéké en pleins phares et zigzagant sur la route, désireux sans doute d’en découdre sur les petites routes sinueuses. Mais hélas pour lui, je roulais calmement, indifférent à son manège, préférant surveiller de près les allées et venues du gros gibier sur le bord de la route. Il m’a dépassé dans une ultime ligne droite avant Klingenthal, histoire de se prouver qu’il allait gagner la course. Bravo ! La plaine d’Alsace était endormie dans le givre blanc et je ne tardais pas à retrouver la couette chaude en rêvant de supernovae.
L’album que je vais vous présenter aujourd’hui aurait pu figurer dans mon top 2025. J’ai même hésité à repousser d’une semaine la publication de mon classement pour vous le faire découvrir. Mais j’avais envie de plus de temps pour l’écouter.
Le groupe s’appelle Feather Mountain, vient de Copenhague et sort ici, avec Liminal Step, son troisième album depuis 2019.
Huit titres de métal progressif de deux à sept minutes qui ne sont pas sans rappeler les cadors du genre comme Leprous ou Vola.
Dans Liminal Step le growl et la voix claire se partagent les parties chantées d’agréable manière. Lorsque l’on commence à saturer de sucreries, la râpe amère vient nettoyer les papilles et relancer l’envie de douceurs. Un très bon équilibre pour les personnes qui craignent les hurlements.
L’album nous guide pendant trente-neuf minutes vers la compréhension de nous-même alors que le monde qui nous entoure sombre dans le chaos. Une invitation à plonger dans l’abîme de la vie, dans nos traumatismes et les structures sociales qui nous paralysent, à l’image de la magnifique pochette signée Arie Fasant, cet homme qui fait un pas en avant dans le vide.
Je vous l’avoue, c’est cette couverture, façon tatouage, qui m’a tout d’abord interpellé. Un personnage sur un éperon rocheux, les cheveux au vent, qui s’apprête à se jeter dans le vide. Cela ne ressemble pourtant pas à un acte désespéré, bien au contraire.
Le côté enragé de l’album est particulièrement frappant sur les deux premiers morceaux, ‘Sigil’ et ‘Rope Me In’. Dans ‘Lantern’, même si Mikkel Lohmann lève le pied sur growl, il pousse ses cordes vocales dans ses retranchements à la manière d’un Einar Solberg tordu de douleur.
La musique, elle emprunte beaucoup à du cinématique tabassé de djent avec souvent des éléments électroniques. Certains y entendront du Porcupine Tree, du Oceansize, personnellement, je les trouve plus près des danois de Vola, en plus pêchus.
J’aime beaucoup la grandiloquence du titre ‘Prayer Wall’, un des titres les plus longs avec l’excellent ‘Lantern’ et le final ‘The Hedonist’. Un titre qui mélange B.O. façon Interstellar, électronique et chant clair, choeurs et voix très haute le tout avec une puissance émotionnelle rarement atteinte.
Le bref ‘Grid’ rappelle inévitablement l’ami Wilson dans ‘Arriving Somewhere But Not Here’ avec sa guitare acoustique, ses effets vocaux, cette guitare électrique en second plan ainsi que les sonorités choisies pour les claviers. Le titre semble presque à un hommage au travail de Porcupine Tree.
Si j’avais eu plus de temps, j’aurais chroniqué A Liminal Step en 2025 et il aurait certainement figuré dans mon top de l’année, car je ne m’en lasse pas. Il possède sans doute le défaut de ressembler à beaucoup d’autres albums dans la veine de Vola et Leprous mais c’est tellement bon qu’on leur pardonne.
Je vais essayer de trouver du temps pour écouter ‘Nidus’ sorti en 2019 et ‘To Exit A Maelstrom’ arrivé trois ans plus tard pour voir si j’accroche autant et découvrir l’évolution du groupe depuis ses débuts.
En attendant, je vous recommande chaudement A Liminal Step. A consommer sans modération.
Vous aimez les échecs ? Moi pas vraiment. Peut-être parce que j’ai accompagné mon ainé un peu partout en Alsace, Lorraine et Jusqu’en Franche Comté à des tournois interminables lorsqu’il était petit. Il jouait très lentement…
La mini série en sept épisodes, The Queen’s Gambit, a réussi à me réconcilier avec ce sport très prisé des russes. La série parle d’une enfant qui découvre ce jeu à l’orphelinat, après le décès de sa mère.
