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Insignify
Rainburn - Insignify
Titre : Insignify
Groupe : Rainburn
Sortie : 2018
Label : autoproduction
Format : CD
Genre : Métal progressif
La chronique note de la chronique
Les évaluations Evaluations
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Titres

  • The Wait
  • Merchant of Dreams
  • Elusive Light
  • Mirrors
  • Someone New
  • Purpose
  • Suicide Note
  • Insignify
  • Within
  • School of Atlantis

Formation en 2011

Vats Iyengar [chanteur,guitariste], Praveen Kumar [batteur,percussions], Ravi Nair [chanteur,bassiste], Paraj Kumar Singh [chanteur,guitariste]

Invités :
Manu Shrivastava: piano, claviers (‘The Wait’)
Toshimoa Jamir: guitare (‘Elusive Light’)
Yogeendra Hariprasad: claviers (‘Mirrors’)
Gurekta Sethi: voix narrée (‘Mirrors’)
Vidyaa Prakash: voix addionnelles (‘Within’)
Sidharth Bharadwaj: flûte (‘School of Atlantis’)

Ils sont quatre. Quatre indiens de Bangalore, qui viennent de sortir en autoproduction leur premier album, Insignify, après un premier EP estampillé metal progressif, sorti en 2015 et apparemment très bien accueilli par la critique.

Insignify est un album concept qui raconte en deux actes vingt-quatre heures de la vie de Vincent, un musicien dont on découvre lors du prologue les démons intérieurs et le trac avant de monter sur scène ('The Wait'). Tout au long des titres qui s'enchaînent, on découvre un artiste pétri de doutes, de contradictions et de fêlures. Les titres sont ponctués dans le livret par des heures particulières, correspondant à un râga spécifique. Un râga en Inde est une structure musicale qui permet de créer une atmosphère particulière, il en existe d’ailleurs plusieurs centaines. Dans ce contexte, le râga peut sûrement être interprété comme un changement d'état d’esprit du personnage principal. Ce personnage est d’ailleurs à la limite de la schizophrénie, c’est un artiste déchiré entre son succès pailleté sur scène et sa solitude une fois le rideau tiré, passant la nuit avec une fan, ayant ensuite des idées de suicide lors d'une grosse déprime, se demandant constamment qui il est réellement. Il a manifestement quelques troubles de la personnalité. On se demande d'ailleurs à l'acte II s'il a passé l'arme à gauche ou non.

rainburn insignify
For all the world's a stage; and the stage is all my world (Paroles tirées de 'The wait').

La musique des indiens est exprimée avec force guitares, appuyées par la batterie. Du métal progressif, si vous voulez mettre une étiquette sur cet album. Aucune influence ni accent indiens à mon grand désespoir, je dois bien avouer que l'exotisme du groupe et de la pochette m'avaient attiré et étaient la raison principale de mon choix. Le début de l'album commence avec des guitares acides à la Saga, et les titres se poursuivent en alternance de couplet refrain et de changements de rythmes. Très difficile pour moi d'accrocher, la musique semble partir un peu dans tous les sens sans vraiment savoir où le groupe veut vous emmener, comme une absence de cohérence ou de réel fil conducteur musical. Techniquement c'est indéniablement bien fait, il y a aussi de bons passages, comme cette reprise en guitare acoustique au début de 'Merchant of Dreams', ce motif lumineux de guitare aux deux tiers de 'Suicide note' rehaussé par la batterie, ou ce 'School of Atlantis' énergique - mon petit chouchou -, en rythme syncopé avec un petit motif de guitare bien trouvé au milieu, ainsi que son solo de flûte bien enlevé. Mais cela ne me suffit malheureusement pas. Outre une petite transition à la Santana, des passages qui me rappellent Solstice Coil, ainsi que des accents de voix à la Daniel Gildenlöw à la fin de 'Elusive Light', je ne saute pas au plafond.

Je trouve pour ainsi dire cela assez convenu, beaucoup de solo sont rapides et techniquement bons mais ne sont pas habités, et me laissent assez de marbre. Là je vous vois venir: "Mais quels prétentieux que ces chroniqueurs, pour qui se prennent-ils ? Ils ne sont même pas musiciens (enfin si certains quand même…) et ils prétendent critiquer et dire ce qui est bon de ce qui ne l'est pas ?". Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je n'accroche pas, point barre. D'autres triperont sûrement sur cet album, c'est comme cela et tant mieux. Refermons la parenthèse "n'importe-quoi-qu'il-sorte-un-album-et-on-en-reparlera-ensuite". Les passages de bruit et de fureur exprimés à la batterie et aux gros accords de guitare ne mènent encore une fois pour moi nulle part. C'est bien de faire chauffer la double pédale et les accords de guitare, mais pour aller où ensuite ? C'est aussi très bien d'avoir une idée concept qui conduit l'album, mais c'est une condition non suffisante pour faire un album qui sortira du lot.



Bref vous aurez compris que je n'ai pas vraiment sauté au plafond, je n'ai surtout pas trouvé de liant musical global malgré les belles petites trouvailles dénichées de-ci de-là. Je crois surtout pour être totalement honnête, et comme déjà évoqué plus haut, que mes attentes d'exotisme et de sonorités indiennes ont été déçues, nos indiens jouant du métal progressif finalement très occidental, leurs influences affichées allant de Simon & Garfunkel à Pain Of Salvation, en passant entre autres par les Beatles et King Crimson.


Rédigé par Laurent le 05/12/2018
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