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Long Day Good Night
Fates Warning - Long Day Good Night
Titre : Long Day Good Night
Groupe : Fates Warning
Sortie : 2020
Label : Long Branch Records
Format : CD
Genre : Metal progressif

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Titres

  • The Destination Onward
  • Shuttered World
  • Alone We Walk
  • Now Comes the Rain
  • The Way Home
  • Under the Sun
  • Scars
  • Begin Again
  • When Snow Falls
  • Liar
  • Glass Houses
  • The Longest Shadow of the Day
  • The Last Song

Formation en 1981

John Arch [] depuis 1982 jusque 1987, Chris Cronk [] depuis 1987 jusque 1987, James LaBrie [] depuis 1987 jusque 1991, Ray Alder [chanteur] depuis 1991, Victor Arduini [] depuis 1982 jusque 1986, Frank Aresti [] depuis 1986 jusque 1996, Jim Matheos [] depuis 1996, Joe DiBiase [] depuis 1982 jusque 1996, Joe DiBiase [] depuis 1996, Steve Zimmermann [batteur] depuis 1982 jusque 1988, Mark Zonder [batteur] depuis 1988 jusque 2005

Artistes invités sur l’album
Gavin Harrison - Batterie
Mike Abdow - Guitare

S'il est un groupe sous-estimé dans le monde du metal en général et du metal progressif en particulier, c'est assurément Fates Warning. Apparu en 1982 sous l'impulsion du chanteur John Arch et du guitariste Jim Matheos, le groupe influencé par la NWOBHM inclut pourtant déjà de nombreux éléments progressifs dans sa musique et ce, dès The Spectre Within (1985) son deuxième album. Cette même année voit la naissance d’un petit groupe du nom de Majesty (qui ne tardera pas à devenir Dream Theater).
Avec Awaken The Guardian (1986), un album novateur pour l’époque, Fates Warning pose les bases d'un nouveau genre, le metal progressif. Queensryche, un groupe qui commence à faire parler de lui, sort cette année-là une autre œuvre fondatrice du genre, Rage For Order.
Le départ de John Arch qui laisse sa place à Ray Alder derrière le micro est une étape importante dans le développement du groupe qui sort avec No Exit (1988) une pierre angulaire de sa discographie. Ray Alder entraîne ses nouveaux collègues vers des horizons plus mélodiques et mélancoliques tout en restant fidèles aux racines metal du groupe.
Au fur et à mesure des albums, Fates Warning affine sa formule et démontre à chaque nouvelle livraison qu'il est ce qui se fait de mieux dans le genre, mais aussi et malgré une carrière de près de quarante ans, de plus régulier en terme de qualité. Ce que l'on peut difficilement affirmer en ce qui concerne les deux autres géants du genre qui se sont perdus soit dans les problèmes juridiques pour Queensryche, soit dans une technique impressionnante certes, mais rébarbative qui se substitue à l’émotion pourtant présente sur ses deux premiers efforts pour Dream Theater (qui remercie d'ailleurs FW dans les crédits de son premier album) à qui on attribue bien trop souvent, à tort, la paternité du metal progressif.

Après n'avoir sorti que des albums devenus au fil du temps des classiques du metal progressif et un long silence de neuf ans entre Fwx (2004) et Darkness In A Different Light (2013), le groupe qui a toujours été plutôt avare en terme de sorties, enchaîne à nouveau les albums à un rythme plus régulier. Les américains nous livrent donc avec ce Long Day Good Night leur troisième disque en l'espace de neuf ans et le treizième de leur longue carrière pour le plus grand plaisir des amateurs du combo mythique. Un disque d'une longueur inhabituelle pour le groupe puisque Long Day Good Night s’étale sur un peu plus de soixante douze minutes et comporte pas moins de treize titres, soit le plus long album de leur carrière.

fates warning

La musique de Fates Warning ne se laisse généralement pas apprivoiser à la première écoute. Long Day Good Night ne déroge pas à la règle et demande plusieurs passages sur la platine pour livrer tous ses secrets, même si quelques titres se révèlent être plus immédiats. Comme le déclare Ray, “Les styles de musique que nous avons écrits distinguent ce disque du reste de notre catalogue. [….] Nous avons essayé de donner à l'auditeur une foule de choses différentes à écouter, par opposition à un album où chaque chanson sonne de la même manière”. Pari réussi, Long Day Good Night est un album varié, sorte de synthèse de la carrière du groupe.

