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Bereavement
Jupiter Hollow - Bereavement
Titre : Bereavement
Groupe : Jupiter Hollow
Sortie : 2020
Label : autoproduction
Format : CD
Genre : Metal progressif

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Titres

  • L’Eau du Papineau
  • Scarden Valley
  • The Rosedale
  • Kipling Forest
  • The Mill
  • Mandating our Perception
  • Sawbreaker
  • Extensive Knowledge
  • Solar Gift

Formation en 2016

Grant MacKenzie [guitariste,bassiste,clavier], Kenny Parry [chanteur,clavier,batteur,pianiste]

Aujourd’hui vous allez découvrir, si ce n’est pas déjà fait, un duo canadien de metal progressif, encore que ce que vous allez entendre risque quelque peu de vous dérouter si vous espériez un nouvel héritier de Dream Theater.

Jupiter Hollow pourrait être considéré comme la troisième génération du metal prog, après les pionniers du genre comme Psychotic Waltz puis Leprous, Haken et consorts, leurs héritiers spirituels. La troisième génération, faisant fi des codes, revient vers un rock décomplexé à la Scarsick, une forte personnalité, et l’abandon de la voix castratrice pour quelque chose de nettement plus organique.

Jupiter Hollow

Il est possible de regrouper les neufs titres dispersés dans l’album en plusieurs catégories distinctes :

Il y a les pièces expérimentales atypiques comme le premier morceau, ‘L’Eau du Papineau’ qui n’annonce clairement pas la couleur de l’album. On se croirait à la fin des sixties autour d’un feu d’herbes aromatiques. Nous nageons en plein psychédélisme. Il y a également ‘Extensive Knowledge‘ dont les premières notes rappellent le guitariste virtuose Plini. Mais très rapidement on ne sait plus sur quel pied danser. Le titre a du mal à trouver sa place dans cet album très électrique. Pourtant, pris à part, il s’agit d’un petit bijou jazzy gypsy qui sublime guitare et voix. Sans parler de ‘Scarden Valley’, d’abord piano et chant qui construit une quasi ballade floydienne légèrement déstabilisante par une quantité de petits détails: la guitare qui s'emballe, le piano qui dérape, le chant qui vire presque au growl, sans parler de son final space rock.



Il y a les titres marqués par l’influence de Pain of Salvation : ‘The Rosedale’ vous rappellera certainement Daniel et son metal progressif atypique période Scarsick. Même si ça a déjà été fait avant, ça n’en reste pas moins fabuleux, d’autant que la performance vocale de Kenny est éblouissante. De même, The Mill’ possède des accents très rock en reprenant des vocalises à la Gildenlöw et une construction qui pourrait en faire un tube, à condition qu’il soit un jour programmé sur les ondes bien entendu.

Et puis il y a les deux grands formats. D’abord ‘Sawbreaker’ qui revient aux contrastes growl/chant clair, alternatif/djent avec des intonations orientales. Une pièce de neuf minutes où guitares, claviers et batterie rivalisent de virtuosité lorsque la voix s’efface. Un morceau qui se situe à la frontière entre Porcupine Tree et Pain of Salvation et qui ne peut laisser indifférent. Et ‘Solar Gift’ qui conclut l’album avec plus de douze minutes principalement instrumentales encadrées d’un joli thème de guitare, un titre qui explore tellement de genres qu’il faudrait lui consacrer une chronique entière pour le décrire.

Restent deux pièces solitaires​ : ‘Kipling Forest’ qui durcit le ton. Cette fois djent et growl sont de la partie avec quelques accalmies. Le titre polymorphe explore en six minutes une multitude d’atmosphères metal sans que l’on sente les transitions. Une fois encore, le morceau se révèle extrêmement déstabilisant et génial, mais il faut s’accrocher. Et enfin ‘Mandating our Perception’ propose la parenthèse instrumentale de l’album, deux minutes cinématiques aux claviers s’achevant sur des voix.

Nous retrouvons de nombreuses références dans Bereavement : Tesseract, Pain of Salvation, Porcupine Tree, Pink Floyd, Tool, Perfect Circle, et sans doute d’autres qui m’ont échappé. Cela n’enlève en rien la grande originalité de cet album et son caractère très affirmé. La musique du duo part dans toutes les directions et cela rend d’autant plus intéressant leur travail.


Rédigé par Jean-Christophe le 22/05/2020
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