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The Banished Heart
Oceans of Slumber - The Banished Heart
Titre : The Banished Heart
Groupe : Oceans of Slumber
Sortie : 2018
Label : Century Media Records
Format : CD
Genre : Progressif
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Titres

  • The Decay of Disregard
  • Fleeting Vigilance
  • At Dawn
  • The Banished Heart
  • The Watcher
  • Etiolation
  • A Path to Broken Stars
  • Howl of the Rougarou
  • Her in the Distance
  • No Color, No Light
  • Wayfaring Stranger

Formation en 2011

Cammie Gilbert [chanteur], Anthony Contreras [guitariste], Sean Gary [guitariste], Keegan Kelly [bassiste], Uaeb Yelsaeb [clavier], Dobber [batteur]

Dans le metal progressif contemporain, nous trouvons, au sommet de la chaîne alimentaire, des dinosaures, imposant leur style immuable, explosant des charts. Et puis, courant entre leurs grosses pattes, des petits mammifères, obligés, pour subsister, d’innover. L’histoire prouvera sans doute que les petits survivront aux gros lors de la prochaine extinction, comme à la fin des seventies.

Oceans of Slumber compte parmis ces primates qui finiront par se redresser sur leurs deux membres postérieurs. Une chanteuse afro-américaine à la voix puissante et chaude, un chevelu au growl caverneux et un metal progressif qui ose le poutrage comme la douceur, se renouvelant à chaque album. The Banished Heart est un bon exemple d’inventivité qui, pour survivre face aux reptiles géants, sort des sentiers battus. Sang chaud contre sang froid, émotion contre calcul, leur musique prend des risques pour exister, quitte à déplaire aux plus conservateurs.

Oceans of Slumber

Pour commencer il y a cette pochette, Cammie vue de profil, le buste dénudé, serrant dans sa main droite un coeur ensanglanté. Ensuite il y a le chant, du metal à chanteuse puissant bousculé par un growl sans fioritures. Enfin, la musique, qui passe de la charge de mammouths aux fines peintures rupestres sans prévenir.

The Banished Heart débute en force, chant et growl secoué fréquemment de double pédale (‘The Decay of Disagard’, ‘Fleeting Vigilance’, ‘At Down’), une écriture qui n’exclue pas des refrains bien ficelés pour lier les couplets très denses. L’album prend ensuite un virage plus mélodique avec ‘The Banished Heart’, façon Evanescence avec du piano, des claviers et un refrain vendeur. Un peu facile me direz-vous ? Ne vous fiez pas à votre première impression… Pour preuve ce ‘The Watcher’ fait de claviers vibrants, grondants. Un court interlude instrumental cinématique sombre, angoissant et déroutant auquel succède ‘Etiolation’, sorte de rock tribal où la voix de Cammie prend toute sa mesure avant de disparaître sous le growl et le djent. Un titre où les guitares dévoilent tout leur potentiel. ‘A Path to Broken Stars’ rejoint Muse pour mieux s’en éloigner, une pièce inclassable où la batterie effrénée contraste avec le chant mélodieux. Et puis survient ce ‘Howl of the Rougaron’ à la guitare sèche, enregistré en prise directe, et qui soudain bascule sur du metal progressif sans prévenir. Piano et claviers reviennent avec ‘Her in the Distance’, un nouvel bref interlude instrumental cinématique. Puis ‘No Color, No Light’ nous livre un duo sans growl, qui n’est pas sans rappeler un Pain Of Salvation orientalisant, et c’est avec un gospel irlandais que s’achève l’album avec ‘Wayfaring Stranger’.

The Banished Heart possède, à n’en pas douter, une surface hétérogène, brute et rugueuse, moins lisse que leur précédent album Winter. Cela fait son charme et sa faiblesse. Si vous recherchez des arrangements travaillés, des transitions millimétrées, vous ne les trouverez pas ici. Par contre l’émotion et l’intention sont réelles. Le bipède survivra aux géants du jurassique s’il persévère sur cette voie alors écoutez-le.

Facebook : https://www.facebook.com/oceansofslumber/

Vidéo :



Rédigé par Jean-Christophe le 16/02/2018
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