Neoprog.eu
Menu

Fact and fiction - definitive edition
Twelfth Night - Fact and fiction - definitive edition
Titre : Fact and fiction - definitive edition
Groupe : Twelfth Night
Sortie : 2018
Label : F2 Records
Format : CD
Genre : Néo-progressif
La chronique note de la chronique
Aucune évaluation

Titres

  • CD1 - We Are Sane
  • CD1 - Human Being
  • CD1 - This City
  • CD1 - World Without End
  • CD1 - Fact and Fiction
  • CD1 - The Poet Sniffs a Flower
  • CD1 - Creepshow
  • CD1 - Love Song
  • CD1 - Being Human
  • CD1 - Paradise Locked
  • CD1 - East of Eden
  • CD1 - Eleanor Rigby
  • CD 2 - We Are Sane
  • CD 2 - Human Being
  • CD 2 - This City
  • CD 2 - World Without End
  • CD 2 - Fact and Fiction
  • CD 2 - The Poet Sniffs a Flower
  • CD 2 - Creepshow
  • CD 2 - Love Song
  • CD 2 - Fact and Fiction
  • CD 2 - Constant [Fact and Fiction]
  • CD 2 - Fistful of Bubbles
  • CD 2 - Leader
  • CD 2 - Dancing in the Dream
  • CD 2 - Creepshow (closing section)
  • CD3 - DEAN BAKER - Electro Sane
  • CD3 - MARK SPENCER - We are sane
  • CD3 - PENDRAGON - Human Being
  • CD3 - TIM BOWNESS - This City
  • CD3 - COBURG - This City
  • CD3 - CLIVE NOLAN - World Without End
  • CD3 - GALAHAD - Fact and Fiction
  • CD3 - MARK SPENCER ft. LEE ABRAHAM - The Poet Sniffs a Flower
  • CD3 - TWELFTH NIGHT - Creepyshow
  • CD3 - ALAN REED & KIM SEVIOUR - Love Song
  • CD3 - AXE - Don’t Make Me Laugh
  • CD3 - EH! GEOFF MANN BAND - Fact and Fiction
  • CD3 - EH! GEOFF MANN BAND - Love Song

Formation en 1978

Geoff Mann [chanteur], Clive Mitten [bassiste], Brian Devoil [batteur], Andy Revell [guitariste]

La sortie l’édition définitive de Fact and Fiction est la dernière des rééditions lancées par Twelfth Night et plus particulièrement Brian Devoil, gardien du temple, en collaboration avec le label F2. La première a été faite en 2009 avec Smiling at grief et complétée par trois autres depuis. Twelfth Night fait partie, avec Marillion, Pendragon, Pallas et IQ des principaux groupes du mouvement dit neo-prog apparu au début des années 80. Malgré qu’il ait été le premier à sortir un album, il est sans doute le moins connu hors Angleterre, notamment pour des problèmes de distribution. En effet, si j’ai pu me procurer à l’époque des albums des quatre autres, impossible de trouver un album de Twelfth Night avant les compilations et rééditions des années 1990. Il n’est d’ailleurs toujours pas facile de trouver leurs albums en version physique par chez nous. Si le groupe a joué plus de 300 concerts dans les eighties, il en a joué un seul hors Angleterre. Il est cependant considéré par quelques spécialistes comme le plus original et créatif de la bande. En tout cas, c’est le plus atypique.

Comme Twelfth Night n’a jamais été chroniqué ici, je vais me permettre de faire un petit historique de ce qui s’est passé avant la sortie initiale de l’album en décembre 1982. Ayant vu Led Zeppelin à l'âge de 13 ans, Andy Revell rêve de faire partie d’un groupe de rock. Comme ses qualités vocales sont limitées, il opte pour la guitare et participe à un cover band. A son arrivée à l’université de Reading, il va faire connaissance de ses futurs compères. Tout d’abord le batteur Brian Devoil qui officie dans un groupe punk et avec lequel il monte un groupe en 1978 pour gagner un concours. Le bassiste Clive Mitten offre ses services et est intégré dans un trio. A l’occasion d’un concert à Reading, Geoff Mann, étudiant en arts plastiques, officie en tant que chanteur. Rick Battersby, qui a une formation de piano classique, rejoint le groupe en tant que claviériste. Le groupe répète pendant l’été chez les parents de Geoff. Cependant celui-ci décide de rester chez lui pour d’autres projets, peinture et duo musical intitulé God stars. Le quatuor continue sous forme instrumentale et commence à jouer régulièrement en live début 1980. A cette époque ils sortent une cassette démo avec deux titres studio. Un chanteur est toutefois recherché et l’américaine Electra McLeod est recrutée, mais après quelques concerts et enregistrements dont un single, la collaboration se termine rapidement. Le groupe part en tournée instrumentale au cours de laquelle ils enregistrent un vinyl intitulé Live at the target qui sort en février 1981, suivi d’une tournée avec God Stars en première partie sur certaines dates. Finalement Geoff Mann intègre le groupe et ils jouent au festival de Reading lors de l’été 81. Ils enregistrent alors un album démo intitulé Smiling at grief qui va servir de base au premier véritable album du groupe, Fact and Fiction. Mais dans quel studio l’enregistrer ? ‘Eleonor Rigby’ était une des reprises jouées en concert. Un producteur leur demanda de l’enregistrer pour un single. En échange ils pouvaient utiliser le studio lorsqu’il était libre. Répétant dans la journée chez Geoff Mann, le quatuor, sans Rick Battersby, enregistrait soit tôt le matin, soit tard le soir. Au départ, la balance entre morceaux directs et plus progressifs devaient être équilibrée, mais sentant une montée de l’intérêt pour le progressif, l’accent fut finalement mis sur celui-ci, et de ce fait le groupe a dû racheter les droits pour le sortir. Fact and Fiction est paru en décembre 1982. Pendant toute la durée de l’enregistrement, Marillion tournait et décrochait un contrat avec EMI.

