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Happiness Formula
Melancholy - Happiness Formula
Titre : Happiness Formula
Groupe : Melancholy
Sortie : 2014
Label : autoproduction
Format : CD
Genre : Fusion
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Titres

  • Parade of insects - instrumental
  • Sweet taste of cosmic dust - instrumental
  • Krtek Dream - instrumental
  • Happiness Formula - instrumental
  • Hey Joe - instrumental
  • In the woods - instrumental
  • Dolphins hysteria - instrumental
  • Blue ice - instrumental
  • Rings of Saturn - instrumental
  • Broken wings - instrumental
  • Reagents joy - instrumental
  • Happiness Formula pt.2 - instrumental


Discographie :
Fear of Emptiness (2002)
Closed Eyes (2003)
Abeyance (2005)
Nano (2006)
Capsula (2008)
10 Years of Madness (live, 2009)
Organics - Ashes of Faith (2010)
Organics - Levitation (2012)

Musiciens :
Roos Beast - Guitare, Claviers, Programmation & électronique
Karramba - Basse
Sholumay - Guitare

Invités :
Yuri Kondrashov - Batterie
Di Frost - Batterie
Igor Miyuzov - Batterie
Andrey Ischenko - Batterie
Ed "Edson" Andreev - Batterie
Arkady Amelin - Batterie
Max Ermakov - Guitare
Eugeniy Ilin - Clarinette, Saxophone
Alex Freedom - Violoncelle
Alex Flintstone - Trombone
Anastasia Tishina - Flûte
Tatiana Protsenko - Chœurs
Anna Romanova - Chœurs

Organics - Happiness Formula

Autoproduction, sortie 14 juin 2014

J’avoue humblement mon ignorance totale de Melancholy au moment de la découverte de ce “Organics - Happiness Formula” qui m’a surpris comme la redécouverte des formes harmonieuses de l’être aimé dès potron-jacquet !
Ces Russes ne sont pourtant pas des perdreaux de l’année. Imaginez : “Organics - Happiness Formula” est leur neuvième album ! Me penchant dangereusement sur leur discographie initiée en 2002, j’en compris vite la raison : Melancholy, s’il a flirté sans ambages avec moult styles, œuvrait jusqu’alors essentiellement entre Death, Doom et Gothic, pas vraiment mes genres de prédilection…
Emmené par Roos Beast, le combo moscovite a abandonné le chant pour ce nouvel opus et concentré son propos musical entre métal progressif instrumental, fusion et post-prog, flirrtant même avec le shred.
Bien entendu, musicalement, Melancholy n’a pas totalement abandonné ses racines et l’on peut trouver ici ou là des moments durs et puissants (sur “Dolphins Hysteria”, par exemple).
Mais entrons dans le vif (très vif !) du sujet.
“Parade of Insects”, sur fond d’aboiements de chiens et de chants d’oiseaux ouvre sur une ligne de guitare mélodique, bientôt doublée par la même ligne à la basse (Aie, Karramba !), et soutenue par une batterie où le travail à la charley et à la caisse claire est d’emblée impressionnant ! On se croirait dans le “Party in Simon’s Pants” de Steve Lukather. Ça pulse, ça groove, c’est joyeux et ça envoie ; les musiciens virevoltent et piquent, une vraie parade d’insectes d’où s’extraient, dans un passage plus classique, des guitares mordantes comme celle de notre Satch universel, le Joe Satriani de “Echo” ou de “Ice 9”, par exemple. Breaks et débreaks, la basse allume la mèche et les guitares s’enflamment, les toms et les cymbales martèlent, amenant à un embrasement final reprenant le gimmick initial. Fin nette de la parade. Rien que pour ce titre, l’achat de l’album s’impose. On en sort éreinté, mais content !
Las, nos joyeux lurons n’ont pas l’intention de nous laisser respirer et “Sweet Taste of Cosmic Dust” déboule, l’analogie avec le “Surfing With the Alien” de Mr Satch n’est pas un vain mot, on se trouve pris dans un espace en fusion, avec changements de tempo et l’impression curieuse de visionner un film de SF ou d’horreur : les guitares riffent et tricotent, de douces mélodies de claviers venant agrémenter le tout. On est en plein métal progressif instrumental et les maîtres du genre n’ont qu’à bien se tenir… avant que de fines nappes cosmiques ne nous ramènent sur terre.
“Krtek Dream” semble du même tonneau, mais ouvre rapidement vers la fusion jazzy, avec l’entrée des bois et des cuivres, une douce mélodie au violoncelle, puis une flûte ravissante, sorte de croisement improbable entre Diablo Swing Orchestra et du Canterbury survitaminé !
Pas de paix pour les braves, “Happiness Formula” nous ramène vers le shred satrianien mais de manière plus conventionnelle (c’est relatif, vu les trois bombes qui précèdent).
“Hey Joe” n’est pas une reprise du célèbre morceau, mais une sucrerie pour guitares douces sur fond de nappes ouatées, amenant un solo de saxo doucereux avant que la machine ne s’emballe à nouveau, ponctuée par des crashes et des rides, caisse claire et grosse caisse à contretemps et un final entre Fripp et Eno.
Le feu de camp n’est pas loin dans “In the Woods” et ses guitares acoustiques accompagnant une guitare électrique et une basse minimalistes, de même qu’un splendide violoncelle. La ballade décolle légèrement, le ton devient grave et mélancolique (sans doute le titre correspondant le mieux au nom du groupe), Porcupine Tree et Steven Wilson ne sont guère loin, tout comme le David Gilmour du meilleur Floyd (celui avec Waters) dans les interventions du guitariste et les mélodies sublimement dérangeantes : des chœurs féminins scandent “Happiness” en fond. On se laisse emporter : extatique !
Si les dauphins semblent être des animaux paisibles, la vision hystérique qu’en ont nos poètes de l’Est n’est pas si joyeuse : on est en plein métal mélodique sur “Dolphins Hysteria”, et encore une fois, mélopées, composition et arrangements atteignent leur but, nous emmener vers une vision cinématographique de leur musique… Un saxo crimsonien nous approche de la rive et les cris des dauphins nous heurtent au plus profond. Subliminal !
On ne se trouve pas refroidi par “Blue Ice” et sa mélodie au violoncelle sur arpèges de guitares. Flûte et violoncelle nous réchauffent un court instant le cœur, des effets de guitare se désaccordant annoncent l’orage qui s’en vient.
Car après ces trois comptines bucoliques (comparativement au reste s’entend), la cavalerie cosaque revient à la charge pour les quatre derniers morceaux : “Rings of Saturn” et ses boucles de guitares sur nappes de synthétiseur et soli aériens des deux bretteurs de la six cordes ; “Broken Wings” et son côté gothique laissant la part belle à des synthés sombres à souhait ; “Reagents Joy”, plus lyrique, avec ses changements d’ambiance au sein desquels les musiciens montrent tour à tour leur dextérité et leur finesse ; et enfin, “Happiness Formula pt. 2”, et sa clarinette surprenante au milieu de riffs acérés et soli ravageurs…
Six batteurs pour accompagner Melancholy, et pas un en dessous des autres, une unité et un équilibre de la répartition des morceaux, une production ciselée, une créativité exacerbée, des instrumentistes inspirés pour un résultat homogène et puissant. L’album porte idéalement son nom : c’est organique et pourrait métaphoriquement correspondre à une formule musicale du bonheur !




Rédigé par Henri le 05/07/2014
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