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Impulse Voices
Plini - Impulse Voices
Titre : Impulse Voices
Groupe : Plini
Sortie : 2020
Label :
Format : CD
Genre : Metal progressif

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Titres

  • I’ll Tell You Someday - instrumental
  • Papelillo - instrumental
  • Perfume - instrumental
  • Last Call - instrumental
  • Impulse Voices - instrumental
  • Pan - instrumental
  • Ona / 1154 - instrumental
  • The Glass Bead Game - instrumental

Formation en 2012

Plini [guitariste], Simon Grove [bassiste], Troy Wright [batteur]

Chris Allison: batterie, percussions
Simon Grove: basse
Dave Mackay: piano, synthétiseur (Papelillo, Perfume, Last Call, Ona / 1154)
Devesh Dayal et Aleksandra Djelmash: chant (I’ll Tell You Someday, Pan, The Glass Bead Game)
John Waugh: saxophone (Pan)
Amy Turk: harpe (The Glass Bead Game)
Plini: guitare (et tout le reste)

En tant que chroniqueur depuis maintenant quelques années, donner la note maximale à un album n'est pas vraiment dans mes habitudes. D'une part parce que cela peut sous-entendre qu'il n'y a rien de mieux en termes de musique, ce qui est très réducteur, et d'autre part parce que tout cela reste énormément subjectif. Je n'ai donné en fait qu'une seule fois la note maximale à un artiste, et il s'agissait de Plini avec son album Handmade Cities. Une note dûe plus à un énorme coup de cœur qu'à une supposée perfection somme toute toujours discutable. Un EP et deux interludes plus tard, le guitariste australien et ses amis sont revenus en force en novembre dernier avec Impulse Voices, et pour qui aime ce style de musique, ce dernier album est dans la pure lignée des précédents.

On retrouve déjà une belle pochette d'Alex Pryle et de nouveau un joli bestiaire débordant d'imagination et où les hommes, minuscules au milieu de tous ces poissons, singes oiseaux et autres lapinscargots, auraient repris leur humble place au milieu de toute cette foisonnante et joyeuse biodiversité.

Impulse Voices

Vu ce qui a été dit un peu plus haut, et comme vous pouvez vous en douter, si vous aimez Plini, pas de surprise, vous pouvez foncer et ouvrir toutes grandes vos oreilles pour accueillir - si ce n'est déjà fait - sans réserves ce nouvel album instrumental. Plini Roessler-Holgate et son intarissable et verbeuse Strandberg font toujours autant d'étincelles, et la magie opère une fois de plus. L'australien continue de s'amuser avec ses complices habituels à la batterie (Chris Allison), à la basse (Simon Grove) et au saxophone (John Waugh), et histoire de varier les plaisirs y a ajouté les contributions de Dave Mackay aux claviers, de Devesh Dayal et Aleksandra Djelmash au chant, et de la harpe avec Amy Turk.

La musique ? Dans le plus pur style Plini. Avez-vous déjà croqué à pleines dents dans un fruit bien mûr, à la fois croquant et juteux à souhait ? Un fruit exotique qui exploserait vos papilles; un fruit charnu, légèrement sucré, vanillé, fleuri, avec des notes poivrées, citronnées qui s'inviteraient régulièrement pour vous revigorer des papilles déjà mises en éveil par tout ce fabuleux cocktail d'arômes à la fois doux, suaves et piquants. Un véritable feu d'artifice, alternant fontaines reposantes et explosions inattendues de mortiers multicolores.



Dans cet album on y retrouve bien sûr la basse grondante de Simon, la batterie mitraillette de Chris et les innombrables interventions explosives ou plus zen de Plini à la guitare. En fait, on ne sait jamais à quoi s'attendre lorsque Plini déroule son écriture. Une chose est sûre, l'alternance de moments calmes et beaucoup plus tendus est maitrisée​ à la perfection et maintient constamment l'écoute et le plaisir au niveau maximal. Ca jaillit continuellement, ça ne se tarit jamais, c'est sans fond et sans fin. En une sorte de geyser continuel complètement imprévisible. Là réside, en tout cas pour moi, la botte secrète de cet artiste. Dans cet album, seul 'Ona / 1154' conserve une trame très cool sans aucune explosion musicale. Sur un motif simplissime de trois fois trois notes à la guitare servant de refrain, plusieurs articulations s'enchainent, y incluant un piano très très jazzy ainsi qu'un petit solo de guitare dont l'australien a le secret. 'Impulse Voices' est lui aussi basé sur un petit motif rythmé, très simple, groovy et qui sert de base à de nombreuses variations, comprenant coups de basse en mode djent, variations syncopées, double pédale frénétique. Le jazz s'invite encore avec ses notes veloutées sur 'Papelillo'. 'Perfume' vous ensorcellera avec sa cassure électro; avec 'Pan' le saxophone feutré de John et l'avènement jusqu'à son acmé musical vous propulseront dans l'éther étoilé, avant que Plini ne reprenne brillamment la main avec un solo dantesque. Quant à 'The Glass Bead Game' et ses neuf minutes, outre un solo de harpe de Amy qui ajoute encore un peu plus de cristal à ce dernier titre, les séquences strandberguesques de l'australien sont une nouvelle fois l'occasion de se rendre compte de l'imagination, de l'inspiration et de la foultitude des idées de l'australien.

Jazz, métal explosif, djent qui tabasse, mélodies inspirantes et bien plus encore sont dans cet album. Le plus étonnant dans tout cela - mais ce n'est point un scoop - est que Plini sait combiner à la fois une musique nerveuse, technique et mélodique qui garde toujours une âme et atteint le cœur, et ça c'est une sacrée performance. Dois-je en rajouter ?

La vraie question qui peut être posée à ce stade est de s'interroger sur la musique que composera Plini dans, par exemple, une dizaine d'années. En tout cas, cela va être un plaisir de suivre son regard tourné vers ce mince croissant de lune fétiche.


Rédigé par Laurent le 27/01/2021
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