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The 3rd Majesty
Ring Van Mobius - The 3rd Majesty
Titre : The 3rd Majesty
Groupe : Ring Van Mobius
Sortie : 2020
Label : Apollon Records
Format : CD
Genre : Rétro prog

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Titres

  • The Seven Movements Of The Third Majesty
  • Illuminati
  • Distant Sphere
  • The Möbius Ring

Thor Erik Helgesen [clavier], Håvard Rasmussen [bassiste,clavier], Dag Olav Husås [batteur,percussions]

Quatuor à cordes :

Naho Nayuki - 1er violon
Nora Myrset Asheim - 2eme violon
Darya Govorun - alto
Petro Sokach - violoncelle

Si Neoprog est un magazine de rock progressif (du moins à ce qu’il paraît), aucun des membres de l’équipe ne s’était à ce jour attaqué au trio de rétro-prog Ring Van Möbius. Il était plus que temps d’y remédier.

Ring Van Möbius

Le groupe norvégien né en 2014 use de claviers analogiques enregistrés sur des bandes magnétiques seize pistes afin de restituer au mieux la palette de couleurs des seventies. Leur second album, The 3rd Majesty, nous propose un voyage de quarante-sept minutes dans le temps, à l’époque des vinyles qui ne comportaient que quatre morceaux, des titres s'étalant sur toute la face de la galette, de l'orgue Hammond et du Fender Rhodes, quand la musique rimait avec cheveux longs et substances hallucinogènes.

Pour commencer cette chronique, mettons les choses au point. Ring Van Möbius n’est pas encore “un autre groupe de rétro-progressif”. Sa musique, comme la manière dont le trio l’enregistre, reflètent bien le niveau d’exigence des norvégiens. Le nombre d’instruments joués dépasse largement celui des interprètes : tubulars bells, thérémine, orgue Hammond, Fender Rhodes, clavinet, piano, glockenspiel, timbales, gong, batterie, basse ainsi qu’un quatuor à cordes résonnent sur The 3rd Majesty. Et avec un titre de vingt-deux minutes pour commencer les festivités, vous comprendrez bien qu’ici le groupe ne fait pas les choses à moitié, il va jusqu’au bout de la démarche artistique.

Si les compositions de Ring Van Möbius font inévitablement écho à celles de King Crimson, Yes, Genesis ou Van der Graaf Generator, elles n’en sont pas moins uniques en leur genre, pour la simple raison qu’un instrument, et non des moindres, manque à l’appel : la guitare électrique. Le trio compense cette absence avec force de claviers et percussions, donnant une teinte toute particulière à leur musique. Et si d’ordinaire, je ne suis pas amateur de débauche de claviers, je trouve que Ring Van Möbius en use toujours à bon escient.

Il semblerait bien, à regarder la pochette de l’album, que cette troisième majesté soit le synthétiseur analogique, et le premier morceau de l’album une symphonie à la gloire de l’instrument composé de câbles, de potentiomètres, de transistors et de condensateurs.

Les sept mouvements de sa troisième majesté, vingt et une minutes et trent neuf secondes, grondent d’orgue Hammond et de basse ronde, pétillent de batterie et de percussions, rappelant les toutes premières années de King Crimson et Genesis avec toutefois un souci de la déconstruction mélodique permanente et des accès de violence qui réclament une oreille attentive et un goût prononcé pour la grandiloquence.

‘Illuminati’ pourrait faire songer à un morceau de prog fusion transcrit pour l’orgue. En moins de six minutes, le titre change sans cesse de direction et de vitesse, installe un thème, le déconstruit et passe au suivant, et tout cela en conservant une parfaite unité d’ensemble. Une sorte de condensé de la pièce précédente jouée sur de grandes orgues comme pour le sacre d’un roi.



A la cour du clavier analogique, un quatuor à cordes joue pour sa majesté dans ‘Distant Sphere’. Une ouverture baroque remplacée par un prog jazzy fait de percussions et basse où rugissent parfois les orgues. Puis le ruban de Möbius, qui a donné son nom au trio norvégien, sonne le final de The 3rd Majesty, neuf minutes de claviers, basse, batterie et percussions où le chant est plus présent qu’à l’accoutumée, comme la basse Fender. Un morceau plus traditionnel, moins audacieux également, dans l’esprit d’un jeune Yes et qui passerait presque inaperçu après les trois premiers.

The 3rd Majesty joue du prog vintage avec puissance, grandiloquence et même rage, sorte de heavy progressif à l’orgue Hammond des temps modernes, nous changeant du sempiternel rétro-prog fade servi à toutes les sauces depuis quelques années. ‘The Seven Movements Of The Third Majesty’ et ‘Illuminati’ m’ont tout simplement ébloui alors que je les écoutais en mp3. Je n’ose imaginer leur rendu sonore pressés sur un trente-trois tours.


Rédigé par Jean-Christophe le 28/01/2021
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