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The Amanuensis
Monuments - The Amanuensis
Titre : The Amanuensis
Groupe : Monuments
Sortie : 2014
Label : Century Media Records
Format : CD
Genre : Metal progressif

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Titres

  • I, THE CREATOR
  • ORIGIN OF ESCAPE
  • ATLAS
  • HORCRUX
  • GARDEN OF SANKHARA
  • THE ALCHEMIST
  • QUASIMODO
  • SAGA CITY
  • JINN
  • I, THE DESTROYER
  • SAMSARA

Formation en 2010

Chris Barretto [], Browne [], Olly Steele [], Adam Swan [], Mike Malyan [batteur]

En 2010, John Brown (guitariste de Fellsilent) et Josh Travis (guitariste de The Tony Danza Tapdance Extravaganza) décident de se rencontrer pour un side-project qui aura pour nom « Monuments ». Quand les deux musiciens trouvent de quoi constituer un groupe, le projet peut enfin débuter. La formation ne chôme pas, car sort la même année son premier EP. Deux ans et quelques changements de line-up plus tard, c'est l'album Gnosis qui voit le jour. Le single “Memoirs” diffusé sur les radios, permet vite à Gnosis de rencontrer un succès d'estime et de faire gagner de nouveaux fans au groupe. Conscient d'un public certes réduit, mais bien présent, Brown décide de ne plus prendre Monuments comme un simple projet, mais comme un groupe à part entière. The Amanuensis sort finalement en 2014. Cet album conceptuel sur “l'existence cyclique de la vie” (très belle jaquette qui représente le sujet, d'ailleurs) fédère cette fois beaucoup plus de fans.

Malgré un succès plus que prometteur, cette dernière livraison a de quoi laisser sceptique. Une fois appréhendée entièrement, de nombreux défauts ignorés du fait de la découverte, percent facilement à travers le flou de saturations. Si Monuments, on le sent bien, veut s’illlustrer dans un métal progressif grâce à de nombreux rythmes qui défient le commun, il n’en demeure pas moins attiré par la violence chère aux bords extrêmes du métal. Le contraste entre ces deux démarches, en principe, n'est pas foncièrement néfaste pour la musique mais dans ce cas-là, le groupe manque du talent de composition nécessaire pour mêler harmonieusement ces deux aspects ou même les opposer de façon constructive. Au lieu de ça, on assiste systématiquement à un choc stérile entre ces deux facettes du métal. L’album trouve notamment la plupart de ses défauts dans les instrumentations, et plus particulièrement au niveau des guitares. Quelques morceaux comme “I , The Creator”, “Origin of Escape” ou “Jinn” offrent d’excellentes performances, qui savent concilier technique et beauté mais ce sont là les seules. La majorité restante de l’album s'enfonce dans une sorte d’abrutissement guitaristique où le pauvre instrument se voit obligé de répéter le même motif (pour ne pas dire cassure) rythmique à l’infini, sous la tyrannie d’un John Browne décidément sans pitié. Il faut bien rappeler que la formation se revendique d’un sous-genre du métal progressif appelé Djent, qui se caractérise, entre autres, par des rythmes syncopés. Le groupe, ici, en abuse trop et ce que l’on pouvait prendre pour un stoner plus brutal qu'à l’accoutumée, se révèle n’être qu’une musique en manque d’inspiration. L’énumération malheureuse de ces rythmes syncopés à la guitare énerve autant qu’elle ennuie : l’impression de se cogner à un mur à chaque seconde n’est pas la plus réjouissante du monde, voyez-vous. C’est bien dommage, car du néant surgit quelquefois un solo ou une progression d’accords digne d’intérêt : sitôt apparue, la voit-on disparaître au profit de cette sorte de non-sens rythmique. Heureusement les autres instruments tiennent la route la plupart du temps. Le bassiste Adama Swan en premier : certes, on ne l’entend pas tout le temps mais chacune de ses interventions est une source de rafraîchissement à ne pas négliger. Le batteur Mike Malyan lui aussi, sait jouer de ses fûts de telle sorte qu’il parvient souvent à sauver quelques plans rythmiques malmenés par son ami guitariste. Malheureusement, les deux hommes jouent souvent la même chose et se confondent donc dans la même hystérie.

Cependant, tout n’est pas perdu au niveau de l’instrumentation quand les saturations sont laissées de côté. C’est le cas lors d’interludes beaucoup plus doux, dans lesquels le duo guitare/basse parvient à des résultats infiniment plus louables. Malgré une guitare toujours asservie à la répétition, l’ambiance est tout autre car elle tourne cette fois à une hypnose agréable. Redoublées par la profondeur d’une basse, ces courtes léthargies parsèment l’album de façon assez irrégulière, ce qui rend plus appréciables leurs rares apparitions. La voix douce de Chris Barretto s’y laisse d’ailleurs aller à des mélodies parfois envoûtantes (ce qui rend presque plausible une reconversion du groupe hors du monde métalleux). Malgré ses nombreuses montées en puissances qui semblent uniquement consacrées à tous nos métalleux prépubères, ces gringalets avides de guerres, de dragons et de princesses acnéiques, Barretto s’impose comme le principal point fort de tout l’album grâce à sa voix claire très bien maîtrisée. Ses attaques astucieuses surgissent parfois avec brusquerie mais conservent le mérite de dynamiser toutes les mauvaises guitares évoquées plus haut. Métal oblige : il doit aussi dédier une bonne partie de sa performance à la voix gutturale, voilà autre chose… le chanteur y arrive presque, mais crie plus qu’il ne growle, se rapprochant parfois plus du metalcore (cela montre bien la difficulté de l’exercice). Tous les moments violents perdent du même coup un peu de leur intensité. Cependant, au-delà du contraste qualitatif entre voix gutturale et voix claire, les deux chants s’équilibrent très bien quantitativement, si bien qu’on ne saurait dire lequel est le plus présent sur la durée totale de l’album. Il arrive aussi parfois que les deux voix se mêlent, un parti pris malin, d’autant plus que la force de la voix claire couvre plutôt bien les défauts du growl.

The Amanuensis, avant tout, rassemble avec sobriété de nombreuses influences, allant d’Opeth à Katatonia. Quelques traits d’originalité transparaissent parfois, comme dans l’introduction assez curieuse du titre “Saga City” ou encore dans ce court hommage au Beatles sur “Quasimodo”. Il en est de même pour le concept de l’album, qui trouve son sens dans quelques phrases du premier titre importées vers les derniers morceaux, et mises en valeur de façon agréable grâce à l’accapella de Barretto. La progression de la musique ainsi, est astucieusement mise en place, si bien que l’écoute du dernier morceau, très ambiancé, s’achève plus paisiblement que ne pût l’avoir souhaité un nourrisson. Ce ne sont pourtant pas ces quelques miettes qui sauveront l'album. Si le morceau “Jinn”, grâce à sa syncope et sa technique bien gérée s’impose comme un sommet, le reste demeure très moyen, voire pauvre.

Site : http://thisismonuments.com

facebook : https://www.facebook.com/thisismonuments

Vidéo officielle :


Rédigé par Luc le 13/02/2015
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