
Après une journée entièrement dédiée à la préparation des photos, chroniques et billets de blog pour quinze jours, nous voilà à l’aéroport international de Strasbourg-Entzheim (cinq vols par jour), pour décoller vers la Crète.
Manifestement certaines compagnies ont encore des réserves de kérosène. Le retour se fera peut-être à la nage.
Ce sont nos premiers jours de congés payés depuis Noël et notre premier voyage depuis septembre, autant dire que nous sommes impatients.
Il fait nuit lorsque nous arrivons à Heraklion et nous avons encore 1h30 de route pour atteindre Rethymnon, notre destination finale. Le loueur se trouve à près d’un kilomètre à pied de l’aérogare, la carte bleue refuse de bloquer la caution pour la voiture et une fois sur la route, impossible d’allumer les feux de la voiture. Ça commence fort !
A 23h, après avoir tourné en rond et emprunté une ruelle où la voiture touche presque les murs latéraux tant elle est étroite, nous arrivons enfin à destination, une peu éreintés.

Le lendemain, après avoir rempli le frigo de produits improbables comme des cookies au yaourt grec, nous visitons Rethymnon, son port vénitien, sa mosquée, ses ruelles touristiques, une longue promenade matinale à pied au soleil qui épuise nos dernières forces.
L’après-midi, nous tentons bien d’aller découvrir l’unique lac d’eau douce de l’île, mais le cœur n’y est pas et l’endroit manque d’intérêt pour un alsacien qui vit entouré de rivières et de lacs. Par contre, vers 18h, nous posons enfin nos fesses sur le sable de la plage bétonnée recouverte de transats et de parasols à 20 mètres de notre appartement, et c’est magnifique. Par un incroyable miracle, sur le sable, nous n’entendons plus la circulation ni la foule huilée.

Notre logement se situe dans une sorte d’improbable bidonville touristique fait d’immeubles inachevés, de baraques bricolés, de chantiers et de terrains vagues où résonne de la musique de 20h jusqu’à 2h du matin. Ce n’est pas très sexy comme paysage mais l’appartement est agréable, calme, propre et dispose d’une place de parking, ce qui dans le coin est une denrée précieuse.

Le lendemain nous partons pour le monastère d’Arkadi, un incontournable de Crète semble-t-il vu le nombre de cars qui vomissent leurs touristes, et Eleftherna, la grande cité antique devenu un village paumé aujourd’hui, où se cache un musée archéologique et plusieurs sites dont une nécropole.
Après une longue promenade en plein soleil de ruine en ruine dans un vallon, nous rentrons cuits mais heureux. En soirée, une fois l’estomac rempli et remis de nos brûlures, nous repartons explorer la citadelle de Rethymnon qui domine la ville et la mer.

Le jeudi matin, nous retournons voir les morts à Armeni. Un vaste site ombragé où des tombes ont été creusées profondément dans la roche il y a 3000 ans, des centaines de couloirs étroits en pente à ciel ouvert descendent vers des chambres mortuaires. Le soir, après une sieste, nous partons visiter le village des potiers, Margaritte, non pas parce que nous comptons ramener en avion une jarre mais pour visiter des ruelles plus authentiques que le front de mer de Rethymnon.

Le vendredi, nous sommes partis au sud, vers Palm Beach, non pas celle de la série américaine, mais une plage de Crète. En passant, nous avons fait un petit détour par le monastère de Preveli, une destination pour le moins touristique. L’antique monastère, qui domine la mer de Lybie, était en pleine effervescence avec une célébration religieuse qui avait remplie le parking des voitures des fidèles. Nous nous sommes faits tout petits pendant l’homélie retransmise par des hauts parleurs.
Après quelques sermons pour le moins orthodoxes, nous avons cherché un chemin pour rejoindre la plage aux palmiers située en contrebas, sans pour autant se détruire les genoux avec les 459 marches partant du monastère. Nous avons visité la palmeraie sauvage qui remonte le long d’une rivière qui se jette dans la mer.
Après cette belle promenade, nous sommes rentrés par le village de Spili où la faim a guidé nos pas dans un agréable restaurant situé au dessus des fontaines. Le soleil, le repas, le verre de vin blanc et de digestif sucré à base de fleur d’oranger ont achevé le chauffeur et sa passagère. Nous sommes rentrés faire la sieste à Rethymnon…

