Indice Kp

Image

Le samedi 11 mai 2024 vers 1h locale, l’indice Kp atteignait sa valeur maximale théorique à savoir 9.0. Le soir même, grace au médias, les routes des Vosges, les parkings situés en altitude connurent une affluence record pour un jour sans neige.

Coïncidence du calendrier, c’est ce même soir qu’avait choisi la SAFGA pour monter au Champ du Feu pour sa rencontre astronomique annuelle. Pour la première fois, la nouvelle équipe de chauffeurs sortait le télescope de 600 mm de son garage pour une nuit d’observation.

Au volant du 25 m3 de 3.5 tonnes je n’en menait pas large sur les routes tortueuses et étroites conduisant aux sommets vosgiens. Les ruelles des villages, les ralentisseurs, les chicanes, les tracteurs et quelques mauvais choix d’itinéraire transformèrent une heure de route en une épopée épique.

A notre arrivée, de nombreux instruments astronomiques se dressaient sur le parking, déjà pointés vers un soleil radieux particulièrement en forme. De nombreux bados s’étaient également confortablement installées près des astronomes amateurs avec leur picnic, assis sur des chaises pliantes pointées vers le Nord.

Une fois la camionnette stationnée sur le parking déjà bien rempli et le six cent sorti et assemblé, les choses sérieuses purent débuter : l’apéritif organisé par l’association…

Le temps de boire une bière agrémentée de quelques cacahuètes (il est dit que les arachides sont des protéines incomplètes parfaitement équilibrée par la présence du houblon), la nuit tombait et commençait alors un étrange spectacle.

Des centaines de voitures, tout feux allumés, musique à fond, arrivaient par grappes, tentant de trouver une place de stationnement sur un parking bondé. Cela donnait une impression de fête foraine ou de bord de plage en plein été avec tous ces gens absolument pas équipés pour une nuit d’observation débarquant dans notre havre astronomique.

La route se transforma vite en parking improvisé et le parking en voie de délestage. Les curieux commencèrent, telle une marée humaine à nous envahir et poser des questions : vous avez vu une aurore, dans quelle direction faut-il regarder, ça commence à quelle heure, c’est quoi une aurore exactement, vous faites quoi avec vos appareils ? Bref un chaos bon enfant mais guère propice à l’observation du ciel.

Malgré un indice Kp de 8.4, nous n’avons vu que de timides draperies presque incolores dans le ciel. De guerre lasse, les touristes auroristes désabusés sont redescendus vers minuit rêver d’ours polaires en extinction et de banquise fondue.

Nous, nous avons pu débuter les observations plus sereinement : la lune, la galaxie du tourbillon, le sombrero, la comète Tsushichan-ATLAS, l’aiguille et plein d’autres objets magnifiques dans l’oculaire d’un télescope exceptionnel.

Nous n’étions plus qu’une poignée vers quatre heure du matin quand sagement nous avons décidé de remballer le matériel. Le soleil se levait juste lorsque nous sommes rentrés à Strasbourg après avoir rangé l’obsmobile dans son hangar. Après je ne sais plus. J’ai dû m’endormir heureux. L’indice Kp n’était plus que de 1.67 lorsque je me suis réveillé.

Wheel – Charismatic Leaders

Image

J’ai découvert le groupe Wheel en 2021 encore une fois grâce à Stéphane avec l’album Resident Human qui n’a pas eu droit à une chronique dans ces colonnes. Un trio autrefois quatuor venu d’Helsinki qui sort avec Charismatic Leaders son troisième album en plus de trois EPs depuis 2017.

Il n’y a pas très longtemps je m’étais offert justement Rumination, un EP trois titres sorti en 2022 d’un peu moins d’un quart d’heure qui me semblait trop bref pour en faire une chronique malgré de très bons morceaux comme le fabuleux ‘Blood Drinker’.

Je me suis réservé pour leur album en devenir Charismatic Leaders qui vient justement de sortir chez Inside Out. Il s’agit d’un disque d’un peu plus de trois quart d’heure pour sept morceaux dont trois frisent ou dépassent les dix minutes.

Wheel a été clairement marqué par l’influence de Tool (écoutez ‘Submission’), une sorte de metal progressif alternatif pas forcément très typé mais qui s’écoute admirablement bien. Ils possèdent également un je ne sais quoi de Soen dans leur manière d’aborder le metal progressif même si un titre comme ‘Porcelain’ nous ramène clairement plus vers le grunge.

La section rythmique est au cœur des compositions de Charismatic Leaders, souvent à la frontière du djent, avec un basse très présente (même s’ils n’ont plus de bassiste) et un chant relativement neutre mais nettement plus agressif, à la limite du growl parfois.