Une nouvelle édition, sortie chez Cyclops en 2002, comprenait en plus de la version originale, les morceaux enregistrés mais non compris dans l’album ainsi que des démos.

Nous retrouvons bien évidemment ces “bonus” sur l’édition définitive qui nous concerne et qui comprend pas moins de trois CDs.
Outre ce copieux programme, le groupe a prévu de mettre à la disposition des acheteurs une heure de matériel complémentaire en téléchargement.

Le premier CD comprend l’édition originale agrémentée des deux titres sortis en single et un petit instrumental inédit. Le second comprend une version live de chaque titre de l’album original et les démos des titres non utilisés.
Le dernier CD comprend des reprises datant de différentes époques, certaines ayant été enregistrées spécialement pour cette édition.

Fact and Fiction est le seul des album studio de Twelfth Night sur lequel apparaît le chanteur charismatique Geoff Mann. Celui-ci vit véritablement ses textes de manière théatrale. Une des caractéristiques du groupe est l’indéniable énergie, que l’on pourrait qualifier de punk, qu’il déploie. Les anglais dégagent une agressivité et une colère qui se ressentent à l’écoute de leur musique. Le groupe est aussi souvent influencé par la new wave même si ce n’est pas sur cet album que celle-ci se fait le plus sentir. Les soli d’Andy Revell sont souvent très tranchants. Autre particularité, la basse six cordes de Clive Mitten - ce qui était rare à l’époque - occupe une place prépondérante dans les compositions et est souvent mise en avant. Les claviers sont un peu plus passe-partout. Quant aux textes ils abordent essentiellement, et de manière très personnelle, les dérives de la société et de la politique.

L’album original commence fort avec le meilleur titre ‘We are sane’, son intro a cappella, sa machine à écrire, ses riffs ravageurs, son refrain agressif et accrocheur, les soli énervés et énergiques d’Andy Revell, le chant habité de Geoff Mann et sa remarquable construction. ‘Human Being’ permet au duo Mitten-Revell de montrer tout leur savoir-faire​. ‘This city’ est plus atmosphérique sur fonds de notes de piano et d’arpèges. L’album comprend deux courts instrumentaux ‘World without end’ et ‘The poet sniffs a flower’. Le premier est anecdotique, le second plus typique des constructions instrumentales dont le groupe est capable.
‘Fact and fiction’ est plus direct avec des sonorités qui se rapprochent du new wave.
‘Creepshow’ est le troisième epic, le plus sombre et torturé. La basse de Clive Mitten y est énorme.
L’album étant plutôt sombre, le groupe avait demandé à Geoff Mann d’écrire un titre plus léger pour le final et c’est ainsi qu’est né, sur des accords de Clive Mitten, ‘Love Song’, chanson simple et humaniste qui deviendra un des hymnes du groupe.
Alors certes le son a vieilli mais les compositions sont tellement bonnes et l’interprétation si vivante que Fact and fiction reste un album remarquable.
En bonus, nous avons une version antérieure de ‘Human Being’ alias ‘Being Human’ beaucoup plus courte, rapide et new wave.
Le court instrumental inédit ‘Paradis locked’ devait à l’origine relier ‘Human being’ à ‘East of eden’.
Enfin nous sont présentés les deux titres du single, le péchu et accrocheur ‘East of eden’ et l’étonnante version new wave d’’Eleanor Rigby’.

