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Casualties Of Cool
Casualties of Cool - Casualties Of Cool
Titre : Casualties Of Cool
Groupe : Casualties of Cool
Sortie : 2015
Label : Inside Out Music
Format : CD
Genre : Country rock

La chronique note de la chronique
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Titres

  • Daddy
  • Mountaintop
  • Flight
  • The Code
  • Moon
  • Pier - instrumental
  • Ether
  • Hejda
  • Forgive Me
  • Broken
  • Bones
  • Deathscope
  • The Field
  • The Bridge
  • Pure - instrumental
  • Ghost Wives
  • Drained
  • Dig For Gold
  • Dead Eyes
  • Drench
  • Mend - instrumental
  • Where You've Been
  • Gone Is Gone
  • Fight
  • Glass World
  • Aquarius
  • Perspective
  • Moonshine
  • Daddy - video
  • The Code - video
  • Mountaintop - video
  • Flight - video
  • Ether - video
  • Moon / Pier - video
  • Bones - video
  • Forgive Me - video
  • Jam - video
  • The Field - video
  • Deathscope - video
  • Gone Is Gone - video
  • The Bridge - video
  • Interview - interview
  • Mountaintop - video
  • Flight - video

Formation en 2014

Devin Townsend [chanteur,guitariste,clavier], Ché Aimee Dorval [], Morgan Agren [batteur]


Membres invités:
Kat Epple: flûte
Jørgen Munkeby: saxophone

Un coffret éponyme 'Special Edition' 2 CD/1 DVD du groupe Casualties of Cool, c'est ce que le label Inside Out sortira à mi-Janvier prochain. Les fans de Devin Townsend qui suivent de près son actualité connaissent déjà sûrement cet album - le premier CD -, qui est sorti en auto production en 2014, après que le projet ait rempli haut la main ses objectifs via le site de financement participatif Pledgemusic. Pour ce coffret, le second CD correspond à du matériel restant du CD1, ainsi que de titres non publiés de l'album Ghost sorti en Juin 2011, et qui devait être à l'origine un album double CD. Le DVD, quant à lui, propose des séquences de live enregistrées lors du lancement de l'album dans le magnifique cadre de l'Union Chapel à Londres. Nous avons donc là un coffret qui flirte avec les 4 heures de musique. Les jours n'ayant que 24 heures, votre fidèle serviteur s'est limité pour cette chronique au premier CD qui rassemble à lui seul une heure quinze minutes de musique. Vous me pardonnerez, je l'espère, cette chronique incomplète, mais il faut parfois savoir faire des compromis face aux jours qui filent.

Casualties of Cool

Avec Casualties of Cool, vous pouvez carrément oublier le heavy métal et les salves sonores nerveuses créées par Devin dans ses différents projets. Moi qui ai mis - peut-être à tort - une forte étiquette métal sur ce canadien légèrement extraverti, la surprise est de taille, et l'album flirte à la limite de notre ligne éditoriale. Qu'importe. Pour ce projet, Devin s'est attaché de nouveau les services de Ché Aimee, qui avait déjà prêté sa belle voix sur Ki, le premier album de la tétralogie Devin Townsend Project, sorti en 2009. Le suédois Morgan Agren, batteur actuel de Kaipa, et qui a en commun avec notre canadien d'avoir notamment collaboré avec Steve Vai, nous gratifie de rythmes discrets mais néanmoins entraînants. Kat Epple, dont Devin se souvient avoir été soufflé par son jeu étant enfant, reprend sa flûte pour ce nouvel opus après une première collaboration fructueuse dans l'album Ghost. Un autre suédois, Jørgen Munkeby, membre du groupe de black metal Shining, ancien membre de Jaga Jazzist, et qui a entre autres travaillé avec Motorpsycho et Enslaved, fait aussi entendre son saxophone sur quelques titres de cet album.

