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Live report du 09/02/2020 - Leprous à Strasbourg
Pour des raisons professionnelles, je n’aurais jamais dû assister au concert de Leprous le 9 février à la Laiterie. Mais grâce à la tempête Ciara et ses rafales à cent-vingt kilomètres par heure, mon déplacement suisse initialement programmé lundi fut annulé, et ma soirée libérée. C’est donc en spectateur pour une fois et non comme photographe accrédité que je me rendis au concert ce soir-là.

Leprous

Au programme, trois formations, deux norvégiennes et une française : Maraton, un jeune groupe de metal progressif inconnu à ce jour, Klone, que je voyais pour la deuxième fois en quelques mois et Leprous que je n’avais pas revu depuis le désastreux concert à la Laiterie Club en 2016.

Les portes ouvrent à dix-huit heures, et trente minutes plus tard Maraton monte sur scène. Ce n’est pas l’affluence des grands soirs mais la grande salle de la Laiterie est tout de même bien remplie, gradins compris, même si l’on peut encore bouger pour aller boire une bière. Dans la foule, quelques personnes connaissent Maraton, un groupe qui se revendique de Leprous et de Muse et qui, à ce jour, n’a composé qu’un seul album. Le son est beaucoup trop fort et la balance des​ norvégiens a été réalisée à l’arrache. La basse fait du Rømmegrøt (bouillie norvégienne composée de crème, farine, sucre et cannelle) et la batterie explose les tympans. Bouchons ou pas, c’est l’enfer, même près de la console. Sonorisez une salle en restant toujours à la limite de cent décibels réglementaires et vous obtiendrez une génération d’amateurs de rock totalement sourds. J’ai du mal à vous dire si j’ai aimé leur prestation tant le son était brouillon, mais le moins que l’on puisse dire c’est que le chanteur savait bouger et haranguer le public.

Klone

Juste après, Klone prenait la relève. Je les avais vus fin octobre dans la même salle pour un set quasi équivalent. Mais voilà, c’est toujours aussi bon, on ne s’en lasse pas. Et par chance, leur balance est nettement plus soignée. Sur le grand écran, le soleil spiralé de nuages rougeoit pour annoncer le début du Grand Voyage. Le groupe joue un peu de Black Days, de Here Comes The Sun et de leur nouvel album, un concert similaire à celui d’octobre mais avec plus de présence scénique, plus d’assurance. Le groupe a bien repris ses marques en électrique après deux années le postérieur vissé sur des tabourets. Le public, pas forcément connaisseur, apprécie vraiment cette seconde partie de la soirée. Chris, d’Arpegia, qui avait fait le voyage pour écouter Leprous malgré la tempête, et qui venait me donner des flyers pour leur trois concerts Chez Paulette (notez les dates au passage : Pendragon le 12 mars, IQ le 25 mai, Lazuli le 31 octobre), à priori dubitatif quant à la musique de Klone, est sorti de là médusé: “C’était trop court”, oui bien trop court en effet.

Leprous

La soirée s’achève avec Leprous, qui par le passé m’a bien souvent déçu en live. Ils arrivent vers vingt heures trente, et dès les premières notes, je sais au fond de moi que ça va être fantastique cette fois. Einar est au top vocalement et il ne se cache pas derrière ses claviers, arpentant la scène, endossant enfin le costume de frontman. Le groupe est accompagné d’un violoncelliste hirsute en comparaison du look BCBG des musiciens (mocassins, pantalon, veste, chemise, cravate). Il remplace agréablement les synthés sur certains titres et ses cordes vibrent tout au long de la soirée. Comble de bonheur, les norvégiens ne se limitent pas à jouer leurs derniers tubes, proposant des extraits de plusieurs anciens albums. Show de lumières, fragilité, puissance, émotion, Leprous nous convie à un feu d’artifice pendant deux heures. Ils commencent par deux titres de Pitfalls puis remontent le temps avec Malina, reviennent à Pitfalls plusieurs fois, s’essayent à une reprise où Tor Oddmund nous offre un solo à l’ancienne, plongent vers Coal et finissent en beauté par l’étonnant ‘The Sky Is Red’.

Einar se livre à une performance vocale éblouissante en plus d’occuper l’espace et de plaisanter avec le public, nous demandant si nous préférons l’écouter parler ou chanter (vous connaissez la réponse ?), pestant contre un synthé récalcitrant avec beaucoup d’humour, bref il fait le spectacle. Le violoncelliste relégué au fond de la scène, sans doute à cause de sa coupe de cheveux et sa barbe non réglementaires, vient à plusieurs reprises lui voler la vedette sur le devant de la scène et exécute même une symphonie en solitaire à base de loops pas forcément du meilleur effet je l’avoue (le ventre mou du concert). Le jeu technique de Baard - qui oublie vite sa chemise - est juste éblouissant, une machine rythmique en dentelles qui fait râler mon ami Didier, le batteur de Lest (grand jaloux va !). Le concert est également un spectacle visuel avec des jeux d’éclairages et des clips projetés sur l’écran géant au dessus du groupe. Le son est toujours fort, trop fort, mais les basses sont plus proches des infras et c’est supportable, j’ai pu écouter Leprous sans bouchons et profiter pleinement de la musique.

Bref, je me suis pris une très grosse claque, bravo ! Par contre le lendemain au travail, ce fut d’abord de l’Ubiprophène 400 puis du Zomigoro pour soulager la tête proche de l’explosion, merci les décibels...

Set list :
Below (Pitfalls), I Lose Hope (Pitfalls), Illuminate (Malina), From the Flame (Malina), Observe the Train (Pitfalls), Alleviate (Pitfalls), The Cloak (Coal), Angel (Massive Attack cover), The Price (The Congregation), Stuck (Malina), At the Bottom (Pitfalls), Distant Bells (Pitfalls), Bonneville (Malina), The Sky Is Red (Pitfalls)

Rédigé par : Jean-Christophe

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