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Petrichor
KEOR - Petrichor
Titre : Petrichor
Groupe : KEOR
Sortie : 2018
Label : autoproduction
Format : CD
Genre : Progressif
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Titres

  • Petrichor
  • The Nest of Evil
  • Snivel by the Pond
  • Terence
  • Abyssal Bloom

Formation en 2015


Invités :
Reid Blackmore Noble/mandoline & percussion orchestrale (3)
Anaïde Apelian/clarinette (3,4)
Lucas de la Rosa /piano (4,5)



« Keor, second album, take two! » voilà comment débute Petrichor du projet Keor dirigé par Victor A. Miranda Martin. Commençons par l’artiste qui est né le 20 juin 1997 à Ganges, dans le piémont des Cévennes. Enfant, il vivait dans les patelins du Languedoc. À dix-sept ans, il produit son premier album Keor : Hive Minds (sorti en 2016). Je répète, dix-sept ans ! J’ai élevé trois enfants, ma plus jeune a cet âge présentement, et je peux vous dire qu’elle est encore loin d’être rendue à mettre un tel projet en branle. Je vous épargne les états d’âme qu’avaient mes deux plus vieux à dix-sept ans. C’est impressionnant qu’un si jeune artiste en soit déjà à son deuxième album à l’âge de vingt ans ! Il fait tout, ou presque, seul ! Pardonnez mes points d’exclamation, mais je ne peux que l’admirer, et cela en toute objectivité ;-).

Il commence son album en parlant de « take two », car il s’agit de sa deuxième tentative pour réaliser ce projet. Il a abandonné une première fois, ne le jugeant pas assez sincère artistiquement. Pas de compromis, c’est digne de respect.

Je n’ai pu m’empêcher d’écouter sa première offrande qui a déjà été chroniquée sur ce site. J’ai aimé cet album qui va dans plusieurs directions et styles. L’artiste explore et découvre son univers musical dans cet effort. Sur la seconde platine on y retrouve une meilleure maîtrise de son propos. Il a grandi dans son art, et sa dextérité à la guitare, qui déjà se défendait très bien, ne cesse de s’améliorer. On dit que le génie c’est 5 % d’inspiration et 95 % de transpiration. Ici, on peut voir que malgré son grand talent, notre artiste a transpiré beaucoup depuis qu’il a découvert cet instrument à douze ans.

Son œuvre, plus courte que son premier essai, se dirige dans une direction précise nous emmenant vers une conclusion parfois dramatique. Clairement marqué par Porcupine Tree, il avoue avoir été notamment influencé par AC/DC, Black Sabbath, Deep Purple, etc.

En passant, Petrichor, titre de l’album et de la première pièce, signifie l’odeur que l’atmosphère prend après la pluie. Le morceau commence directement et sans détour, accompagné par un fond de pluie apparaissant un peu plus tard dans celle-ci. On débute par une guitare sèche et un peu d’instruments à vent pour aboutir sur une guitare lourde et une percussion bien présente. La voix est brisée, dysfonctionnelle, amenant une ambiance un peu glauque. Les paroles sont parfois floues et évasives, mais c’est bon.

La deuxième pièce, ‘The Nest of Evil’, commence de façon assez franche. Il démontre ici son intention musicale sans perdre de temps. Encore là, la musique illustre des paroles un peu sombres. Les riffs sont accrocheurs et vraiment bien faits. La percussion sonne un peu à la Gavin Harrison. Le tout se termine par une explosion émotive et musicale. Faut écouter…

‘Snivel by the Pound’ explore un tout autre registre musical. Avec sa guitare sèche et des arrangements de type grand orchestre, on y reconnaît une référence à l’enfance. C’est mystérieux et embrumé par des souvenirs.

Le quatrième morceau, ‘Terence’, est, de mon humble avis, le mieux réussi. Une ode à une amitié qui semble être sur le point de se terminer. La musique suit très bien l’évolution des sentiments dans les paroles, le tout se terminant par une déchirure. Le refrain qui commence par “Tic Toc” sonne dans ma tête et devient presque une obsession. Vraiment un bel exercice artistique.

‘Abyssal Bloom’ est la pièce la plus heavy, avec un son parfois un peu à la Porcupine Tree dans ses moments de lourdeur. Le chant ressemble à une complainte. On y parle d’amour, de perte et de la mort. Petit bémol, la lourdeur de la guitare masque presque les paroles, les rendant assez difficiles à suivre sans les avoir par écrit. Dois-je y voir une certaine pudeur? Selon moi, c’est volontaire, car le gars est trop fort pour ne pas l’avoir voulu.

En écoutant ce disque, je peux presque revivre ma crise de la vingtaine. Il y a des références à l’amitié, l’amour, la mort. Notre artiste a probablement encore des démons à apprivoiser, c’est ce qui rend tout son travail intéressant. On embarque dans ce monde empreint de souvenirs, d’enfance, de pertes, etc. C’est un album un peu sombre certes, mais tellement bien fait et qui illustre, dans mon cas, une période importante de ma vie. Un album à explorer avec les paroles en main, car parfois on peut les perdre dans la musique.

En passant, j’ai su, en communiquant par intermédiaire avec l’auteur, que la percussion était programmée. Je ne peux que dire bravo à l’artiste, car cela ne parait pas trop et ne diminue pas la qualité de l’œuvre, contrairement à bien des cas.

En terminant, il s’agit d’un très bel effort ! C’est dysfonctionnel, mélancolique, pudique, mais tout s’enchaine et l’on embarque dans l’expérience, car cet album en est une qu’il faut prendre le temps de vivre, une petite pause dans le temps... J’ai vraiment aimé. Victor Miranda Martin doit continuer ! C’est clair !



André Simard
Le Québécois


Rédigé par André le 28/01/2019
Commentaires

Un des meilleurs albums de 2018, de mon point de vue. Pas superfacile d'accès, mais vraiment très impressionnant.
Le 28/01/2019 par Alias

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