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Beyond Man And Time
RPWL - Beyond Man And Time
Titre : Beyond Man And Time
Groupe : RPWL
Sortie : 2012
Label : Gentle Art Of Music
Format : CD
Genre : Progressif
La chronique note de la chronique
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Titres

  • Transformed
  • We Are What We Are
  • Beyond Man And Time
  • Unchain The Earth
  • The Ugliest Man In The World
  • Road Of Creation
  • Somewhere In Between
  • The Shaodw
  • The Wise In The Desert
  • The Fisherman
  • The Noon

Formation en 1999

Yogy Lang [], Werner Taus [], Kalle Wallner [guitariste], Markus Jehle [clavier], Marc Turiaux [batteur], Yogi Land []

Le groupe allemand arrive avec un nouvel album, leur premier concept en douze ans de carrière. Le thème ? La caverne de Platon et Zarathoustra. L'homme sort de la grotte et va à la rencontre de personnages très différents, le scientifique, l’aveugle, le créateur...

Musicalement l'album est assez paisible, mais sous cette apparente tranquillité se cachent des trésors d'inventivité.

Il s'agit d'un album très mature, peu lyrique ( Yogi se lance moins souvent dans ses habituels refrains accrocheurs). RPWL semble s'éloigner du cover Floyd que l’on leur a tant reproché à tord pour développer sa propre identité.

Citare indienne, son très 70's, quelques incursions vers un son à la The Doors avec The Ugliest Man In The World, sans être démonstrative, leur musique est très construite, aboutie, avec beaucoup de surprises même si elles sont parfois discrètes.

We Are What We Are est un des grands formats de l'album avec The Fisherman.
Il commence de manière assez classique, couplet suivi d'un refrain peu marqué, mais les choses se corsent quand le chant cesse. La musique explore des sonorités inhabituelles chez RPWL, aux claviers, à la lead guitare ou encore comme ce break composé de quelques percussions et notes de guitare. Et tout ça l'air de rien, comme un morceau pop, fabuleux !

Beyond Man And Time est plus sage. Après une entrée en matière très belle avec un solo de guitare, la musique s'efface un peu pour laisser place au chant. Mais tendez l'oreille, la musique n'est pas si simple, c'est la force de cet album, ces touches discrètes mais brillantes que l'on pourrait négliger si on ne se force pas un tout petit peu.

Unchain The Earth est un morceau très pop, avec le refrain entraînant qui va bien et une belle intro, parfait pour faire le single sauf qu'il faudra l'amputer de quelques minutes pour la version radio, très sympa !

The Ugliest Man In The World alterne passage très appuyé et couplet paisible à la guitare sèche avant de déraper vers des petites choses psychédéliques délicieuses tout en restant très politiquement correct. Régalez-vous, c'est un joyau des 70's. Et puis gentillement on revient au couplet, trop bon trop bon trop bon !

Pour Road Of Création Yogi vocode un peu. Une mélodie dans l'esprit de Less Is More, rien a dire, une délicieuse plongée dans ce son aux influences indiennes que l'on prisait tant dans les années 70's.

Somewhere In Between est le petit titre, seulement deux minutes toutes tranquilles qui permettent d’attaquer The Shadow. Un morceau assez rock avec des cuivres mais qui n’échappe pas à la dérive progressive et au petit solo de gratte au son tout simplement délicieux. Une chanson très musicale en fait, entraînante, dansante même, qui là encore pourrait faire un excellent single sans pour autant se vautrer dans les travers du commercial, chapeau !

The Wise In The Desert, après cette débauche, il semble bien introverti, c’est certainement le but désiré. Titre en deux parties The Wise In The Desert et The Silenced Song, une construction très simple basée sur un piano et une guitare avec quand même un refrain qui chahute un peu.

Attention très grand format, The Fisherman dépasse allègrement les seize minutes.
Construit en trois parties Hight As A Mountain Part 1, The Abyss et Hight As A Mountain Part 2, cet immense navire va vous promener d’une atmosphère à l’autre avec pléthore d’emprunts délicieux comme à Genesis première époque, utilisation de rythmes atypiques (Season Ends de Marillion), des appels du pied à Transatlantic (Duel With The Devil), du solo de guitare à la Floyd, tout ça l’air de rien, sans heurter, bref une grosse grosse claque.
Et là on a pas encore commencé la seconde partie dédiée au chant sur une mélodie orientale, envoûtante et très simple. Mais on repart aussi vite dans du progressif pour s’immerger dans des tonalités indiennes et rebondir à nouveau sur les claviers au son un plus moderne. Incroyable, décoiffant, brillant magnifique, sublime, énorme !

The Noon décevrait presque par son classicisme, c’est une conclusion très conventionnelle pour un album de cette envergure. Elle a l'avantage de laisser la place belle au texte,qui après toutes ces paroles philosophiques mérite un point final digne de ce nom.

L’album est très axé sur les textes, chantés de manière parfois uniforme, sur une musique en apparence paisible. On pourrait très bien entendre l’album sans l’écouter vraiment. Il pourrait passer en musique de fond sans déranger, mais ne vous trompez pas, ce n’est pas un reproche, mais une mise en garde pour vous. Pour écouter Beyond Man And Time, trouvez du temps, mettez un casque, isolez-vous. Au delà de son apparente tranquillité, l’album cache des trésors d’inventivité musicale, des petites perles tapissant une écharpe de soie. Il faut faire l’effort de les trouver, mais la récompense est grande au bout du compte.

RPWL sort ici son album le plus abouti, le plus beau aussi, une véritable merveille qui devrait marquer l’histoire du rock progressif.


Rédigé par Jean-Christophe le 02/02/2012
Commentaires

Très belle chronique pour un excellent album!!!!
Le 11/11/2013 par Ginbat86