La mini série est tiré d’un roman paru de Walter Tevis paru en 1983 et que mon épouse avait dévoré. Lorsqu’elle l’a vu dans le catalogue Netflix, je n’ai pas eu d’autre choix que de regarder avec elle les épisodes. Et je ne le regrette pas. Car The Queen’s Gambit parle surtout de Elisabeth, cette jeune fille qui va devenir la reine des échecs.
L’esthétique est ici très soignée et le jeu des acteurs remarquable, tout particulièrement celui de Anya Taylor-Joy (oui trois Y dans un nom, c’est beaucoup). Certes, la série parles des échecs, des tournois, des ouvertures, mais elle parle surtout de cette jeune fille abandonnée par son père qui père sa mère folle, qui est adoptée par un couple avant de se retrouver à nouveau seule, qui souffre d’addictions et qui est une des rares joueuses d’échecs classées dans un milieu profondément machiste.
Meilleurs voeux à tous et à toutes, et merci pour votre fidélité. Je vais vous présenter mon bilan de l’année 2025.
J’ai publié une vidéo de Chroniques en Images toutes les semaines avec plus ou moins de succès. Celle de The Young Gods a été vue plus de sept cent cinquante fois, un beau succès ! Hélas, généralement, les vidéos atteignent péniblement cinquante vues. Pas de quoi pavoiser, d’autant que le nombre d’abonnés stagne toujours sous la barre des trois cents. Certains dirons que c’est lié à mon air constipé et de la platitude de mes chroniques. Je n’irai pas les contredire. Des fois je songe à me faire remplacer par mon épouse qui est très à l’aise devant un prompteur et une caméra. Le monde est vraiment trop injuste.
J’ai publié trois articles de blog par semaine et là encore, la moyenne des visiteurs quotidiens est d’une petite vingtaine si j’exclue les spammers fous et de quelques publications, comme le live report de Mystery, qui ont cartonné. Bon là encore, je plaide coupable. Mes billets partent dans tous les sens, racontant souvent n’importe quoi et n’apportent rien de plus que des sites spécialisés, mais c’est ça mon blog, et je n’ai pas l’intention de changer son contenu.
Une quinzaine de mes photographies présentées sur Flickr ont eu les honneurs de la galerie Explore et ont connu ainsi un beau succès. Sachant que je propose trois photos par semaine cela donne un taux de réussite d’environ dix pour-cent, c’est déjà pas mal. Évidemment, ce n’est jamais la photo dont je suis le plus fier qui sort du lot. Je suis clairement incompris.
J’ai couvert neuf concerts comme photographe, c’est à dire nettement plus que les deux années précédentes. Ceci s’explique par la reprise des soirées Chez Paulette mais pas que. J’ai maintenant mes entrées dans plusieurs salles de la région comme au P8 à Karlsruhe ou bien au Grillen à Colmar et également lors de festivals. J’essaye d’améliorer ma technique, de rendre mes photos plus dynamiques et de remplir moins les cartes SD de clichés inutiles.
J’ai couvert également deux spectacles de la troupe ToïToïToï dont une journée marathon avec six concerts. Je porte maintenant leur teeshirt lors de leurs évènements et je me fais plein de nouvelles amies sur Facebook. Ma femme est jalouse…
J’ai lu dix-neuf romans (un record) et une seule BD, par contre je ne compte plus les séries que j’ai regardé, chez Amazon d’abord puis chez Netflix. Je passe clairement trop de temps devant les écrans, d’ailleurs, la lampe du vidéo projecteur n’a pas survécu à cette addiction.
J’ai passé également de nombreuses nuits sous les étoiles et réalisé une trentaine de photographies du ciel profond avec la lunette de 72 cm principalement. Ma pratique de l’astro photographie se perfectionne comme mon matériel et parfois je suis presque satisfait du résultat, même s’il me reste une belle marge de progression. Évidemment, je suis très tributaire du temps alsacien et je passe mon temps à scruter les modèles météorologiques, regarder les webcams et surveiller l’application Météo-France quand je ne harcèle pas mes collègues prévisionnistes. Je travaille maintenant en imagerie HOO (hydrogène, oxygène, oxygène) qui m’offre une nouvelle palette de couleurs des plus intéressantes. Cela complique tout, mais c’est ça qui est drôle.
J’ai joué avec pas mal de réseaux sociaux, YouTube, Flickr, Facebook, BlueSkye, Mastodond, Instagram et dernièrement RedIt histoire de varier les plaisirs. J’ai rapidement dégagé Instagram et mes followers sur Mastodon ne réagissent plus à mes publications (uniquement des photos). Par contre RedIt m’amène de nouveaux visiteurs donc je porte plus mon effort sur cette plateforme pour l’instant.
