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Mystoria
AMPLIFIER - Mystoria
Titre : Mystoria
Groupe : AMPLIFIER
Sortie : 2014
Label : Superball Music
Format : CD
Genre : Alternatif
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Titres

  • Magic Carpet
  • Black Rainbow
  • Named after Rocky
  • Cat’s Craddle
  • Bride
  • Open Up
  • OMG
  • The Meaning of If
  • Crystal Mountain
  • Crystal Anthem

Formation en 1996


Amplifier

Manchester, Angleterre (1999)

Genre : space rock

Membres :
Sel Balamir : chant, guitares
Matt Brobin : drums
Steve Durose : guitares, chœurs
Alexander “Magnum” Redhead : basse, chœurs

Discographie :
Untitled Demo, EP, 1999
Amplifier, Music for Nations, 2004
The Astronaut Dismantles HAL, EP, Steamhammer, 2005
Insider, Steamhammer, 2006
Eternity, EP, autoproduction, 2009
The Octopus, autoproduction, 2011
Fractal, EP, autoproduction, 2011
Echo Street, Kscope, 2013
Sunriders, EP, autoproduction, 2013
Live in Barcelona, 10/05/2013, autoproduction, 2013
Mystoria, Superball Music, 8 septembre 2014

Avec les arrivées, après The Octopus en 2011, de Steve Durose (ex-Oceansize) à la guitare et aux chœurs, et en 2012 de Alexander “Magnum” Redhead, à la basse et aux chœurs, Amplifier est entré dans une dimension stratosphérique et a boosté son space rock à la dopamine.
Que ce soit sur le Live in Barcelona, l’EP Sunriders, ou l’excellent Echo Street, on a bien senti l’apport d’énergie et l’impulsion nouvelle donnée au groupe de Sel Balamir. Les Mancuniens, après une période relativement creuse entre 2006 et 2011, sont passés depuis à la vitesse supérieure, stratosphérique même, Sel avouant lui-même vouloir sortir au moins un disque par an (comme cela se faisait dans le bon vieux temps, non ?).
Qui plus est, après les années d’écriture et de doute précédant The Octopus, Balamir a accumulé des tonnes d’idées de compositions dont il a fallu garder l’essentiel : “Vous pouvez appeler cela liposuccion musicale, je suppose, résume Sel ! Nous avons vraiment dû extirper toute la graisse étrangère à notre son et tout ramener à l’essence maigre du pur rock.” La preuve en actes : 4 mois de préparation, 4 jours d’enregistrement seulement, et pas d’overdubs : live, rock, solaire !
Et ça démarre en trombe avec un “Magic Carpet” pas piqué des hannetons. Sur une boucle de guitare, la puissance du groupe s’installe et se propulse comme un direct en pleine face. Punchy le tapis magique ! Un morceau instrumental sur-vitaminé qui devrait faire une intro de concert à couper le souffle des plus endurcis.
A peine se remet-on de ce premier KO que la joyeuse bande attaque “Black Rainbow” et son rythme infernal. La voix de Balamir, dans un mixage très rock (au niveau des instruments, avec un traitement parfait et des chœurs ajustés en soutien), la wah-wah qui fait des vrilles et la basse de “Magnum” qui swingue… Visiblement, on n’est pas là pour rigoler !
“Named after Rocky” (vous comprenez pourquoi je parle de boxe ; le premier titre sorti en vidéo, ci-dessous) apporte un petit côté stoner et une légère accalmie. La voix de Sel grimpe - ouah ! quel grain de Sel (fallait que je la fasse) – et la wah-wah fait encore des siennes tandis que Matt Brobin alourdit sa frappe. Les guitares font des étincelles, tout est dans une maîtrise totale. Les soli sont incisifs, les deux guitaristes se renvoyant la balle à l’envi. On est au troisième titre et nous voilà déjà dans les cordes.
Profitant du fait que l’arbitre nous compte déjà, les Mancuniens nous balancent la surprise, le catchy “Cat’s Craddle”. Jamais, à ma connaissance, Amplifier n’a composé un tel morceau. Cela semble partir classique, et d’un seul coup, on se croirait avec un titre des Clash : ça swingue, la basse et les guitares fuzzent à fond, les chœurs vous font chanter (ah, les “ouh ouh” à la Beatles de la fin), on reprend du poil de la bête et pour un peu on danserait tel un Mohamed Ali contre Smokin’ Joe Frazier ! Putain, quel hymne !
Quel bonheur, mes amis, dans l’euphorie, on aurait presque envie de se marier… Et justement, voici “Bride” (celle qu’on a envie d’embrasser, selon Elton John) ! Amplifier revient à ces premières amours dans un morceau mid-tempo ou Alexander Redhead fait apprécier sa précision et sa créativité. Des frappements de mains bien placés viennent agrémenter un morceau aérien, et là encore, ce sont les qualités vocales des diables de Manchester qui donnent toute l’ampleur à ce morceau.
“Open Up” attaque sur une guitare et une batterie traités aux psychotropes, avant qu’’une basse toute en rondeur et une guitare psyché ne nous fassent à nouveau décoller. On imagine bien ce type de morceau en live, avec un gros son, ça doit envoyer (dans le style post-hardcore à la Biffy Clyro, ça le fait bien) !
Tout juste le temps d’aller souffler dans le coin du ring que déboule “OMG”. On flotte en plein post-prog psyché avec ce riff qui accroche et la monstrueuse basse d’Alexander “Magnum” Redhead. Ah, ils ont bien fait de l’embaucher celui-ci ! Les voix nous envoient chez le meilleur King’s X (avec lesquels je trouve quelques similarités dans ce disque…) ! Matt nous fait un cours de double pédale et ce bon sang de riff qui revient, implacable… Purement divin !
Et voici “The Meaning of If”, ou le retour du stoner psyché sauce Amplifier. Huitième morceau, et toujours pas de répit : les gratteux se renvoient la balle, avec ou sans wah-wah, sur une section rythmique qui pulse et groove. Le morceau le plus court, mais pas le moins bon pour autant.
Avec “Crystal Mountain” et “Crystal Anthem” qui s’enchaînent comme un bon proto-prog beatlessien, la bande à Balamir nous ramène sur des rivages plus connus dans la conception des morceaux. Les guitares de Sel et Steve Durose (celui-ci aussi, on comprend pourquoi il a rejoint la bande) sont cristallines ou extraterrestres sur le premier et la basse assure presque les chorus sur des voix à rester bouche bée. Avec le second, ça sent le dernier round. Le chant et les chœurs guident un ensemble où tout le monde se lâche, faisant feu de tout bois dans une belle harmonie. On tient là encore deux joyaux mélodiques qui placent définitivement ce disque et le groupe parmi les plus grands.
49:55. Voilà, c’est fini (tsoin, tsoin, Jean-Louis !).
Se dégagent de cet album une puissance, une joie de jouer, et une volonté de faire plaisir évidentes de la part d’un groupe uni et compact. Amplifier, que d’aucuns attendaient sans doute au tournant, a passé haut la main tous les tests estampillés Neoprog : un son et une production top-niveau, de la puissance, du catchy, de la variation dans l’alternance des ambiances des morceaux, pas une faiblesse ou une faute de goût, bref, la note maximale.
Deux conseils pour conclure : précipitez-vous sur ce Mystoria (le Media Book Version contient 2 inédits) et allez voir Amplifier en concert, quitte à faire des bornes (Lille, le 6 octobre), vous ne devriez pas être déçus ! Bon, je me le remets tout de suite, ce truc est une véritable drogue à accoutumance…


Rédigé par Togo_Chubb le 18/08/2014
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