Il faut dire que dans Charismatic Leaders, le groupe s’attaque aux politiciens avides de pouvoir qui gouvernent notre planète, un vaste sujet qui peut fâcher.

Au milieu des ses sept pistes, ‘Disciple’ fait bande à part. Il s’ouvre sur quelques notes de violoncelle, s’appuie sur un duo basse guitare très rythmique et débride un chant resté jusqu’à présent très contrôlé.

Il est suivi par l’unique et très court instrumental andalou ‘Caught in the Afterglow’ qui lance le titre final de plus de dix minutes, le magnifique ‘The Freeze’. Un morceau à deux vitesses, d’abord lent et récitatif qui dans sa seconde moitié libère toute l’énergie retenue dans les cinq premières minutes. Nous y retrouvons une des trop rares sections instrumentales de cet album très chanté où guitare, basse et batterie s’affrontent une poignée de secondes.

Même si Charismatic Leaders n’est pas le genre d’album écrit sous la forme d’une sinusoïde mais plutôt de manière assez linéaire, il n’en reste pas moins addictif et le plus souvent, malgré sa durée, il n’est pas rare que je le repasse une seconde puis une troisième fois au casque.

Je ne peux donc que vous le recommander chaudement.

La bonne odeur des sapins

Image

PSA à 6.54, creatinine à 130, monocytes en hausse, deux prises de sang, une analyse d’urine et quelques échographies plus tard, l’inquiétant spectre du rein fracturé se réinvite à la maison après six années de trêve des blouses blanches. 

Ce qui devait être un contrôle de routine devient une surveillance rapprochée du métabolisme. Quand le médecin vous appelle trente minutes après l’arrivée des résultats du laboratoire, ça sent clairement le sapin.

Le plus désagréable là-dedans c’est l’incertitude. D’abord on parle de la prostate puis on s’oriente vers les reins. Crise passagère, simple manque d’hydratation, rechute, cancer ? Les scénarios se bousculent dans ma tête et de vieilles douleurs ressurgissent dans le corps, comme la réactivation par la mémoire de traumatismes jamais totalement effacés.

Il faut plus de trois semaines pour obtenir un rendez-vous radiologique et pendant ce temps là, je gamberge.

Évidemment les échographies des reins, du foie, de la prostate et de la vessie ne révèlent rien d’anormal ce qui est à la fois rassurant et inquiétant.

Le médecin cette fois est nettement moins réactif et se veut rassurant. On fera de nouvelles analyses dans quelques mois pour voir si cela évolue dans le bon sens ou non et on avisera. Bon soit je suis foutu, soit elle n’est pas inquiète.

J’ai les reins en bouillie et des douleurs lancinantes dans le flan gauche comme après l’accident. Douleurs psychosomatiques ou retour d’une vieille copine, l’hernie discale post traumatique après une séance photo acrobatique, on le saura au prochain épisode à moins que je me remette à pisser du sang.

300 nights

Image

Je suis parti dans les Alpes de Haute Provence avec mon épouse, un piano, une lunette, une monture équatoriale et un appareil photo. Objectif passer des vacances, voir la belle famille, le fiston à Lyon mais également faire de l’astronomie.

Car la région de Saint Michel de l’Observatoire est réputée pour ses cieux limpides. A l’Observatoire de Haute Provence où j’ai pu admirer le T193 sous sa coupole (comprenez le télescope de 193 cm), celui qui a détecté la première exoplanète, 51 Pegasi b en 1995,  on annonce fièrement pas moins de 300 nuits d’observation par an contre une vingtaine à Strasbourg.

Avec une location en pleine campagne non loin de Mane et donc tout près de l’OHP, un setup astro lumineux, plein de temps libre et pas de contraintes de réveil, j’allais pouvoir m’en donner à coeur joie avec les étoiles.

C’était sans compter sur les prévisions météorologiques. Clairement nous n’étions pas dans les fameux 300 nuits de ciel clair. Pas même dans les 30 jours avec éclaircies ni même dans les 20 jours de temps incertain. Nous étions plutôt dans les quinze jours annuels de pluies diluviennes.

Bon d’accord, j’exagère un peu, nous avons eu quelques brèves et éphémères éclaircies et même un coucher de soleil nuageux même si à Lyon il est tombé quatre vingt dix huit litres de pluie par mètre carré en vingt-quatre heures (un record absolu soit dit en passant). En gros le même temps qu’en Alsace depuis le mois d’Octobre.