Niveau santé, malgré de nombreuses nuits blanches et concerts, je souffre nettement moins de migraines et aucune ne m’a clouée au lit une seule fois cette année. Un vrai miracle ! La prostate poursuit lentement son chemin vers une opération certaine et les reins fonctionnent bon an mal an. En surveillant de très près mon alimentation et en buvant des litres d’eau qui gonflent ma vessie, j’arrive à tromper la mort. Mais pour combien de temps encore ?
La famille, c’est compliqué, mais pour qui cela ne l’ai pas ? Pour les orphelins célibataires sans frères et sœurs ? On fait avec.
Quant au travail, je me rapproche chaque jour de la retraite (bon encore quatre années avant d’en profiter). N’empêche, j’essaye de lever le pied ce qui n’est pas toujours facile.
Question finances, certains se demandent sans doute combien me rapporte toute cette activité médiatique. Zéro euros. Elle me coûte par contre beaucoup d’argent. Hébergement internet, matériel photo, ordinateur, matériel astro, kilomètres en voiture, place de concert, bières, c’est un puits sans fond, mais c’est surtout beaucoup de plaisir. Alors je crois que je vais continuer un peu. Même s’il n’y a pas grand monde à réagir à ma folie.
C’est donc reparti pour un an, désolé pour vous (après vous n’êtes pas obligé de me lire).
Vous l’attendiez tous, voici l’heure de mon album de l’année. Alors allons-y.
Déjà commençons par la présentation des albums qui m’ont marqués cette année.
Un des premiers est Admist The Ruins de Saor, un groupe que j’ai eu l’occasion d’écouter au festival Zone 51 à Sélestat. Du folk métal sombre qui m’a fait forte impression.
Ensuite, il y a eu la sortie du premier album instrumental d’anasazi. Autant dire un événement. Je suis un fidèle du groupe grenoblois depuis des années et j’ai adoré cette nouvelle écriture sans parole.
Shards, le dernier Dim Gray, m’a fait forte impression également, et malgré quelques imperfections, il mériterait bien une place sur le podium.
Mais mon premier gros coup de cœur est arrivé avec Abur du groupe belge Pothamus conseillé par Alice et Stéphane. Un groupe que j’ai eu la chance de voir en concert au P8 en Allemagne.
D’ailleurs, cette année, j’ai fait pas mal de concerts pour une fois, mais ça je vous en reparlerai tout à l’heure.
Pas de chance pour Pothamus, Abur a été très vite éclipsé par The Spin de Messa, le disque que j’ai certainement écouté le plus souvent cette année. Cerise sur le gâteau, j’ai pu photographier la belle italienne et son groupe au Grillen peu de temps après la sortie de l’album. The Spin est pour moi leur meilleur album à ce jour et ce n’est pas un secret, j’adore le groupe Messa.
Pour le rétro progressif, il y a eu Brass Camel avec l’album Camel. Un coup de cœur sur le moment, mais que j’ai rapidement oublié, je l’avoue.
Mais c’est encore Stéphane qui m’a fait découvrir une des grosses claque de 2025, Akallabeth de Anfauglir, une histoire dans l’univers de Tolkien racontée par deux musiciens qui jouent du métal symphonique. C’est un album sur lequel je reviens assez régulièrement depuis sa découverte.
L’album World Maker de Psychonaut s’est tout de suite classé dans mon top 2025 et celui-ci, je l’ai trouvé tout seul. Le groupe propose un psyché post-rock métal furieusement contrasté qui fonctionne à la perfection. Un véritable coup de cœur qui ne s’est pas démenti.
Pour le prog, le dernier Gazpacho, Magic 8 Ball, s’est immédiatement imposé à mes oreilles comme un mets de choix. Je ne l’ai toujours pas commandé en vinyle, mais ça ne saurait tarder, ce qui est un signe chez moi. Le signe que cet album rentre dans le top du classement 2025. Après, c’était relativement prévisible.
Et voilà, c’est tout. Mais ce n’est pas la peine de hurler, je n’ai pas tout écouté et je ne le ferai certainement pas. Il s’agit du best of des albums que j’ai écoutés cette année.
J’aurais bien ajouté Hamasaari, The Young Gods et Returned To Earth dans le classement, mais leurs albums ne sont pas sortis cette année, alors je m’abstiens.