On retrouve donc le son caractéristique des américains mais divers éléments inattendus apportent une fraîcheur bienvenue à l'ensemble, une touche de jazz sur l'excellent 'The Longest Shadow of The Day', titre à tiroirs fort de plus de onze minutes sur lequel la paire rythmique s'en donne à cœur joie et qui vaut à lui seul l'achat de cet album. Une légère touche électro sur 'When Snow Falls' ou encore un groove presque funk sur ‘Begin Again’. 'Now Comes The Rain' quant à lui aurait pu aisément figurer sur What the Water Wanted l'excellent album solo de Ray Alder sorti l'année dernière.



Ce qui ne change pas, en revanche, c'est la noirceur qui baigne la musique du groupe depuis ses débuts et qui s'installe définitivement à partir de Perfect Symmetry (1989). Il y a chez Fates Warning une urgence, la sensation que tout peut prendre fin d'une minute à l'autre. Cette noirceur qui est, à mon avis, la raison de leur manque de succès auprès du “grand public” prend encore une fois ici différentes formes.

Elle se présente parfois sous la forme d'une rage sourde comme sur les huit minutes du déjà classique 'The Destination Onward', titre d'ouverture qui nous mène en bateau avec son intro calme qui débouche sur un riff de guitare furieux de Jim Matheos soutenu par la frappe éléphantesque de Bobby Jarzombek. Rage encore sur les heavy 'Shattered World' et 'Alone We Walk'. Elle s'incarne parfois sous la forme d'une extrême mélancolie, à l'image de 'When Snow Falls' sur lequel Gavin Harrison (Porcupine Tree, The Pineapple Thief) s'installe derrière les fûts, ou encore du nostalgique 'The Last Song'. Parfois encore, elle prend celle d'une infinie tristesse, à l'image de celle que l'on peut ressentir à la fin d'une longue histoire d'amour ou lors de la perte d'un être cher comme sur le poignant 'Under The Sun' sur lequel Fates Warning s'alloue, pour la toute première fois, les services d'une véritable section de cordes.



Pour autant, la lumière arrive parfois à trouver son chemin au travers des ténèbres. Ces moments sont rares mais ils existent, comme le prouve les délicats arpèges de guitare des deux premières minutes de 'The Way Home', vite remplacés par une fougue soutenue par la paire rythmique Vera / Jarzombek au groove assassin.

La voix de Ray Alder ne cesse de gagner en profondeur au fil des années. Le bougre chante mieux que jamais sur ce Long Day Good Night sur lequel il exprime toutes sortes d’émotions avec une grande efficacité.
Jim Matheos qui n'a pourtant plus rien à prouver donne, au travers de son jeu dépouillé, une leçon de simplicité et d'efficacité à pas mal de guitaristes.

Ray et Jim qui ont profité de l'inactivité de cette triste période de pandémie pour composer ensemble les morceaux de cet album, transforment tout ce qu'ils touchent en or. Fates Warning prouve une fois de plus qu'il est le maître incontesté du metal progressif et une source d'inspiration pour nombre de groupes évoluant dans le même style. Les musiciens excellent dans tout ce qu'il proposent, que ce soit sur des titres longs, courts, heavy, calmes ou plus atmosphériques et parviennent encore après près de quarante ans de carrière à se renouveler et à trouver le moyen de surprendre leurs fans dont, vous l'aurez compris, je fais partie.

Un album dans la lignée de ses deux prédécesseurs qui, espérons le, apportera enfin à Fates Warning la renommée qu'ils méritent amplement pour la qualité de leur musique et leur contribution essentielle au metal progressif.


Rédigé par Marc le 03/12/2020
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