Le dernier jour de nos vacances, nous avons eu droit tout de même à un lever de soleil et une belle matinée venteuse avant que le ciel ne s’ennuage à nouveau. Nous nous sommes promenés à pied dans la nature autour de l’observatoire de Haute Provence et la coupole du télescope de 1.93 m, par contre ma lunette de 72 mm est restée sagement dans sa valise toute la semaine.

C’est une semaine après notre retour en Alsace que j’ai pu enfin sortir mon setup astro et monter au Champ du Feu pour photographier M 51 et étrenner la fameuse lunette toute neuve. Comme quoi, pas besoin de traverser la France pour trouver le ciel bleu.

Fierce Deity – A Terrible Fate

Image

Après Power Wisdom Courage en 2021, Fierce Deity revient cette année avec un nouvel album intitulé A Terrible Fate. Pour rappel Fierce Deity donne dans le power metal symphonique grandiloquent à la manière de Ayreon. Un projet solo de Jonathon Barwick sur lequel plusieurs de ses amis font des apparitions : Jeiel Roper, Brett Collidge, Tom Howard, Thor et Joe Haley.

A Terrible Fate propose six morceaux de quatre à neuf minutes le tout pour une durée totale de trois quart d’heure pendant lesquels Jonathon nous raconte l’histoire d’un dieu hantant un désert glacé.

Les morceaux de A Terrible Fate vont du power metal au symphonique électro en passant par un peu de folk comme dans ‘Paralysis’. On y trouve également du métal oriental façon Stargate (le film que j’ai revu il n’y a pas si longtemps) dans ‘LEViARACH’, mais aussi profusion de chœurs et des voix enregistrées.

Il y a des titres vraiment pêchus comme ‘A Life of Hate’ ou ‘A Terrible Fate’  et d’autres nettement plus contemplatifs dans le genre de ‘Nekot’s Shrine’, le seul instrumental de l’album ou ‘Paralysis (Into the Wind)’. Autant dire que c’est pour le moins varié.

Mon titre préféré reste de loin le ‘Deadworld’ caché au milieu de l’album. Ne me demandez pas pourquoi, je n’ai pas vraiment d’explication, peut-être est-ce dû  au chant, toujours est-il que c’est le morceau sur lequel mes oreilles s’attardent en détail à chaque fois.

La pochette n’est pas une image d’IA ni une photo tirée d’une banque d’images mais une peinture. Celle d’un voyageur armé d’un arc long qui chemine dans un paysage désolé sous un ciel chaotique vers le temple qui se dresse à l’horizon, telle une tour noire. De multiples lunes et quelques étoiles brillent dans le ciel mais c’est un vortex blanc d’où tombent des pattes aracnoides qui illumine la nuit, juste audessus du temple. Une illustration digne d’une campagne de jeu de rôle à laquelle j’aurai bien voulu participer.

A Terrible Fate possède un côté geek pompier grandiloquent, mais à côté du travail d’Arjen Lucassen, Jonathon reste quand même petit joueur. D’ailleurs, je l’ai déjà dit, il y  beaucoup de points communs entre cet album et un Into The Electric Castle de Ayreon par exemple comme le début instrumental de ‘A Terrible Fate’.

Fatalement, l’album n’est pas follement original, par contre il est vraiment excellent, surtout si l’on considère qu’il s’agit d’un projet solo. Alors allez le découvrir, il est sur Bandcamp.

Fallout

Image

Fallout est un jeu vidéo, plus précisément un RPG d’action post apocalyptique auquel je n’ai jamais joué. Mais cela fait pas mal de temps que je ne joue plus vraiment. Un jeu suffisamment connu manifestement pour que Amazon et MGN produisent une série télévisée dans son univers.

Fallout se passe plus de deux cents années après la guerre froide, genre après la crise des missiles de Cuba, sauf que ce jour là, le téléphone rouge était en dérangement… Boum !

Huit épisodes entre Silo et The Walking Dead avec une bonne tranche d’humour noir radioactif pour pimenter la sauce. Les riches se sont planqués dans des abris anti nucléaires et les autres, ben les autres sont restés dehors. 

Le jour de ses noces pourpres, une charmante jeune fille sort pour la première fois de l’abri 33 pour retrouver son père kidnappé par des sauvages venus de l’extérieur. Une journée riche en premières pour cette âme innocente qui va découvrir le monde et peut être perdre quelques une de ses illusions sans parler d’un doigt et de sa virginité.

Un ancien cowboy acteur devenu zombie malgré lui, un écuyer auto promu chevalier  d’acier, un scientifique, un chien et bien d’autres personnages vont croiser la route de cette innocente jeune mariée déjà veuve à la manière d’un road movie gore et burlesque, à la poursuite d’une tête décapitée.