Avec le premier morceau 'Daddy', nous entrons directement dans une ambiance américaine folk et bluesy, à l'image d'un train qui se rapproche et annonce un rythme linéaire, régulier, mais néanmoins communicatif. On retrouve cette ambiance américaine dans quelques autres titres, tels que 'Forgive Me', sorte de road movie, ou 'Deathscape'. Même si ce premier CD est découpé en quinze titres, les morceaux s'enchaînent sans transition, et nous basculons dans différents mondes et sensations au fil des notes, des instruments, des bruitages, et des voix des deux chanteurs. La voix de Ché Aimee est superbe, cristalline, résonne dans une chaude lumière. Celle de Devin, très sûrement passée au travers d’un filtre électronique, avec ses mots longs et étirés, est ouatée, mystérieuse, se perd constamment dans une sorte d'éther, naviguant entre ciel et terre.

Si ce n’était encore pas assez clair, oubliez vos repères et laissez-vous emporter pour ce long voyage qui vous fera visiter plusieurs mondes. Ce voyage peut en fait être vu comme un grand rêve. Vous connaîtrez la nuit et son espace infini, vous promènerez dans la nature au son de la pluie, des grenouilles, d'un vent lugubre, marcherez en suspension sur des nuages, flotterez dans la lumière avec cette belle voix féminine évanescente, entendrez le pouls erratique du cosmos qui s'arrête et se recale sur un rythme plus régulier. Vous redescendrez sur terre, avant de vous remettre en route avec espoir, navigant toujours entre ombre et lumière. Perdu, flottant encore une fois dans un endroit inconnu, vous entrerez plusieurs fois en contact avec une femme, pour finalement mourir - ou renaître, tout est question de ressenti -, entouré d'un vent lugubre et de derniers râles saxophoniques. Vous entrerez ensuite dans un nouveau monde qui s'éclaire progressivement au son d'une ballade tranquille, et finit par baigner dans une lumière éternelle épaulée par la flûte orientale aux parfums shamaniques, et par un chœur d'une cinquantaine de personnes (la chorale suédoise Sångkraft) en sorte de grand final, climax de cet album. L'album finit dans la quiétude de l'éther, au son du vent qui s'éteint, d'une flûte feutrée et solitaire qui se perd en écho dans l'infini.



Outre quelques titres aux références sonores américaines, vous pourrez aussi retrouver par exemple une ambiance celtique irlandaise dans 'Bones'. Au rayon des instruments, le son très clair des guitares est excellent, la batterie est toujours là en accompagnement discret, léger, régulier, mais néanmoins indispensable. Le saxophone de Jørgen, en sorte d'expérimentations improvisées, pousse fort bien ses motifs (‘Deathscape’) et entrelace ses notes avec les voix des deux artistes (‘Moon’). Quant à la flûte de Kat, j'ai déjà eu l'occasion d'en parler, ses notes feutrées participent très bien à cet esprit mystérieux et un tantinet New Age qui nimbe ce concept album.

Avec cet album le chemin pris par Devin est à rebrousse-poil de ce que l'on peut connaître de lui au travers de ses différentes productions. Lorsqu'on sait que cet opus a été composé patiemment pendant quatre ans - une fois la pression et la frénésie du quotidien retombées - et dans une volonté d'écouter ses désirs profonds, au risque de casser en quelque sorte les codes qui pourraient lui coller à la peau, on comprend mieux la singularité de cet album. Après plus de 25 ans d’une carrière prolifique émaillée de nombreux projets bouclés à un rythme assez infernal, Devin nous montre une nouvelle facette de son art dans un registre beaucoup plus zen, calme et intérieur. Je ne sais pas si à ce stade l'on doit parler de prise de risque, de changement de direction ou d’une quelconque inflexion de style, bref, d’un ‘nouveau’ Devin. En tout cas cet album est le résultat, le reflet et l’aboutissement de désirs et besoins que Devin a pris le luxe d’écouter profondément et de mettre en forme, en une sorte de nouvelle alchimie musicale.

Vidéo:


Rédigé par Laurent le 07/01/2016
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