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Tombs of the Blind Dead
Zoltan - Tombs of the Blind Dead
Titre : Tombs of the Blind Dead
Groupe : Zoltan
Sortie : 2014
Label : Rise Above Records
Format : CD
Genre : Progressif

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Titres

  • Tombs of the Blind Dead
  • Return of the Blind Dead
  • The Ghost Galleon
  • Night of the Seagulls

Formation en 2010


Zoltan

Grande-Bretagne (2010)

Genre : cyborg prog

Membres :
Andy Thompson : claviers
Matt Thompson : basse, claviers
Andrew Prestidge : batterie, claviers

Discographie :
First Stage Zoltan, Cineploit, 2012
Psychomania!, EP, Cineploit, 2013
Tombs of the Blind Dead, EP, Rise Above Records, 14 août 2014

A la réception de ce Tombs of the Blind Dead, j’avais hésité à le chroniquer, en partie du fait que c’est un EP et sans doute aussi parce que je n’étais pas prêt…
Et puis, comme il faut être en condition pour regarder un film d’horreur tard dans la nuit froide, j’ai appuyé à nouveau sur le bouton “lecture”, bien calé dans mon canapé, planqué sous une couverture.
Mais avant de parler de cet EP, parlons de cinéma et de ses fameux Zoltan.
Zoltan est un trio londonien passionné des salles obscures qui en est déjà à son troisième opus, mélangeant allègrement sur ses productions musique et extraits de films.
Fascinés par les œuvres de John Carpenter et autres productions cinématographiques de science-fiction ou d’horreur des années 70 et 80, les frères Thompson décident en 2010 de dépoussiérer les claviers analogiques d’Andy et de créer des pièces musicales sur la base de leurs visions 3D.
Après un premier LP, First Stage Zoltan, plutôt réussi dans un mélange alliant krautrock, musique expérimentale et électronique teintée d’influences jazzy, Zoltan publiait l’an dernier un EP, Psychomania!, composé par John Cameron (connu pour ses musiques de film et la version de son groupe Collective Consciousness Society du “Whole Lotta Love” de Led Zeppelin, version instrumentale qui fut longtemps le thème de l’émission Top of the Pops). Cet EP rendait donc à la fois hommage à la musique de Cameron et au film d’horreur culte de Don Sharp (1973).
Les compositions de Zoltan commençaient alors à intégrer des séquences bruitistes et des références progressives plus appuyées (dans un registre allant de Klaus Schulze et des premiers Tangerine Dream à Heldon)… jusqu’à ce Tombs of the Blind Dead…
Cette fois-ci, nos expérimentateurs se sont intéressés aux films de série Z du cinéaste espagnol Amando de Ossorio et singulièrement à sa tétralogie dite des Templiers (1971-1975) dont les quatre titres de l’EP sont homonymes.
Bon, on ne va pas faire un cours de cinéphilie savante, mais juste rappeler que les Templiers d’Ossorio sont des chevaliers sataniques du XIIIe siècle, buveurs de sang à la recherche de la vie éternelle, exécutés pour leur hérésie et la pratique de la magie noire, leurs yeux mangés par les corbeaux, et renaissant (si on peut dire) dans les années 70 au Portugal (merci la censure de Franco) pour terroriser les environs d’un monastère abandonné, etc. De quoi vous donner un avant-goût de la musique concoctée par Zoltan (dont on rappellera que le nom vient peut-être de celui du chien de Dracula) pour illustrer ces horreurs !
Cyborg prog, c’est ainsi que les Zoltan définissent eux-mêmes leur musique. Eh bien, pour faire référence à une série très en vogue, je définirais plutôt leur assemblage bizarroïde comme du Walking Dead Prog…
La mutation de Zoltan semble atteindre son acmé, tel un arachnide mortel et effrayant… Fini l’assimilation des références et les gentilles expérimentations. On sent, dès “Tombs of the Blind Dead”, que l’on est dans la musique de films, mélangée avec de la composition répétitive et expérimentale. Les bruitages s’enchaînent sur une rythmique plombante et des claviers lourds pour finir sur des cloches lugubres. Effrayant !
“Return of the Blind Dead” est du même tonneau, celui dont on fait les cercueils : le bois est massif, les poignées finement ciselées, l’intérieur lugubrement capitonné. L’auditeur se trouve comme happé et hypnotisé par la lancinante noirceur de la mélopée.
Le flot de “The Ghost Galleon” nous ramène vers des rivages familiers, ceux du Pink Floyd du live à Pompéi : le morceau le plus clairement progressif de l’ensemble, où la complémentarité de la section rythmique rappelle à l’évidence la grande période du duo Mason/Waters. La basse claquante, ronflante et quasi robotique de Matt Thompson est mise en avant par le jeu de batterie coulé aux influences jazzy évidentes et la finesse technique et sensitive d’Andrew Prestidge. Même les claviers s’y mettent par moments, idem avec les cris de mouettes et les bizarreries ondulatoires avant que le final ne vous rejette sur la plage avec cette basse ronflante, puissante, alarmante : une pure merveille dans ce marécage d’émotions. Rien que pour cette pièce, l’album est une réussite avec ses différentes structures rappelées en coda : une merveille !
Et “Night of the Seagulls” de revenir à l’ambiance des deux premiers morceaux : stressante, pesante, angoissante…
Les opus de Zoltan (TBD le sera bientôt) sont sur Bandcamp, alors pourquoi se priver de les écouter en se passant les images d’un bon vieux film d’horreur, à moins que ce ne soit tout simplement pour certain(e)s en imaginant le visage terrifiant et énucléé de votre belle-mère…
En attendant, pour vous faire imaginer l’ambiance, vous pouvez toujours regarder le trailer du premier film de la tétralogie qui inspire cet EP (ci-dessous), histoire de vous glacer le sang et de vous entrechoquer les os…
Vous l’aurez compris, si vous n’êtes pas curieux, si vous n’aimez pas les films d’épouvante, la musique sérielle, l’absence de guitares et de chant, les compositions étranges, ce Tombs of the Blind Dead n’est pas pour vous.
Dans le cas contraire, adeptes du côté obscurs de la Force, vous y verrez comme moi la beauté morbide d’une œuvre désincarnée mais solide, la preuve par l’abjecte froideur de la réflexion intellectuelle que la musique contemporaine n’est pas qu’un ramassis de cadavres, aussi exquis soient-ils… Non, Zoltan ne choisit pas le chemin le plus simple en nous servant un plat d’une hallucinante véracité, à l’image, peut-être, de notre monde, si désespérément et cruellement beau. Amen !


Rédigé par Henri le 14/08/2014
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