Le dernier épisode est d’un rare cynisme et lance un pont pour aborder une éventuelle nouvelle saison pas forcément indispensable.

La cargaison

Image

Comme vous ne le savez pas, nous sommes partis en vacances pendant une semaine dans le sud-est de la France. Une semaine au soleil dans un gite pas très loin de ma belle famille.

Qu’est-ce que vous emportez lorsque vous partez en vacances ? Un maillot de bain, un bouquin, des lunettes de soleil, ce genre de truc. Ben pas nous. Enfin si mais pas que ça.

Pour ma part, je prends toujours un appareil photo, parce que les vacances c’est l’occasion de capturer de nouveaux paysages. Mais depuis quelques temps, j’ai renoué avec l’astronomie qui est une vielle passion et étant donné que le ciel n’est pas vraiment clément depuis le mois d’octobre, j’espère qu’en allant vers le sud, ce sera un peu mieux. 

Donc j’emmène également une monture équatoriale, une lunette, des oculaires, un télescope et des batteries sans parler des accessoires indispensables comme les contrepoids, les câbles et les adaptateurs. Largement de quoi remplir un coffre.

Ma femme, elle est musicienne et doit se produire cinq fois en public d’ici la fin de l’année avec plusieurs oeuvres à travailler. Elle emporte donc un piano numérique mais comme son second instrument est un violoncelle, les places arrières vont être prise par son étuis. 

Avec tout cela, la voiture est remplie. Mais comme Gaston avec sa valise à piles, il fallait trouver une petite place pour la brosse à dent et le dentifrice, sans parler des vêtements et des livres.

Au final, il a fallu faire quelques sacrifices. Piano et violoncelle ne tenaient pas ensemble à l’arrière de la voiture. Mon épouse n’a conservé que le clavier numérique. Et une fois la valise rangée dans le coffre, il n’y avait plus de place pour le Celestron et la valise à oculaires, j’ai dû me contenter de la lunette avec la petite monture ZWO.

Même avec nos deux enfants, on n’avait jamais été aussi chargé pour partir en vacances. Il va bientôt nous falloir un camping car avec une coupole sur le toit ainsi qu’une salle de concert à l’arrière.

Image empruntée à Franquin.

Slift – Ilion

Image

Slift

Vous carburez à quoi ? Personnellement au CBD, à la bière, aux bétas bloquants et surtout à la musique. J’ignore quels psychotropes s’injectent les membres de Slift, mais ce qu’il y a de certain c’est qu’ils chargent la barque.

Ilion

Ilion est un album que m’a recommandé Stéphane, qui lui, fume de l’emmental aromatisé à la bière. Un album de soixante-dix-neuf minutes et seulement huit morceaux qui donne dans le metal psychédélique, un mélange pour le moins détonnant.

Slift est une formation toulousaine née en 2016. Deux frangins et un pote de lycée qui ont gravé trois galettes en comptant Ilion.

La forme psychédélique domine les morceaux, mais du heavy psyché le plus souvent gueulé qui traumatiserait un baba cool fumeur de paillasson. Pour faire court, ça dépote pas mal.

Si on compare leur musique à celle de King Buffalo par exemple, celle de Slift est nettement plus musclée et moins répétitive, partant dans des délires sous acides bien dosés même si de temps à autres, ils se posent sur du cinématique comme dans le titre album.

Bon quand je dis qu’il n’y a pas de répétition, c’est peut-être un peu exagéré quand même comme en témoigne l’interminable trip de ‘Confluence’ ou bien ‘The Story That Has Never Been Told’ à ne pas confondre avec ‘The Never Ending Story’.

Pour le chant, il n’y a pas non plus que des gueulantes. Il y a par exemple du chant féminin sur ‘Ninh’ avec des chœurs évanescents et des voix quasi liturgiques dans ‘The Story That Has Never Been Told’.

Le résultat est assez bluffant mais certainement un peu longuet tout de même. C’est le genre d’album qui n’est pas franchement facile à écouter en faisant la sieste. D’ailleurs à la troisième écoute, mon épouse pourtant assez tolérante en matière de musique, m’a gentillement mais fermement invité à mettre le son en sourdine ou à porter un casque. C’est un signe.

Je vous le recommande pourtant. Ilion est une magnifique galette made in France qui devrait séduire les filles du coupeur de joint.

Simplification adminsitrative

Image

M. Le Président. Comme nombre de vos prédécesseurs, vous prônez l’allègement des normes et la simplification des règles administratives. 

Bien des technocrates se sont attelés au problème depuis le début de la cinquième république et ils n’ont réussi qu’à rajouter de nouvelles règles à l’édifice. 