Avant de passer au classement final, j’aimerais vous parler des concerts auxquels j’ai assisté cette année, car il y en a eu pas mal : Greenleaf au Grillen, Mystery Chez Paulette, Hamasaari au P8, Messa au Grillen, King Buffalo au P8, Saor au Tanzmatten, Weather Systems Chez Paulette, Pothamus au P8 et Mostly Autumn chez Paulette.
Le pire fut assurément celui de Weather Systems, parce que franchement Daniel Cavanagh fut imbuvable et le concert pas terrible. Pour le meilleur, j’hésite encore entre Greenleaf et Hamasaari. Deux dynamiques quasi opposées, mais deux concerts absolument fabuleux. Sur toutes ces dates j’ai pu rentrer dans la salle avec mon matériel photo ce qui est vraiment cool, donc merci aux groupes comme aux organisateurs.
Mais revenons à mon classement 2025.
Il n’y a que trois places sur le podium et pas mal de groupes sélectionnés.
Le choix est difficile…
Je ne conserve que Dim Gray, Pothamus, Messa, Anfauglir, Psychonaut, Gazpacho pour la présélection.
Et dans le trio de tête, je vais placer Gazpacho, Psychonaut et Messa, trois albums très différents.
À la troisième place, je place Psychonaut avec l’album World Maker.
À la seconde place, Gazpacho avec Magic 8 Ball.
Et au sommet du podium, le groupe italien Messa avec The Spin, mais ça je le savais dès la première écoute de ce magnifique vinyle.
Pourquoi The Spin ? Parce que j’adore la voix et la présence de Sara, leur chanteuse, en studio comme en live. Ensuite, cet album raconte une histoire et sa musique possède une atmosphère vraiment particulière dans laquelle j’aime me plonger. Ce n’est sans doute pas un disque révolutionnaire, mais le groupe suit une trajectoire que je trouve très prometteuse. Je ne pensais pas qu’ils pourraient faire mieux que leur précédent album Close, et j’avais tord.
Vous ne serez certainement pas d’accord avec ce classement, vous allez me citer tout plein d’albums de prog que je n’ai pas écouté et vous aurez certainement raison, mais je ne les écouterai probablement jamais, alors laissez tomber. Il s’agit juste du classement de mes découvertes de l’année, alors pas la peine de vous énerver.
Merci encore pour votre fidélité. On se retrouve en 2026 pour une nouvelle année musicale.
Mon père est décédé il y a quelques années et ses biens, à savoir un peu d’épargne, ont été partagés aux ayants droits, mes trois nièces, mon frère et moi, par un notaire, comme il se doit. C’est avec cet argent que je me suis égoïstement offert un télescope.
À juste raison, mon frère aîné soupçonnait que mon père possédait en plus une assurance vie ou quelque chose d’approchant que le notaire n’avait pas déniché. Il s’est lancé dans de longues et fastidieuses démarches sans plus me donner de nouvelles. C’était en 2023.
Et puis cette année, il m’a envoyé un mail et une procuration à remplir pour lui donner pouvoir afin de récupérer les fonds perdus et les redistribuer. Il y avait bien quelque chose. Un nouveau télescope ?
Comme j’ai de bons contacts avec mes nièces, je me suis proposé d’être l’intermédiaire pour faire signer la procuration et récupérer les documents nécessaires auprès d’elles. Rien de bien sorcier.
Mais l’une d’elle a lu les documents plus en profondeur, découvrant que mon frère avait déjà touché le reliquat de l’héritage en totalité depuis plusieurs mois et que la Caisse des Dépôts et Consignations lui demandaient maintenant des comptes concernant les autres héritiers. Oups ! Quelqu’un avait merdé et mon frère s’était bien gardé de nous avertir.
Bon, la somme était inférieure à mille euros, à partager en quatre parts. Pas de quoi s’offrir ne serait-ce qu’un oculaire de lunette astro. Mais tout de même. C’était gonflé de sa part. Il gardait le pécule depuis plusieurs mois sans en avoir averti qui que ce soit, jusqu’à que la Caisse des Dépôts et Consignations ne lui demande des comptes.
Du coup, c’est moi qui lui ai demandé des comptes, les récépissés et la provenance de ces comptes. Puis j’ai récupéré auprès de mes nièces les papiers nécessaires à l’établissement de cette fameuse procuration et je lui ai tout envoyé.
Et puis, plus rien.