Le second CD propose des versions live des huit titres originaux dans l’ordre plus une version de ‘Fact and fiction’ enregistrée lors du dernier concert donné par le groupe en décembre 2012 avec Mark Spencer au chant, et qui doit sortir en vidéo dans le courant de l’année sous le nom de A night to remember ainsi que cinq démos.
Quatre des morceaux viennent des deux concerts d’adieu de Geoff Mann en novembre 1983 que l’on retrouve sur Live and let live. Cependant deux d’entre eux sont issus de la seconde soirée et donc inédits. Ils permettent notamment d’entendre les introductions théatrales de Geoff Mann et de se rendre compte combien le groupe était bon sur scène. Le summum émotionnel est bien sûr la version de Love song qui clôturait le show.
‘Human Being’ est tirée d’un concert de 1984 avec Andy Sears au chant.
Les trois autres versions viennent de concerts de l’époque la plus récente après que le groupe ait repris vie en 2007. Elles montrent que les anglais savaient encore captiver leur public mais niveau chant, la comparaison avec Geoff Mann est difficile surtout lorsque c’est Mark Spencer qui officie au micro.
Viennent ensuite les démos. Trois de celles-ci ont été enregistrées avec une programmation, ce qui leur donne un aspect très synthétique. ‘Constant’ (‘Fact and fiction’) n’a rien à voir avec le titre entre parenthèse. C’est ‘Leader’ qui deviendra ‘Fact and fiction’. ‘Dancing in the dream’ est assez déroutant. ‘Fistful of bubbles’ enregistré avec de vrais instruments sonne plus comme les titres de l’album mais propose un étonnant rythme dansant sur le refrain. Encore une fois, la version démo de ‘Creepshow’ (‘After the bomb drops’) est beaucoup plus courte que celle que l’on retrouvera sur l’album . Elle contient aussi en partie des paroles différentes.

Le dernier CD propose des reprises de toutes époques de 1983 à 2018. Certaines ont été enregistrées spécialement pour cette édition. D’autres offertes en avant-première comme celles de Mark Spencer. Il faut d’ailleurs noter une forte présence des membres de Galahad. Il faut dire que Mark Spencer, Dean Baker et Roy Keyworth ont participé au revival du Twelfth Night après 2007 et le groupe reprenait régulièrement des titres de ‘Fact and Fiction’ lors de leurs premiers concerts. Malheureusement, il n’existe aucun enregistrement de ceux-ci.
Le CD commence par un étonnant et court titre ‘Electro sane’ signé Dean Baker.
Mark Spencer qui compte proposer sa propre version de l’album a offert deux titres en avance, ‘We are Sane’ qui n’a pas la folie de l’original mais le travail aux synthés est superbe et une belle version de ‘The poets sniffs a flower’ enregistrée avec Lee Abraham.
L’excellente version de ‘Human Being’ par Pendragon, magnifiée par la guitare de Nick Barrett avait été enregistrée pour la compilation Mannerisms en l’honneur de Geoff Mann.
Suivent ensuite deux belles versions plutôt épurées de ‘This City’: une par Tim Bowness, et une par le nouveau groupe londonien Coburg auquel participent Dean Baker et Mark Spencer.
Clive Nolan nous offre ensuite une version très symphonique de ‘World without end’. Pour information il avait proposé une interprétation de ‘Love Song’ sur Mannerisms. Cette dernière avait été enregistrée avec Alan Reed que l’on retrouve ici en compagnie de Kim Seviour pour une autre version de la même chanson enregistrée initialement pour un disque contre le cancer.
La version de ‘Fact and fiction’ par Galahad est un peu aseptisée par rapport à l’originale.
‘Creepyshow’ est une version instrumentale créée par Twelfth Night en 2010.
‘Don’t make me laugh’ est une version synthé-pop de ‘Fact and fiction’ enregistrée en 1984 avec Axe au chant. Ce dernier a fait un court intérim après le départ de Geoff Mann.
Le CD se termine par deux versions live de ‘Fact and Fiction’ et ‘Love song’ jouées par le Eh ! Geoff Mann Band datant de mai 1992, soit quelques mois avant le décès du chanteur. Outre le côté émotionnel de ces versions, l’interprétation instrumentale est assez différente de Twelfth Night et apporte un éclairage nouveau à ces deux titres.

Outre la future version de Fact and Fiction par Mark Spencer, l’album a encore fait des petits récemment. Ainsi Clive Mitten a sorti sous le nom de The C: live collective, un album intitulé Age of insanity qui comprend une reprise de ‘We are sane’ et une autre de ‘This City’ chantée par James Mann, fils de Geoff. Ce dernier titre fait aussi l’objet d’un EP avec quatre versions différentes.

Geoff Mann a enregistré un titre studio complémentaire, l’exceptionnel ‘The collector’ qui n’avait été joué qu’en concert et qu’on ne retrouve que sur la compilation “Collector’s item” que je conseille fortement comme porte d’entrée à ceux qui ne connaissent pas le groupe et si possible la version de 1991 avec ‘Sequences’, autre chef-d’oeuvre du groupe.

twelfth night

Commentaires
Aucun commentaire
Le magazine papier
Magazine n°3 Magazine n°4
Prochains concerts
  • 28/09/2018 - Anathema - Le Splendid - Lille
  • 04/10/2018 - Leaves Eyes - Le Metronum - Toulouse
  • 05/10/2018 - Scarlean - Secret Place - Saint-Jean-de-Védas
  • 05/10/2018 - Out5ide - Chez Brigitte - Aspach le Haut
Prochaines sorties