Par exemple, au travail, pour commander un Bic, il faut demander un devis, un extrait de Kbis, un RIB, produire un bon de commande, faire signer le devis, établir un certificat administratif attestant que le RIB est bien celui du commerçant, trouver la famille homogène du crayon, ventiler la dépense dans une enveloppe budgétaire, dégager des AE, produire un engagement juridique, noter sur le bon de commande cet engagement ainsi que le code service et le SIRET, envoyer le bon de commande au fournisseur, lui rappeler qu’il devra déposer la facture sous Chorus Pro avec ces informations, effectuer l’attestation de service fait lorsque le Bic arrive sur votre bureau après avoir vérifié qu’il écrit bien, mettre en paiement la commande puis décaisser les CP, à condition bien entendu que la facture soit conforme aux règles en vigueur des marchés publics. 

Ça encore j’ai l’habitude, je m’y suis résigné. 

Par contre, je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi il est si compliqué de fixer un boîtier photo sur un instrument d’astronomie. Parce que là pour le coup, nous avons affaire à des scientifiques, pas des ronds de cuir !

Un Nikon Z6 possède une monture Z pour accrocher les objectifs. Il faut donc lui fixer un adaptateur T propriétaire qui se visse sur une bague T2 au filetage femelle M42. 

Vous suivez jusque là ? Mais voilà, le correcteur optique de ma nouvelle lunette – je vous en reparlerai – lui possède un filetage mâle M48 en sortie. Pour relier les deux vous aurez donc besoin d’une bague M48 vers M42. 

Ça va toujours ? Parce que le correcteur de champ possède en entrée un pas de vis M56 femelle et que la lunette elle a un pas de vis M54 femelle. Il est donc nécessaire d’intercaler une nouvelle bague M56 mâle vers M54 mâle.

Mais ça n’est pas tout. Entre le capteur du Nikon et la dernière lentille du correcteur de champ, il faut respecter une distance précise, ce que certains appellent le back focus, en l’occurrence ici 55 mm. Donc vous êtes obligé d’ajouter aux bagues et adaptateurs en place des tubes d’allonge de longueur précise au mm près en M48 ou M42 selon l’endroit où vous les installez.

Le back focus du Nikon Z6 est de 16 mm, reste donc 38 mm à trouver. J’ai donc commandé un jeu de huit tubes d’allonge M48 de 3 à 30 mm pour jouer au mécano. Normalement avec un 3 plus un 5 et un 30 mm je devrais atteindre la longueur requise pour respecter le back focus.

Et comble de malheur, selon les pièces mises bout à bout, le boîtier photo peut se trouver dans des orientations peu pratiques. Pour retrouver l’angle souhaité en fonction de l’objet à photographier, il est nécessaire de placer une bague rotative, en l’occurrence ici une M56 vers M54 qui va remplacer la précédente bague d’adaptation.

Du coup, entre le tube de la lunette et le boîtier photo, je vais aligner pas loin de cinq éléments les un derrière les autres. Merci aux différentes normes, marques, focales et optiques de nous simplifier la vie tous les jours. 

Finalement c’est presque plus simple de commander un Bic dans l’administration…

Rémy Lutz

Image

Un samedi ensoleillé, le club photo d’Illkirch est parti visiter l’exploitation d’un vigneron. Il ne s’agissait pas d’une journée de picole mais d’un projet photographique très sérieux autour du travail du vigneron. Et en Alsace, pas besoin d’aller très loin pour trouver de la vigne, en l’occurrence, nous nous sommes rendu à Bourgheim chez Rémy Lutz.

L’objectif est de réaliser, d’ici à l’été, une série de photographies sur le travail de ce vigneron, clichés qu’il exposera dans son exploitation lors de la saison touristique. Rémy, un vigneron indépendant qui est en conversion au bio, nous a fait visiter sa cave, une partie du vignoble, nous a parlé de son métier pendant qu’une dizaine de photographes assoiffés le mitraillaient.

J’ai rarement connu une personne aussi à l’aise face à tant d’objectifs. Il nous a parlé de son métier avec passion, du vin qu’il préfère rouge et pas trop sucré, du terroir, de la biodiversité et des saisons qui rythment son travail. Car le métier de vigneron ne se limite pas aux vendanges, même s’il s’agit d’un des points d’orgue de l’année.

D’ici l’été nous devrions revenir à plusieurs reprises dans son exploitation pour capturer des scènes de son travail et il est probable que nus poursuivrons l’aventure avec lui pour les vendanges et pendant l’hiver. Un nouveau projet photographique qui demande beaucoup de disponibilité mais auquel je vais essayer de participer le plus possible.