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Interview de Nick Gardel le 21/12/2014
Nick Gardel, écrivain colmarien, vient de sortir, Musical Box, un roman noir qui nous plonge non sans humour dans le monde de la musique et qui fait référence sans cesse au rock progressif.



Neoprog : Bonjour Nick, merci de nous accorder cette interview.

Nick : De rien, c'est toujours un plaisir.

Nick

Neoprog : Ton dernier roman, Musical Box, n’est pas ton premier essai, loin de là, vis-tu de cette activité ou bien est-ce une passion dévorante ?

Nick : J'ai toujours un peu de mal avec le mot passion que je trouve très galvaudé. Je ne vis pas de l'écriture, elle fait partie totalement de ma vie, simplement. Je suis toujours en train d'écrire ou de corriger un écrit, c'est en continu.

Neoprog : L’écriture de Musical Box, cela représente combien de temps, et la promotion et tout ce qui va avec, salons, interviews, etc, qu’est-ce qui est le plus long ?

Nick : Habituellement, je mets un an à écrire et corriger une histoire. Mais Musical Box a pris un peu plus de temps. En fait, le temps de création a été doublé cette fois. D'une part parce que j'ai écrit entre-temps un autre roman, plus rapide et plus nerveux et, d'autre part, parce que j'avais une véritable exigence pour ce roman-ci. C'est en fait deux romans en un seul.

Neoprog : Sans tout révéler, Musical Box est un polar, qui parle du monde de la musique, qui fait de nombreuses références au rock progressif. Comment te situes-tu par rapport à ce monde, musicien, amateur, curieux ?

Nick : Le rock progressif est ma première musique "de maturité". Cette musique que l'on choisit, au delà des influences parentales. Les premiers disques que j'ai achetés étaient déjà du progressif (L'Apocalypse des animaux de Vangelis et The Wall de Pink Floyd). J'ai eu une période de ma vie d'achat quasi compulsif de CD et je restais à 80% dans le style. J'ai aussi travaillé comme bénévole chez MUSEA. En clair, amateur et curieux sont deux adjectifs qui me vont bien. Mais les "passions" perdent parfois du terrain et je ne suis plus aussi monomaniaque.

Neoprog : Tu égratignes quelque peu le monde du rock, du musicien au producteur en passant par les fans. Tu avais des comptes à régler avec le milieu ou tu voulais juste amuser la galerie ?

Nick : Amuser et mettre en lumière. Le producteur de mon roman est un reflet de Jonathan King (dont il garde le nom) qui était le premier producteur de Genesis et qui a voulu tirer le maximum de ce groupe pépite en se fourvoyant complètement. Pour ce qui est des fans, j'ai pris de l'âge et il faut bien se rendre compte qu'un fan a avant tout un comportement adolescent. Je l'ai été et le suis encore parfois. J'ai un long paragraphe assez critique sur les fans pour expliquer ma vision. C'est à la fois très dur car certains fans sont très irritants dans leur comportement mais plein d'une certaine tendresse. On en revient à ta première question, le fan galvaude souvent le sens du mot passion et se perd dans les détails ou les raccourcis. Cela fait des personnages intéressants. Il n'y a qu'à voir les chapelles qui se créent autour de l'évolution d'un groupe. Comment réconcilier un fan du Genesis-Gabriel avec un Collins-addict ? Comment les Fishophiles et les Hoggartiens peuvent-ils dialoguer ? etc...

Nick

Neoprog : Ton roman fourmille de portraits assez croustillants, les deux flics qui font un peu Dupond et Dupont en plus malins, la veuve pas si éplorée, un SDF amateur de station de métro désaffectée, un batteur sympa et d’autres, d’où viennent ces personnages ? De ton imaginaire, de rencontres, un peu des deux, parce que si c’est de rencontres, il ne faut pas que l’on se croise (rires) ?

Nick : C'est très bateau à dire, mais chaque personnage a sa vie propre. Mes policiers sont en couple pour la bonne et simple raison qu'ils peuvent alors dialoguer entre eux (j'ai particulièrement soigné les dialogues de ces deux-là), Ils me permettaient aussi de glisser un tiroir dans la narration que les fans de Yes seraient à même d'ouvrir. Esteban, mon SDF, était un personnage secondaire à l'origine, mais il était tellement attachant qu'il est devenu le fil rouge de cette aventure. Ça tient à peu de chose parfois...

Neoprog : Qu’est-ce qui t’a conduit à ce roman, et à intégrer à chaque chapitre des paroles tirées du rock progressif ? Ce n’est pas le répertoire musical le plus répandu dans la population, tu n’avais pas peur de t'aliéner tout un lectorat potentiel en faisant ce choix ?

Nick : Musical box est la deuxième aventure de Peter Raven. La première, Nevermore, était presque dénuée de musique dans l'intrigue, mais je tenais à introduire chaque chapitre par une citation en rapport avec ce qui allait se passer. Pour Musical box, j'ai gardé ce tic, même si les citations sont plus axées sur le groupe lui-même que sur le propos de l'extrait cité. Dans le roman je ne voulais exclure personne. Ça reste un polar de facture assez classique au final. Seulement, j'ai écrit un second roman en arrière-plan pour les fans de progressif. Beaucoup de mes lecteurs ne connaissent pas cette musique, ils ne seront pas perdus et suivront juste les péripéties. Les autres passeront leur lecture à déverrouiller des tiroirs. SI on prend l'exemple du producteur, Jonathan Leroy, qui s'énerve et devient cramoisi. Un lecteur lambda passe sur cela comme si de rien n'était. Un fan de prog va trouver le parallèle avec Leroy cramoisi ou Le roi cramoisi ou King Crimson... Groupe qui est cité dans l'incipit du chapitre justement... Il en va de même tout au long du roman.

Nick

Neoprog : Prochain projet, une anthologie du rock progressif (rires) ? Non sérieusement, as-tu déjà un nouveau livre en route ?

Nick : Je l'ai dit, je suis toujours en train d'écrire. J'ai commencé le prochain roman, mais il m'est encore impossible d'en parler. Il sera sans doute dans le ton de "Fourbi Etourdi", le livre un peu barré que j'avais écrit entre Nevermore et Musical Box.

Neoprog : Te croiserons-nous à des concerts dans la région, à des festivals ? Quel est ton planning 2015 ? Et pour finir un album préféré en 2014 ?

Nick : Je n'ai pas de planning de concert pour l'instant, si ce n'est aller faire un tour à Prog en Beauce pour la prochaine édition. Pour ce qui est de l'année 2014, je dois dire que j'écoute beaucoup "Second Nature" de Flying Colors. J'avais peu apprécié le premier album, mais celui-ci me ravit.

Neoprog : Oui effectivement, Second Nature est une belle progression musicale pour ce super groupe, j'adore également.
Merci pour ton temps et tes réponses, Nick, nous rappelons que ton livre, Musical Box peut être commandé ici : http://nickgardel.e-monsite.com/boutique/

Rédigé par Neoprog le 21/12/2014

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