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Serendipity
Seeds Of Mary - Serendipity
Titre : Serendipity
Groupe : Seeds Of Mary
Sortie : 2020
Label : Klonosphère
Format : CD
Genre : Alternatif
Achat : ici
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Titres

  • The Aheist
  • Rewind Me
  • Not Where I Belong
  • Bleed Me Dry
  • Reinventing You
  • Chameleonic
  • Gone Astray
  • Sanity Is Statistical
  • From The Void
  • Somewhere Between Me & Myself

Formation en 2013


A l’image de la pochette de son dernier album Serendipity, le groupe bordelais Seeds Of Mary est un caméléon. Sa musique, comme l’épiderme du lézard, possède la surprenante aptitude à changer de couleur. Rock, metal, alternatif, grunge, les compositions de Seeds Of Mary ratissent assez large.

Depuis 2011, le groupe a sorti trois albums et tourné avec Nashville Pussy, Bukowski, Klone et bien d’autres. Serendipity, le petit dernier, propose dix morceaux pour un peu plus de trois quarts d’heure agités.

Le quintet composé de guitares, basse et batterie ainsi que de deux voix, une criée, l’autre relativement rugueuse, joue des formats courts où le titre le plus long reste sous la barre des huit minutes. Ce n’est pas du prog, c’est du rock, du grunge, de l’alternatif, du metal, du stoner, de la bouillie bordelaise pour reprendre les mots du label. Serendipity est sombre, violent, râpeux, et plus rarement il cesse de gratter là où cela fait mal, donnant l’impression de soulagement alors qu’il ne s’agit que d’un court répit.

Serendipity débute de manière assez frontale par un hurlement et des riffs lourds. Après cette entrée en matière, une basse patte de velours lance un couplet nettement plus alternatif. Le refrain repart de plus belle, reprenant growl et gros riffs alors que la suite compose avec les deux modes, agrémentée de quelques variations; une éclaircie dans la tourmente, de la guitare mandoline et beaucoup de reverb dans le son.



‘Rewind Me’ possède une écriture moins torturée et plus rock. Un thème cinématique répond au refrain où les guitares montent en puissance quand les couplets redescendent d’un cran. Le titre est l’occasion d’un premier solo, de quelques débordements vocaux et d’enregistrements sonores vers la fin. Une atmosphère qui n’est pas sans me rappeler les premier albums du groupe grenoblois anasazi.

Le troisième morceau ‘Not Where I Belong’ épouse les formes du metal progressif. La structure couplet/refrain est ici déconstruite par l'adjonction de sections parlées et de pauses plus instrumentales. Le dernier passage parlé sur fond de musique orientale s’efface pour un ‘Hells Bells’ alternatif. Une fois que les cloches se sont tues, la batterie de ‘Bleed Me Dry’ claque sur la caisse claire et les guitares marchent sur les traces de ce tempo plutôt ska. La forme alternative revient, puis la lead guitare nous livre un nouveau solo avant de retourner à la messe.

Ensuite vient ‘Reinventing You’, une ballade post-rock électro acoustique doublée de mandoline et de longues notes pleines d’effets. Un titre lent, mélancolique, qui contraste beaucoup avec le reste, comme une respiration bienvenue dans cet album assez dense. En comparaison, ‘Chameleonic’ semble construit d’un seul bloc avant de proposer d’agréables variations et un magnifique final évanescent.

‘Gone Astray’ joue de beaucoup d’inventivité, panachant les genres, un peu stoner, un peu rock, un peu metal progressif. S’il fallait un single pour diffuser sur les ondes, ce serait le morceau le plus approprié. A contrario, la plus grunge des dix pièces de Serendipity, ‘Sanity Is Statistical’ avec son growl et sa guitare heavy, sème le trouble sur l’identité du groupe. Toujours est-il que ces trois minutes quarante-sept secondes pourraient presque me réconcilier avec ce genre apparu en plein avènement du néo-progressif.

Et ‘From The Void’ prouve, s’il en était encore besoin, que Seeds Of Mary s’apparente à un caméléon. Si le coeur du morceau bat au rythme du metal alternatif, les cent-cinquante premières secondes ne jouent pas dans la même cour d’école et le mélange fonctionne à merveille. Enfin, ‘Between Me & Myself’ revient à une écriture plus classique bien que relativement lente, presque doom.

Le principal reproche que je ferai à Serendipity est ce mélange musical composé de cuivre et de chaux qui, s’il traite efficacement le mildiou, possède une indéniable toxicité. La musique, à vouloir jouer du metal sur de l’alternatif, se retrouve débordée par un chant rugueux qui étouffe la croissance des cordes. Je vous recommande d’écouter l’album au casque ou bien en faisant exploser les décibels sur vos enceintes, sinon vous en perdrez l’essence.


Rédigé par Jean-Christophe le 08/12/2020
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