Je l’ai contacté pour lui fournir également nos RIBs, afin qu’il nous verse les sommes dues, et là, il m’a répondu qu’il attendrait un récapitulatif de la Caisse des Dépôts et Consignations pour nous virer l’argent.
J’ai patienté sagement deux mois et étant donné que je ne voyais rien venir, j’ai envoyé un message à la Caisse des Dépôts et Consignations.
Pour eux le dossier était clos. Ils avaient reçu les documents, l’argent avait été versé, ce n’était plus de leur ressort.
Fort de cette réponse, j’ai contacté mon frère, lui mettant en copie la réponse de la Caisse des Dépôts et Consignation avec en pièce jointes nos iBan. Le lendemain l’argent était miraculeusement versée et deux jours plus tard, il nous envoyait à tous la même lettre récapitulant les montants versés, les documents qu’il a en sa possession sur notre père, ses recherches généalogiques, l’emplacement du caveau familial et se terminant par cette phrase définitive : « Enfin… il y a de réponses possibles que lorsque les questions sont posées ! » Roulements de tambours.
Ne croyez pas que je l’ai fait pour l’argent, les deux cent treize euros et vingt centimes ne valaient pas toute l’énergie dépensée pour les récupérer. Il s’agissait juste une question de principe.
Un extraterrestre venu exterminer l’humanité se crash avec son vaisseau non loin d’un bled paumé aux États-Unis.
C’est ainsi que démarre la série en deux saisons et dix huit épisodes Resident Alien.
Si j’ai commencé cette série de 2021 avec mon épouse c’est pour l’acteur Alan Tudick qui jouait le pilote dans Firefly.
Le ton grinçant burlesque sociopathe du premier épisode nous a tout de suite séduit (allez savoir pourquoi) et nous avons regardé Resident Alien au rythme effréné de deux à trois épisodes par soirée lorsque je n’avais pas concert et mon épouse musique.
Notre alien débarque dans la petite ville de Plaisance dans le Colorado, dans le corps de Harry, un médecin à qui il a fait la peau. Et vu que Sam, le médecin du patelin vient de mourir, le maire demande à Harry de le remplacer au pied levé.
Voilà, le ton est donné. La série raconte la vie de Plaisance et les aventures d’un alien sociopathe coincé sur terre, incapable d’accomplir sa mission, à savoir, détruire l’humanité…
J’ai adoré la première saison très caustique, un peu moins la seconde qui sombre dans les bons sentiments à l’américaine. Mais j’ai été jusqu’au bout, ne serait-ce que pour connaître le dénouement de cette histoire.
Mais si vous avez aimé Terminator et la série Firefly, vous vous devez de regarder Resident Alien.
J’ai mis du temps pour vous parler du dernier album de Flaming Row parce que je n’ai tout d’abord pas su tout par quel bout le prendre.
Voyez vous-même, deux CD pour les versions anglaises et allemandes, une heure vingt pour chacune des versions, un audio book et douze titres dont un de plus de dix minutes.
Pour présenter Flaming Row, sachez qu’il s’agit d’une formation allemande que je suis depuis de longues années. Un groupe mené par Martin Schnella et Melanie Mau où l’on retrouve également Marek Arnold.
Et pour cet album Keeper Of The Scriptures, plein d’invités prestigieux. Je ne vais en citer que trois parce qu’ils sont très nombreux et que la chronique ne suffirait pas à les nommer tous. Vous entendrez entre autres Arjen Lucassen, Eric Gilette et Leo Margarit.
Keepers Of The Scriptures est bien entendu un concept album qui nous entraîne dans l’univers des Milles et Unes Nuits. C’est l’histoire de Nita et Meera qui vivent dans la ville de Gandhara, la capitale de Mithila. Lorsqu’une menace inconnue s’abat sur la cité et ses habitants, tous deux doivent se lancer dans un combat pour préserver l’histoire et les écritures de leur civilisation.
Une histoire folk metal progressive avec de nombreux personnages, un peu à la manière des opéras rock de Ayreon. Il s’agit d’ailleurs, d’après ses compositeurs, de l’album le plus métal de Flaming Row à ce jour. Mais ne prenez pas peur, c’est encore moins forgeron que le dernier Arjen Lucassen.
Par contre, c’est long, très long, ce qui m’a tout d’abord découragé de le chroniquer.. En plus, tous les morceaux ne sont pas forcément du même niveau, sans parler du fait que Flaming Row n’avait sans doute pas les moyens de s’offrir les plus belles voix de la scène métal progressive.
