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Ausgeliefert 2014
Traumhaus - Ausgeliefert 2014
Titre : Ausgeliefert 2014
Groupe : Traumhaus
Sortie : 2014
Label : Progressive Promotion Records
Format : CD
Genre : Progressif

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Titres

    Formation en 1994


    Traumhaus est une formation allemande dont les débuts remontent aux années 90. Ce n’est qu’en 2001 que le groupe sort son premier album dont ce Ausgeliefert est en fait une réédition (2 bonus tracks ont été ajoutés). Depuis ce premier effort, les progueux nostalgiques ont déjà enrichi leur palmarès de 2 nouveaux disques, globalement bien accueillis par la critique.

    Il est bien loin ce temps où Can avait sorti son célèbre Tago Mago et quelque peu popularisé le krautrock (mélange de psychédélisme et de progressif propre aux groupes allemands). Et pour cause : depuis ces dernières années, aucune formation progressiste allemande n’a réellement réussi à s’imposer. Il faut bien l’avouer : le rock progressif allemand (et plus généralement sa musique contemporaine) reste mal connu du public français. Alors, quoi de plus intéressant pour le fan curieux que de se plonger dans une de ces petites formations qui jalonne la scène progressive allemande ?

    L’originalité de ce disque est d’autant plus grande que nos artistes d’outre-Rhin investissent les lignes vocales dans leur langue maternelle. Une spécificité qui peut généralement attirer comme rebuter, mais qui ici se présente comme une surprise à la fois appréciable et décevante. Appréciable d’un point de vue culturel, quand les paroles prononcées avec douceur détruisent vite le cliché d’une langue rude et agressive ; décevante d’un point de vue purement musical puisque la diction d’Alexander Weyland semble totalement dénuée de caractère. Ce qui est d’autant plus frustrant quand on compare avec les seuls titres (Das Neue et Ausgeliefert), qui eux bénéficient d’une diction pleine de personnalité enrichissant considérablement le plaisir d’écoute. L’erreur est regrettable quand on imagine quels avantages le groupe aurait pu tirer s’il avait exploité pleinement la langue allemande. A ces problèmes de diction s’ajoutent les faiblesses mélodiques du chant, qui paraissent invraisemblables à côté d’idées de qualité au niveau des instruments. On sent pourtant une bonne idée derrière ces interventions un peu plates : les mélopées se veulent originales et ne ressemblent à aucun “déjà-vu” mais ennuient à cause de leur trop grande complexité. A ce titre, certains morceaux globalement construits sur le refrain (comme Zu Spät et Wandler) ne parviennent pas à emporter l’auditeur, allant jusqu’à endormir comme pourrait le faire un mauvais chanteur à texte. C’est encore le morceau homonyme qui parvient à éviter ce défaut grâce à des lignes vocales délicieusement anxiogènes.

    C’est bien une frustration contenue car comme évoqué plus haut, les parties instrumentales fournissent, elles, matière à rêver. Elles jouissent d’une grande accessibilité sans toutefois négliger une certaine complexité. Traumhaus s’est essayé là dans de multiples styles qu’il parvient à faire briller. Evidemment, c’est un rock progressif symphonique qui occupe la majeure partie du disque. A grands coups d’accords et d’escapades synthétiques, Frank Woidich et Alexander Weyland s’inspirent avec brio de grands artistes des seventies, réussissant pourtant à créer dans chaque morceau quelques petites perles personnelles. Parallèlement, les claviéristes ne font pas que remettre en selle quelques vieilles idées mais innovent souvent avec des effets synthétiques propres au néo-progressif et donnent un parfum nouveau à la production.
    Traumhaus donne aussi à entendre de nombreux passages de métal progressif ; à chaque fois une réussite totale (comme dans Ausgeliefert). Le succulent Navonita offre aussi un exemple parfaitement maîtrisé et calculé de rock à la Kansas.

    Le grand nombre de morceaux instrumentaux prouve que le groupe a peut-être saisi la portée de cette force : ils occupent en effet la moitié de l’album.
    Le point d’orgue de cet album est en fait donné dès son début par le titre Ausgeliefert, une longue pièce de 17 mn. Déjà cité auparavant pour n’avoir pêché par aucun défaut de l’album (chant et diction), ce titre concentre au contraire tous les points positifs de Traumhaus. Les expérimentations rythmiques et sonores se mêlent ici à des ambiances planantes dans un ballet à la fois imposant par sa violence et sa douceur. Quant à son introduction avec piano et violon, elle reste sans conteste le moment le plus raffiné de l’album. La réédition de l’album offre 2 bonus tracks où l’on reconnaît 2 hommages : l’un à Dream Theater avec un solo de batterie à la manière de Finally Free et le second à King Crimson grâce à une de ces expérimentations qu’affectionnait Robert Fripp.

    Il reste finalement difficile d’être sévère avec cet album puisqu’il réunit de grandes fautes propres aux créations de jeunesse mais aussi de nombreux passages déjà matures et propices au rêve. Une chronique à propos de Ausgeliefert sera toujours approximative tant son ensemble repose sur la diversité.


    Rédigé par Luc le 11/08/2014
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