Le samedi, nous partions pour la ville d’Hania avec un détour par la ville antique d’Aptera et le monastère de la Sainte-Trinité des frères Zargaroli. Un gros détour, beaucoup de route et de chaleur pour découvrir d’incroyables citernes romaines, un théâtre greco romain de -300 avant JC et des bains, un monastère perdu au milieu des oliviers qui ressemble à celui d’Arkadi et une grande ville balnéaire avec son port vénitien et sa vielle cité. Vous avez déjà essayé de vous garer dans un parking souterrain crète avec un SUV Volkswagen ? N’essayez pas. Rien que négocier les virages entre les murs et les piliers m’a donné des sueurs froides par 26 degrés. Alors se glisser dans la place de stationnement entre deux autres SUV, je ne vous en parle même pas. Heureusement que lorsque nous sommes partis, le parking était presque vide. Hania ressemble à Rethymnon en beaucoup plus grand. Plus de maisons, plus de bruit, plus de touristes, plus de restaurants autour du port vénitien. Bon pas terrible le restaurant comparé à celui de la veille, mais nous avions faim. Après 9h de balade, nous sommes enfin allés piquer une tête dans la mer Méditerranée glacée. Il fallait être motivé, mais c’était agréable.

Dimanche. Trois options s’offraient à nous : faire de la route pour découvrir de nouveaux sites archéologiques, revoir nos endroits préférés autour de Rethymnon ou bien visiter des lieux de seconds choix pas trop loin de la location.
Nous avons opté pour le troisième choix. Au programme les cascades de Argyroupoli et sa mosaïque puis le village de Roustica et ses rues ombragées. Bon, les cascades étaient en fait quatre ou cinq chutes d’eau d’un mètre de haut dans un endroit sympa et frais en contrebas du village. Après avoir vu la mosaïque un peu plus haut, nous avons roulé vers Roustica et ce fut la plus belle partie de cette matinée de second choix. Les paysages vallonnés et verdoyants entre Argyroupoli et Roustica étaient magnifiques. Tant mieux parce que Roustica ne méritait pas vraiment le détour. Nous avons terminé l’après-midi par une nouvelle promenade dans les anciens quartiers de Rethymnon qui est décidément une très belle ville.

Ne restait qu’un dernier jour en Crète avec un décollage prévu à 21h. Alors direction Heraklion, le palais de Knossos et le musée archéologique avant d’embarquer dans l’avion.
A 14h00 nous arrivons au centre-ville d’Heraklion pour visiter le musée archéologique. L’occasion de tester pour la première fois de notre vie un parking robotisé vertical dont le logiciel mal fichu va mettre plus de vingt minutes à retrouver notre voiture.
Suite un mauvais pilotage GPS nous-nous sommes en plus garé à 15 minutes à pied du musée alors qu’il y a plein de parkings à proximité. Nous marchons en plein soleil dans la capitale Crète pour rejoindre des merveilles vieilles de 4000 ans. Car ce musée conserve de véritables trésors sur près de deux millénaires de civilisations. Bronze, poteries, amphores, coffres, parures, épées, boucliers, casques, mosaïques, fresques, il y a tant à lire et à voir qu’il faudrait y passer deux journées.
Nous le quittons à contrecœur vers 15h30 car avant de partir, pas question de louper le site archéologique majeur de cette île, le palais de Knossos. Sauf que c’est la course : l’embarquement de notre avion débute à 20h et nous devons d’abord rendre la voiture. Alors c’est presque au pas de charge que nous visitons cet immense palais de plus de mille pièces.
Hélas, mille fois hélas, les ruines ont été restaurées avec force de reconstitutions douteuses en béton et il est parfois difficile de savoir ce qui est vrai de ce qui a été inventé. Aptera et Armeni avaient beaucoup plus de charme. A Knossos nous ne savons pas vraiment ce que nous visitons. Du coup la visite est écourté et nous arrivons à temps pour nous enregistrer.
A 21h nous décollions pour Strasbourg. Il faisait 27 degrés à l’ombre au décollage et 10 à l’atterrissage !
Les vacances étaient bien terminées.






















