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Skycrest
Iron Savior - Skycrest
Titre : Skycrest
Groupe : Iron Savior
Sortie : 2020
Label : AFM Records
Format : CD
Genre : Power métal

La chronique note de la chronique
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Titres

  • The Guardian
  • Skycrest
  • Our Time Has Come
  • Hellbreaker
  • Souleater
  • Welcome To The New World
  • There Can Be Only One
  • Silver Bullet
  • Raise The Flag
  • End Of The Rainbow
  • Ease Your Pain
  • Ode To The Brave

Formation en 1996

Piet Sielck [chanteur,guitariste], Joachim Piesel Küstner [guitariste], Jan S. Eckert [bassiste], Patrick Klose [batteur]

La stabilité peut se définir comme le caractère de ce qui se maintient tel, sans profondes variations, pendant un temps assez long. La stagnation exprime davantage une absence de progrès ou de développement. A l’écoute de Skycrest, je me suis questionné sur la définition qui correspondait le plus à cet album de heavy power metal. Après quelques secondes de réflexion, j’en ai tiré la conclusion que le Sauveur de Fer relevait un peu des deux. Iron Savior est stable, indéniablement, ce qui devrait tranquilliser d’entrée ceux dont les goûts musicaux ne dévient pas d’un iota depuis longtemps. Ils trouveront sur cet album un énième repère pour baliser leur vie. A l’image d’un parent attentif, mais dont le modèle éducatif est quand même bien borné, les allemands continuent de subvenir aux besoins élémentaires de leurs fans en développant, une fois de plus, un discours musical puissant (c’est du power quand même !) et rassurant. Oui, et c’est un fait, la stabilité rassure… dans la vie tout du moins mais en musique, moi elle m’ennuie et me fait peur. Sur cet album, tout ou presque, à quelques nuances près, a un air de déjà entendu. Il y a bien sûr des riffs bien sentis, de brillants solos et même des refrains fédérateurs, n’enlevons pas ça aux allemands, mais l’effet Malabar prédomine. Mais si, vous savez, ce chewing-gum qui procure du plaisir pendant une dizaine de minutes et qui rapidement perd son goût. Presque tous les titres de cet album m’auront fait à peu près ressentir la même chose. Ça explose lors des premières écoutes, mais rapidement l’excitation laisse place à une forme de lassitude. La faute à un marché saturé par ce type de productions reprenant cette recette musicale désormais archi connue. Si les allemands sont forts pour nous accrocher, l’absence de prise de risques les rend trop faibles pour nous retenir. En cela, Iron Savior stagne, indéniablement ... Un constat qui me rend finalement assez triste pour ses membres, pour cette communauté mais aussi pour les autres formations qui se complaisent dans la même logique et verrouillent le style. Je me refuse à penser qu’il s’agit simplement d’un manque d’inspiration ou d’une vile approche mercantile de la musique. Quelque chose m’échappe, tout simplement. Même si on maîtrise parfaitement un schéma musical, comment s’épanouir en reproduisant toujours et encore des morceaux dont la structure ne varie quasiment pas ? Je suis peut-être trop exigeant mais une chose est certaine, un artiste qui a le courage de surprendre même après une longue carrière n’affaiblit pas le genre dans lequel il évolue, c’est tout le contraire selon moi. Voici la raison principale pour laquelle le Sauveur de Fer n’est plus un héros qui me fait rêver. Désolé de lui dire cela mais j’en ai trouvé d’autres qui ont su dépoussiérer le genre et lui redonner ses lettres de noblesse.

Iron Savior

Si cette introduction n’est pas des plus flatteuses pour les allemands, entendons-nous bien sur un point : Skycrest n’est pas un mauvais album en soi. Il est même marqué de bonnes intentions. La machine Iron Savior est bien huilée et ses membres savent causer aux puristes. Il faut dire que Piet Sielck a un curriculum vitae qui force le respect. Sur le circuit depuis 1982, il a débuté et composé ses premières chansons au côté de Kai Hansen qui fonda dans la foulée Helloween. Ensuite Piet a été invité sur de nombreux albums de Gamma-Ray, Grave Digger ou encore Blind Guardian (pour ne citer que les plus célèbres) et s’est illustré en tant que producteur. C’est en 1996 qu’il posa les premières pierres de son propre projet en compagnie du batteur Thomen Stauch de Blind Guardian et avec en spécial guest son vieil ami Kai Hansen. Oui, le metal allemand est une grande famille et Piet en est une de ses figures les plus connues. Il se lance donc à la fin des années quatre-vingt-dix, mais ses premiers travaux ne jouiront pas de la même cote de popularité que ceux de ses camarades déjà bien établis. A l’époque, Gamma-Ray est incontestablement plus mélodique et audacieux, Blind Guardian plus subtil et orchestral et Grave Digger décolle enfin en composant des concept albums de heavy metal certes basique, mais dont l’efficacité paye. Iron Savior se trouve donc une place honorable en seconde division, et vingt-quatre ans après ses débuts, grâce à la régularité de ses publications et à une exposition médiatique satisfaisante, est toujours là et semble se contenter de ce classement.

Peu original mais pas mauvais pour autant, quels sont les moments forts de Skycrest ? La bande d’Hambourg, capitale autoproclamée du power metal, nous livre un album dynamique pied au plancher. Piet Sielck dont la voix rocailleuse est assez proche de celle de Peter Peavy Wagner de Rage signe ici quelques refrains puissants qui raviront les fans des premiers Blind Guardian. ‘Our Time has Come’, ‘Welcome To The New World’ et ‘Silver Bullet’ en sont les exemples les plus parlants. Sur les couplets de ‘Hellbreaker’ et à l’aide d’un effet reverb, il parvient même à sonner comme le grand Jorn Lande (Masterplan, Ark …) tandis que sur ‘Raise The Flag’, son phrasé renvoie à Dave Mustaine. J’avoue avoir été surpris par la qualité de son chant, je ne m’attendais pas à ce niveau de maîtrise. En ce qui concerne la musique, je ne rentrerai pas dans les détails car j’ai déjà tout dit en début de chronique. On songe à du bon Gamma-ray sur ‘Skycrest’ et à Accept, Primal Fear ou Judas Priest sur ‘Hellbreaker’ et ‘Souleater’ qui devraient briser de nombreuses nuques dans les fosses si les concerts reprennent un jour… De solides références tout de même. ‘End Of The Rainbow’ est marqué par un refrain presque FM assez optimiste dans l’âme. Quant à la traditionnelle ballade ‘Ease Your Pain’, elle ne m’aura pas tiré les larmes même si j’ai songé, un instant, à lever mon briquet vers les cieux (second degré, j’ai arrêté de fumer …). ‘Ode To The brave’ vient clore cet opus sans rien apporter de plus.



Skycrest ne marquera pas le renouveau du power metal, il rejoindra simplement la longue liste des albums efficaces qui représentent ce style. Ceux qui comme moi espéraient un peu d’originalité seront déçus et continueront à se détourner de cette scène qui s’obstine à réécrire ce qui a déjà été écrit. Quant aux autres, ils trouveront sur cette galette suffisamment de puissance pour tenir quelque temps, jusqu’à qu’un album du même acabit vienne recharger leur batterie. ‘Welcome To The New World’, ben non pas trop …


Rédigé par Alexandre le 23/12/2020
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