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Great Barrier
Selfless Orchestra - Great  Barrier
Titre : Great Barrier
Groupe : Selfless Orchestra
Sortie : 2020
Label : Stock Records
Format : CD
Genre : Post-rock
Achat : ici
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Titres

  • Boundless, Measureless - instrumental
  • Time is a Flower Part I (The Dream Refused to Stay the Same) - instrumental
  • Time is a Flower Part II (Colourful Notes of Nocturne) - instrumental
  • The Luxury of Doing Nothing Very Much At All - instrumental
  • False Bodies Part I (Innocence) - instrumental
  • False Bodies Part II (Ignorance) - instrumental
  • Inharmonicity - instrumental
  • Bleached - instrumental
  • A Certain Energy Future - instrumental
  • Beyond All Illusion Part I (Fuck Adani) - instrumental
  • Beyond All Illusion Part II (Flowing Streams of Blood and Tears) - instrumental
  • Whalesong - instrumental
  • Eden is Lost - instrumental

Formation en 2019


Une fois le rock changé en post et le classique en néo, ils se marièrent et donnèrent naissance à une mélopée électro acoustique des plus troublante. Des musiciens de post-rock accompagnés de membres du groupe Karnivool allèrent à la rencontre de l’Orchestre Symphonique de Perth, créant en 2018 le Selfless Orchestra, un collectif néo-classique post-rock tout à la cause écologique.

Selfless Orchestra

Flûtes, violons et piano rencontrent des percussions et des guitares électriques le temps d’un Great Barrier, afin de sensibiliser et responsabiliser les australiens à la préservation de la grande barrière de corail. Les baleines répondent aux voix humaines, les guitares parlent aux violons et le post-rock traditionnel s’enrichit de sonorités et de nuances fascinantes.

Treize pièces instrumentales nous plongent dans les eaux limpides et chaudes de la grande barrière, de Bundaberg dans le Queensland en Australie jusqu'à Somerset, deux-mille-cinq-cents kilomètres plus au nord, de une minute (‘Inharmonicity’) jusqu'à dix (‘Eden Is Lost’) pour une heure de voyage.

Si la grande barrière compte dix-huit millions d’années, elle pourrait disparaître en quelques décennies, victime de la pêche intensive, du tourisme de masse, de la pollution et du réchauffement climatique. Great Barrier a été composé pour être joué en live, afin de nous alerter sur ce désastre annoncé, mais en plus d’être un acte militant, il s’agit d’une oeuvre symphonique à part. Outre le post-rock et les instruments classiques, des enregistrements, des chants de baleines et des voix féminines viennent enrichir les compositions et poser une ambiance.

‘Time is a Flower’ raconte en deux parties la beauté de la grande barrière de corail sur un post-rock rythmé, hanté par un chant de sirène et où des violons construisent une mélodie indépendante du reste. Ces violons ne recherchent pas la note parfaite, harmonique. Ils se rapprochent plus du jeu fougueux tzigane, au son parfois presque abrasif.

Dans ‘False Bodies’, le Selfless Orchestra décrit l’homme interagissant avec la nature. Des relations complexes, souvent accompagnées de destructions au nom de science et du progrès. Également en deux parties, le titre annonce le déclin de la barrière de corail à la manière d’un Beethoven au piano rejoint par des percussions, des flûtes, des violons puis la formation électrique à mi-parcours. La seconde partie (l’ignorance après l’innocence) se dévoile, sombre et torturée, martelée de basse et batterie, prête à exploser sur une guitare électrique et une voix à la ‘The Great Gig In The Sky’ de Pink Floyd.

Les coraux se meurent en silence, lentement dans un ‘Bleached’ mélancolique au son du piano et des violons rejoints par la guitare sur la fin. La colère explose alors avec ‘Beyond All Illusion’ toujours en deux parties (‘Fuck Adam’ et ‘Flowing Streams of Blood and Tears’). Le rythme est effréné, le son torturé, et une fois la haine épuisée reste un profond désespoir fait de notes de guitares, de flûtes et de violons (des ruisseaux de sang et de larmes).



‘Eden is Lost’, la pièce de dix minutes composée en 2019, laisse poindre un espoir : le corail ne disparaît pas partout. D’abord douce à la guitare, la pièce s’enrichit d’instruments et monte en puissance jusqu’à culminer à la septième minute avec la même voix que dans la seconde partie de ‘False Bodies’.

Entre ces parties principales se glissent des interludes : ‘Boundless, Measureless’, une pièce longue et sous-marine où les violons répondent aux cétacés, submergés par l’orchestre qui s’accorde, à la manière du récital classique; ‘The Luxury of Doing Nothing Very Much At All’ est un spot vantant les merveilles de la grande barrière de corail; ‘Inharmonicity’ joue sur les harmoniques des chants de baleines; ‘A Certain Energy Future’ se construit avec des voix pleines d’échos sur quelques notes de basse et chants de cétacés et enfin dans ‘Whalesong’ les chants de baleines et synthétiseurs écrivent une​ étonnante chanson.

Outre l’aspect militantisme écologique que je ne peux que saluer et encourager, Selfless Orchestra propose un album hors du commun, inclassable par bien des aspects, parfois d’une grande harmonie, parfois violent et irritant. Il ne pourra laisser personne indifférent. Ecoutez-le et réécoutez le, il vous apprivoisera.


Rédigé par Jean-Christophe le 19/11/2020
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