Il y a tout de même celle de Josie Ann Mau qui sort du lot. C’est elle qui ouvre l’album avec ce timbre femme enfant légèrement voilé auquel j’ai accroché immédiatement. Il y a également la voix nettement plus puissante de Mélanie Mau qui arrive dès le deuxième titre et qui ravira les fans de la chanteuse.
Parmi mes morceaux favoris, il y a ‘Gandhara’s Legacy’ à l’ouverture orientale sur laquelle la voix innocente de Josie se pose. Un peu plus de quatre minutes principalement acoustiques qui posent le décor de notre histoire, ce royaume où les légendes et traditions sont sacrées.
Le contraste avec ‘The Mesh’, où Glyn Morgan de Threshold joue la méchante créature, est saisissant. Cette fois le métal progressif s’invite pour de bon dans l’histoire, tempéré par les voix de Melanie et Sally Minnear de Celestial Fire. Ce titre de plus de douze minutes tient parfaitement la route de bout en bout, virant même au métal symphonique après avoir joué de l’acoustique.
Malgré la fabuleuse présence Magali Luyten dans ‘An Invisible Bond’, je commence déjà à décrocher, un peu à cause du chant trop haut de Josie sur quelques passages et de l’aspect, hélas très convenu, des soli de guitares de Martin sur ce titre.
Et le morceau suivant ‘Nita – The Keeper’ enfonce le clou même s’il sonne furieusement métal par moment.
‘Meera – The Guardian’ et ‘Mithila’s End’ relancent mon envie même s’ils ressemblent trop à mon goût à du Iron Maiden ou du Ayeron pour faire la différence. Mais soudain, le court instrumental ‘Between Words’, joué à la harpe par Harriet Earis, et qui reprend le thème principal de l’histoire, relance la machine. Il était temps me direz-vous.
‘Hope For A Miracle’ où Melanie chante avec Andrew Colyer (Circuline) fonctionne à merveille mais c’est le morceau suivant, ‘The Last Stand’ qui va imprimer une nouvelle dynamique à l’histoire. Du métal progressif épique et inventif servi par quatre voix dont celle de Mathias Ruck qui chante souvent avec Martin et Melanie.
Le titre acoustique ‘More Than Words’ arrive juste à point pour alléger la choucroute. Au bout de cinq minutes trente, il vous embarque soudain dans une gigue endiablée au son du violon et du whistle pour laisser place au titre final ‘An Old Legend’ où vous entendrez enfin Arjen Lucassen sur un solo de guitare. Ok, c’est clairement anecdotique mais ça peut faire vendre un album, alors pourquoi s’en priver ?
Keeper Of The Scriptures me semble trop long et souffre d’un ventre mou de plus d’un quart d’heure. Les premières écoutes de l’album ont été relativement laborieuses, n’arrivant pas toujours au bout à chaque essai.
Une fois mémorisé les thèmes musicaux et identifié chacun des personnages présents dans cette histoire, l’écoute est plus aisée et on peut se concentrer sur les passages qui nous plaisent le plus.
Keeper Of The Scriptures est sans doute un album trop ambitieux à la base mais il mérite la découverte, histoire de changer d’Ayeron et cie.
Away est une série en dix épisodes qui raconte, pour la énième fois, le voyage vers la planète Mars. Une fusée, des scaphandres, autant d’arguments qui à chaque fois me font replonger dans mon addiction.
Un équipage international de cinq personnes, trois hommes et deux femmes (mais sans un seul européen) part de la Lune pour une mission de trois années à destination de Mars. Somme toute, rien de très original.
Pendant dix épisodes vous aurez droit aux problèmes techniques, aux tensions entre les membres de l’équipage, à la vie de ceux qu’ils laissent sur terre et aux prouesses techniques des équipes de la NASA, tout particulièrement le mari de la commandante de bord.
Moi s’il y a des scaphandres et des fusées, je suis content, même si l’équipage est une caricature de caricature d’équipage. Il y a le russe bourru, la froide chinoise, le botaniste rabbin, l’indien traumatisé et amoureux ainsla commandante qui doute.
Mais Away parle surtout de l’éloignement de ceux que l’on aime, la distance qui ne cesse d’augmenter entre la terre et le vaisseau, de l’impuissance à apporter son aide à des proches à travers le vide spatial, de la difficulté de communiquer entre les êtres humains.
Si vous êtes comme Mars addict, allez voir cette première saison de Away, sinon, ce n’est pas franchement indispensable.