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Am Ende der Welt
Weserbergland - Am Ende der Welt
Titre : Am Ende der Welt
Groupe : Weserbergland
Sortie : 2020
Label : Apollon Records
Format : CD
Genre : Krautrock

La chronique note de la chronique
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Titres

  • Am Ende der Welt - instrumental

Formation en 2014

Ketil Vestrum Einarsen [guitariste,clavier,flute,samples], Gaute Storsve [guitariste,bassiste], Jacob Holm-Lupo [guitariste,bassiste], Mattias Olsson [batteur,percussions]

Autant vous mettre dans le bain tout de suite, cette chronique est assez embarrassante pour votre serviteur. Je me suis en effet longuement interrogé avant d'écrire cette chronique. Avec Am Ende der Welt et son groupe Weserbergland, le norvégien Ketil Vestrum Einarsen revient donc avec un second album le 24 Avril prochain. Autant le premier album m'avait bien plu, autant celui-ci me laisse au mieux interloqué, déstabilisé, interrogatif, sonné, au pire assez indifférent. Alors pourquoi le chroniquer si c'est pour ne pas donner envie de l'écouter ? Parce que c'est le genre d'album improbable qui sort totalement d'une zone de confort, que tous les goûts sont dans la nature, et qu'il pourrait plaire à certains d'entre vous qui aimez le hors norme. Ici nous ne parlons même plus de rock progressif.

Am Ende der Welt, c'est une plage unique de quarante-quatre minutes que je découperais très arbitrairement en trois parties. Un morceau assez indescriptible en fait, qui pourrait se résumer au déroulement de deux trames musicales complètement autonomes et dissociées, en total décalage rythmique l'une de l'autre et qui provoquent une sorte de malaise persistant et grandissant. La première trame est très calme, tout en longs motifs electro retravaillés et étirés sur des sonorités, entre autres, de violon et de cymbalum. La seconde trame se compose de motifs plus graves et sourds dont la batterie électro basse est la composante principale. Il y a un côté très avant gardiste, répétitif, des motifs qui me font penser à Steve Reich, des violons assez interminables et une batterie électronique frénétique qui semble complètement hors contrôle.

Le malaise va grandissant dans les deux parties suivantes, annoncées chaque fois par un cymbalum solitaire. La platine batterie électro devient totalement folle, s'ensuivent grincements, froissements et crashes métalliques dans un chaos grandissant. Des trains s'encastrent les uns dans les autres dans des affrontements de métal effrayants, les wagons hurlent dans une agonie mortelle, des voitures humaines refusent de mourir au dessus des râles de saxophones.



Alors que le violon continue de planer au dessus de toute cette destruction comme le temps insensible qui avance implacablement, le tabassage revient en seconde partie avec les bois. Les gémissements reprennent, et c'est un véritable carnage auquel on assiste, jusqu'au maelström final qui voit les vents annoncer la mort collective de toutes ces voitures, trains et corps métalliques. Tout est lancé, ne peut plus s'arrêter, tout se mélange, s'entrechoque, coule à pic, se disloque dans un climax de plus en plus oppressant et hypnotique, alors que la batterie électronique, toujours complètement folle, est devenue totalement hystérique. La lutte et la destruction passées, ne restent que de solitaires grincements et crissements sur ces terres désolées jonchées de carcasses métallifères et de quelques machines qui éructent leurs râles saxophoniques dans une agonie solitaire, avant que le calme et le silence mortifères ne reprennent leurs droits.
La fin de ce long titre est à l'image de l'album: étrange, incompréhensible, déroutante. Oui, nous sommes vraiment allés au bout du monde. Quelle drôle d'expérience.

Avec ce nouvel album, ma toute première impression, et je garde celle-là après d'autres écoutes, est que Ketil et ses comparses se sont fait plaisir, dans une sorte de grande improvisation qui a beaucoup de mal à tenir dans la longueur et qui finit par lasser - et déranger - assez rapidement, car très très atypique. Une œuvre exigeante ? Je ne sais pas. En tout cas une chose est sûre, Am Ende der Welt est un morceau totalement singulier et inclassable, mélangeant électro angoissante et parfums contemporains. A réserver très probablement aux puristes de la musique avant-gardiste et contemporaine, même si ces deux adjectifs sont largement incomplets pour décrire la musique du flûtiste osloïte.

Vous voilà prévenu(e)s. La note donnée est bien sûr totalement subjective. Mais, allez, rien que pour la curiosité et le défi, essayez de l'écouter au moins une fois jusqu'au bout.


Rédigé par Laurent le 28/04/2020
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