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Transmutation Circles
PI  - Transmutation Circles
Titre : Transmutation Circles
Groupe : PI
Sortie : 2019
Label : autoproduction
Format : CD
Genre : Metal progressif
Achat : ici
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Titres

  • Equivalent Exchange - instrumental
  • Low Astral Frequencies - instrumental
  • Zero Knowledge Protocol - instrumental
  • Gift of Ignorance - instrumental
  • Vortex Equation - instrumental
  • Inner Alchemy - instrumental

Formation en 2015

Guillermo Gonzalez [guitariste], Guido Pedicone [bassiste], Ludovic Muller [batteur]

Avec PI, trois nationalités se rencontrent : française avec Ludovic Muller à la batterie, mexicaine avec Guillermo Gonzales à la guitare, et argentine avec Guido Pedicone à la basse. Les zéro point quatorze quinze quatre-vingt-douze appartiennent sans doute au monde de l’électronique et du growl car le trio Pi joue du metal progressif instrumental.

PI

Nous les avons découvert en live cet été à Strasbourg, et si nous les chroniquons aujourd’hui c’est qu’il ya une bonne raison. Nous les avions un peu écouté sur Bandcamp avant de partir capturer leur concert au Jardin des deux Rives, et une fois les photos mises en ligne le groupe a voulu nous remercier pour les images en nous offrant un CD. Comment refuser ? Alors, comme à Neoprog, nous aimons parler de la scène locale et que nous avions un album pour le faire, pourquoi nous en serions-nous privé, d’autant que l’univers de Transmutation Circles sort des sentiers battus.

Math rock, djent, metal, expérimental, progressif qualifient assez bien leur musique. L’album propose une courte introduction et cinq titres à rallonge dans la veine d’un Tesseract expérimental qui partagerait son temps entre poutrage technique et psychédélisme sous drogues dures.

Tout le monde n’apprécie pas forcément le metal progressif instrumental, un genre à la base déjà assez hermétique, mais ce qu'écrit PI l’est encore plus. Une oreille préparée est de rigueur, mais si la technique n'effraie pas, pas plus que les expérimentations audacieuses, l’aventure mérite le voyage.

Dans la musique de PI, la normalité côtoie la folie, à l’image de ce nombre aussi appelé Constante d’Archimède, trois et des poussières, un nombre irrationnel sans fin et sans séquence, dont il est impossible d’extraire toutes les décimales. Le metal progressif du trio lui ressemble, une musique qui bascule du plaisant facile d’écoute au technique démonstratif, pour terminer sur des explorations sonores extrêmes.

Tout commence par des sons torturés qui vont crescendo pour culminer au bout d’une minute. Explose alors la déferlante rythmique chaotique du trio qui peu à peu s’organise en motifs pour se muer en metal progressif où la basse de Guido écrit la mélodie.

Nous venons de plonger dans les infras basses du plan astral…

Quelques hurlements ponctuent une musique qui se discipline et finit par apprivoiser l’auditeur. Mais quand celui-ci semble presque à son aise, le vide sonore soudain l’entoure, zébré d’éclairs djent, de percussions tribales, comme si le voyageur frôlait l’orbite d’un trou noir puis s’en éloignait à la vitesse de la lumière, percevant alors toutes les fréquences aspirées par l’ogre stellaire.

Nous venons de traverser un cinquième de l’aventure sonore de Transmutation Circles et deux morceaux assez difficiles d’accès en première écoute. Alors bouclez votre ceinture, le voyage astral ne fait que démarrer.

‘Zero Knowledge Protocol’ poursuit dans le déferlement chaotique parfaitement contrôlé duquel s’élève la voix de la guitare dissonante de Guillermo, remplacée par des arpèges aléatoires suivis d’une improbable accalmie cinématique orientalisante à laquelle on ne croyait même plus après tant de folie. La virtuosité reprend le dessus très rapidement, ramenant le trio dans sa tourmente metal progressive où la batterie de Ludovic claque comme jamais, les Mille et Une nuit sur un tapis volant de clous.

Un implacable stoner ouvre ‘Gift of Ignorance’ pour se risquer ensuite sur un metal cinématique épique. L’écriture se fait nettement plus accessible quoiqu’un tantinet angoissante et répétitive avant de s'envoler tel un bourdon sous l’emprise d’ecstasy. Sans doute un des titres les plus grand public, oserons-nous jusqu’à écrire qu’il s’agit du single de l’album ? Non, quand même pas.

Le nombre PI est la clef de l’équation du vortex, si vous l’ignoriez, révisez votre mécanique des fluides immédiatement. La musique vous entraîne dans sa spirale infernale, emporté par un tourbillon rythmique de plus de treize minutes avec deux accalmies dont la première flirte avec les canons du jazz, et la seconde avec l'univers de Steven Wilson.

Pour finir en “douceur”, le dernier morceau ‘Inner Alchemy’ se révèle le moins torturé des six morceaux présents sur l’album, même si vous y entendrez quelques hurlements sporadiques. C’est également le plus long avec pas loin de quatorze minutes de musique qui s’achèvent sur le même motif sonore que ‘Equivalent Exchange’; le cercle est maintenant fermé.

L’écoute de Transmutation Circles n’est assurément pas de tout repos. Il faut savoir encaisser les dix G de djent math rock auxquels succèdent de brefs passages en apesanteur. PI joue un du metal progressif extrême très technique sans chanteur, et qui prend à mon avis sa pleine mesure en live. Les plus metalleux apprécieront, ceux qui en sont resté au canterbury hurleront à l’hérésie, pour ma part, je suis entre les deux.



Rédigé par Jean-Christophe le 26/10/2020
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