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Deadrisen
Deadrisen - Deadrisen
Titre : Deadrisen
Groupe : Deadrisen
Sortie : 2020
Label : AFM Records
Format : CD
Genre : Power métal

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Titres

  • Risen Death A D
  • Prophecy
  • Destiny
  • The Maker
  • Reach For The Sun
  • Visions
  • Chains Of Time
  • Fear And Fury
  • But You
  • For Whom The Bell Tolls

Will Shaw [chanteur], Rob Rivera [guitariste], Mike Lepond [bassiste], Tony Stahl [clavier], Dan Prestup [batteur]

Le power metal, cet alliage de heavy épique et de speed mélodique, est un genre pour le moins borné, la structure des morceaux variant assez peu d’un groupe à l’autre. Si l’on ajoute à cela le fait que ce style existe depuis plus de quarante ans et a déjà été exploré de fond en comble par une nuée de formations, on peut légitimement se poser la question de savoir si DeadRisen parviendra, avec ce premier album éponyme, à tirer son épingle du jeu et à s’extraire de la masse. D’ailleurs, que faut-il attendre d’un album de power metal en 2020 ? De l’originalité ? Oui, c’est possible. Certains groupes arrivent encore à nous surprendre en développant un son immédiatement identifiable. Mais la majorité, en revanche, se contente de reproduire avec plus ou moins de succès la formule d’origine. DeadRisen appartient plutôt à cette seconde catégorie. Heureusement pour eux (et pour nous !), ce quintet possède un don, celui de redonner vie à la magie que véhiculait cette musique durant son âge d’or. Cela devrait ravir les nostalgiques des productions qui ont inondé le marché dans la seconde moitié des années quatre-vingt-dix. Leurs compositions, à défaut d’être innovantes (il y a bien un côté prog qui ressort dans la construction des titres et quelques influences latino par ci par là), sont robustes, plaisantes et mélodiquement efficaces. La prise de risques reste toutefois assez faible et l’on peut déjà se questionner sur ce que donnera la suite, s’il y en a une… En tout cas, ne boudons pas notre plaisir et savourons pour le moment cette petite collection de hits power metal qui vous feront penser, en vrac à, Symphony X, Nocturnal Rites, Stratovarius, Riot, Primal Fear, Insania, Yngwie Malmsteen, Crimson Glory et j’en passe… Chacun puisera dans sa culture personnelle les références qui lui sembleront les plus appropriées.

DeadRisen

Les principaux instigateurs de ce projet signé par le label allemand AFM Records sont loin d’être des novices. Aux manettes et à la basse nous retrouvons Mike Lepond, mythique et créatif bassiste des prog métalleux de Symphony X. Notre homme, qui semble ne pas supporter l’ennui (il apparaît aussi sur l’album de Ross The Boss sorti début mars) s’est associé au guitariste virtuose Rob Rivera (Rivera Bomma), bien moins prolifique que son acolyte, pour produire et composer cet opus. Les deux artistes au talent avéré et reconnu offrent à Will Shaw (Heir Apparent), le vocaliste, un terrain idéal pour briller. Sa voix puissante et sûre sied parfaitement au style. Ses montées dans les aigus sont particulièrement impressionnantes et nous rappelle parfois le regretté Midnight de Crimson Glory (écoutez le final de ‘Reach For The Sun’ pour vous en convaincre). Saluons également le travail du claviériste Tony Stahl (Livesay) qui a su envelopper quelques titres d’atmosphères seventies grâce à un son de clavier légèrement vintage. Ces nappes délicates et intelligemment déployées laissent aussi place à des solos plus modernes rappelant les performances de Jens Johansson (Stratovarius) comme sur le titre ‘Destiny’ (ça ne s’invente pas !). Mais un bon album de power metal ne serait rien sans un cogneur à la frappe dynamique. Dan Prestup, du groupe de metal symphonique Midnight Eternal, se cale parfaitement bien sur le jeu de ses camarades pour finir d’empaqueter joliment le produit.

Ce produit justement, parlons-en plus en détail. ‘Dead rising AD’, l’introduction orchestrale aux contours arabisants qui ouvre l’album aurait pu être composée par Alan Silvestri ou Joseph De Luca. La dimension épique promet de belles batailles. Le voyage sera éprouvant, c’est certain. A l’appel du groupe, notre poing se lève et nous sentons nos forces se décupler. Nous acceptons, avec une rage naissante, de chevaucher la monture que la bande nous a réservée pour pénétrer son univers. Le film est lancé. La séquence suivante nous submerge subitement. L'enchaînement avec ‘Prophecy’ est, en effet, pour le moins brutal. Avec son mur de guitare rappelant de façon un peu trop flagrante le titre ‘A Fool’s Paradise’ de Symphony X paru sur l’album V en 1995, on commence par se dire que cette bataille-là, nous l’avons déjà livrée. Mais rapidement, nous faisons abstraction de cette influence trop évidente, après tout Mike Lepond est de la partie… Finalement il restera, dans l’écho de ce premier combat, la résonance de ses rythmiques affutées, la justesse des interventions de son claviériste et la magie de son refrain héroïque. Un premier titre musclé et énergique donc, qui laisse, à chacun des membres du groupe, une place pour s’exprimer. En un mot, professionnel.
Cette entrée en matière efficace fait place à ‘Destiny’, plus accessible, pour ne pas dire commercial. Le vocaliste confirme son talent et livre des lignes de chants à vous filer la chair de poule avec un feeling proche de celui de Mike Dimeo (Riot, Masterplan). Le refrain trottera dans votre tête un bon moment. Il en sera de même pour ‘Fear And Fury’ l’autre titre choisi par la bande pour faire la promotion de l’album avant sa sortie.



S’ensuit ‘The Maker’, plus original, et qui confirme le caractère progressif de la musique des américains. La basse est bien présente et vient étoffer, compléter, des mélodies à la saveur ibérique. Dépaysant. Les passages heavy ne sont pour autant pas mis de côté, et d’une manière générale, dominent ce morceau aventureux sur lequel nous avons même droit à des pré-chorus scandés.
‘Reach For The Sun’ calme le jeu et se présente comme la ballade imparable qui vous ramollira après quelques mesures. Avec son introduction bien sentie, façon Pink Floyd ou The Doors, cette chanson met surtout à l’honneur Will Shaw, très convaincant aussi, dans un registre plus posé. Mais le naturel revient au galop … Sur le final, il finira par s’époumoner et atteindra des notes stratosphériques.
Au rayon des bonnes surprises, notons également la qualité du titre ‘Visions’ avec son refrain orientalisant et ses descentes de manches qui permettent au guitariste de faire la démonstration de sa dextérité et le morceau ‘But You’ qui lorgne vers le trash. ‘Chains Of Time’, très germanique dans l’approche (donc ‘über’ heavy !) est un peu plus conventionnel mais encore une fois, quelle efficacité ! Les amoureux de Primal Fear devraient adorer.
Pour clore cet album, le quintet propose la reprise d’un standard. Cela attire toujours les curieux … ‘For Whom The Bells Tolls’ de qui vous savez, est présenté dans une version fun, coiffé de synthé et de sons de basses​ électroniques. Un final qui insuffle un vent de légèreté à l’ensemble.

Avec son Power Metal bien huilé et d’un professionnalisme évident, DeadRisen écrase d’entrée la concurrence. Ils ont l’expérience, le savoir-faire et l’énergie. Le genre n’est certes pas réinventé, loin de là, mais le flambeau est porté haut, très haut.


Rédigé par Alexandre le 06/04/2020
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