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X-mas Death Jazz
Panzerballett - X-mas Death Jazz
Titre : X-mas Death Jazz
Groupe : Panzerballett
Sortie : 2017
Label : The Gentle Art of Music
Format : CD
Genre : Progressif
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Titres

  • White Christmas
  • Kling, Glöckchen - instrumental
  • Little Drummer Boy
  • Es Kommt bald
  • Last Christmas
  • Rudolph, The Red-Nosed Reindeer
  • For Whom The Jingle Bells Toll
  • Let It Snow - instrumental
  • White Christmas - instrumental
  • Rudolph, The Red-Nosed Reindeer - instrumental
  • Es Kommt bald - instrumental
  • Let It Snow - instrumental

Formation en 2004

Jan Zehrfeld [guitariste], Joe Doblhofer [guitariste], Alexander von Hagke [saxophone], Heiko Jung [bassiste], Sebastian Lanser [batteur]

Membres invités:
Mattias IA Eklundh: voix, guitare
Mike Keneally: voix
Jen Majura: voix
Steffen Kummerer: voix
Martin Strasser: voix

Encore quelques semaines et ce sera bientôt Noël. Ah Noël… Noël et son cortège de sapins clignotants, de chocolats, de cadeaux, marrons glacés, foies gras, bûches et autres joyeusetés. Noël et ses marchés où s'alignent en ville d'authentiques chalets de montagne venus directement des alpages. Noël et ses grands standards vocaux que tout le monde a fredonné au moins une fois dans sa vie.

Les chants de Noël, c'est justement le sujet de ce dernier album des allemands de Panzerballett. Dans ce X-Mas Death Jazz, les teutons surdoués aux CV musicaux longs comme le bras revisitent, à leur manière, les fameux ‘Noël Blanc’, ‘Let It Snow’, ‘Little Drummer Boy’ et autres chants et comptines pour enfants. Oubliez les bons sentiments et la douce chaleur du feu de bois qui crépite dans la cheminée alors que ça pince sec dehors. Avec cet album notre Père Noël est plutôt un excité aux cheveux longs qui viendrait faire peur aux enfants en leur criant aux oreilles et en sautant partout dans le salon, dégueulassant au passage la pièce avec ses bottes pleines de cendres et avec la suie amassée sur ses vêtements déchirés et sur ses mains noires et poisseuses à souhait.

Panzerballett

Comment diable décrire cet album ? Les titres composent un bazar complètement déjanté, avec un traineau qui fait constamment des embardées, demi-tours, tête-à-queue, tonneaux, dérapages verglacés qui paraissent incontrôlés, mais qui sont en fait maîtrisés à la perfection. Ne parlons pas des rennes sous amphétamines complètement hors contrôle, la langue bavante et les yeux injectés, tirant à hue et à dia, ruant dans les brancards, alors que deux se sont déjà échappés et tournoient dans le ciel étoilé, satellisés, les quatre fers en l'air.

Nul doute que nos compères se sont bien éclatés en tout cas. Ils jouent une musique complètement imprévisible, mélangeant allègrement métal, jazz, basse bien grasse, gros accords saccadés, instruments débridés en roue libre complète, batterie en feu qui vide son chargeur de bastos en un éclair (Sebastian est sûrement un alien à quatre jambes et cinq bras), soli délirants et super techniques de guitares et saxo, sans oublier des voix qui fusent en toutes directions, et des mots qui explosent subitement. Bref, en apparence un gros bordel foutraque d'instruments et de voix qui partent dans tous les sens, mais en réalité extrêmement bien maîtrisés. Il faut bien dire qu'en plus du pedigree du quintette allemand surdiplômé de base se greffent un pool international d'invités dont les références ne sont plus à prouver: citons entre autres Steve Vai, Evergrey et Soilwork pour Mattias Eklundh, Zappa, Satriani et Minnemann pour Mike Keneally, ainsi que Evanescence pour Jen Majura.

Le groupe arrive aussi très bien, dans un mélange assez indéfinissable de rage, de dérision, de révolte, d'ironie, de critique caustique, de virtuosité, de clins d'œil foutraques et d'humour, à jouer constamment avec les contrastes, entre d'un côté les traditions de Noël (mièvrerie affichée, bons sentiments représentés par une mélodie douce, voix en unisson angélique) et de l'autre côté un déchaînement certain de rage et de colère (tabassage de batterie en règle, coups de boutoir de guitare, refrains growlés ou lancés comme des briques en pleine poire). On hésite entre une critique des traditions commerciales de Noël ou un bon délire hyper technique (élitiste ?) entre potes. Il s'agit sûrement d'un mélange des deux. En tout cas les contrastes sonores sont tellement gros qu'ils pourront vous tirer quelques fou rires, comme dans ce 'Little drummer boy' et ce RAPAPAPAM reçu en pleine face, ou ce 'Let It Snow' asséné en mode tambours du Bronx et bon growl bien sauvage. Dès que l'esprit doucereux et bien-pensant de Noël se pointe à l'horizon avec une belle petite mélodie, cela repart toujours très très rapidement en sucette. Il n'y a qu'à écouter 'For Whom The Jingle Bells Toll' ou 'Let It Snow' pour réaliser combien la musique se muscle rapidement après un solo mélodique de saxo ou de guitare, ou après quelques chœurs auxquels on donnerait le bon Dieu sans confession. La capacité des allemands à triturer un motif en de nombreuses variations et rythmes semble de fait infinie.

Panzerballett

Alors tout ceci est bien joli, mais la musique part tellement dans toutes les directions qu'il est vraiment très difficile de rester concentré pendant tout l'album. L'absence de fil rouge mélodique, ainsi que les cassures permanentes et hyper rapides de style et de rythmes en cascade font que je décroche assez rapidement à chaque écoute au milieu de l'album. En ce qui concerne la note, elle doit donc être décomposée en deux sous-notes: la première, excellente pour le côté technique et virtuose, la seconde moins bonne pour le ressenti et le plaisir qu'elle peut procurer.

Avec ce X-Mas Death Jazz, Panzerballett casse les codes, dynamite en bonne et due forme et dans un joyeux foutoir les bons sentiments et le sens commercial attachés aux traditions de Noël dans un bon gros délire. Il y a aussi un côté éléphant dans un magasin de porcelaine, ou valse de char - finalement tout se tient -. Même la pochette présentant un sapin de Noël-fusée-porte bouteille-vaisseau spatial en partance pour un trou noir reflète cette dérision et cette absence de repères.

Vous l'aurez compris, il s'agit d'un album décapant et iconoclaste, hyper technique, à réserver aux personnes averties, qui auront de plus droit à quatre versions instrumentales en bonus. Pour les autres, écoutez juste par pure curiosité, histoire de ne pas mourir idiot.

Facebook: https://www.facebook.com/Panzerballett-177186085648197

Vidéo :


Rédigé par loloprog le 04/12/2017
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