Neoprog.eu
Menu

LTE3
Liquid Tension Experiment - LTE3
Titre : LTE3
Groupe : Liquid Tension Experiment
Sortie : 2021
Label : Inside Out Music
Format : CD
Genre : Metal progressif

La chronique note de la chronique
Les évaluations Evaluations

Titres

  • Hypersonic - instrumental
  • Beating The Odds - instrumental
  • Liquid Evolution - instrumental
  • The Passage Of Time - instrumental
  • Chris & Kevin’s Amazing Odyssey - instrumental
  • Rhapsody In Blue - instrumental
  • Shades Of Hope - instrumental
  • Key To The Imagination - instrumental

Formation en 1997

Tony Levin [bassiste], John Petrucci [guitariste], Mike Portnoy [batteur], Jordan Rudess [clavier]

Liquid Tension Experiment réunit en son sein quatre monstres sacrés du rock progressif, quatre musiciens de génie, dont le talent n’est plus à prouver. Vingt-trois ans après leur premier album, vingt-deux ans après le second, Tony, John, Mike et Jordan se sont retrouvés en studio pour écrire LTE3.

Liquid Tension Experiment

Commençons par les présentations : Tony Levin, moustachu sans un poil sur le caillou, joue de la basse et du stick chapman comme un dieu, compagnon studio et live de Peter Gabriel, il est devenu également la quatre cordes de King Crimson en 1981. Mike Portnoy, le Barbe Bleue batteur, fonda Dream Theater avec Petrucci et Myung en 1985 avant de tirer sa révérence en 2010. On le retrouve aujourd’hui, lui et sa batterie démentielle, dans Sons Of Apollo, The Neal Morse Band et tout plein d’autres formations. John Petrucci, l’homme aux mille guitares, œuvre toujours dans Dream Theater, guitariste plus rapide que son ombre comme Jordan Rudess, le pianiste geek qui adore jouer sur un iPad et autres gadgets électroniques en plus d’être un artiste virtuose.

Liquid Tension Experiment, c’est un peu un Dream Theater instrumental sans John Myung, un super groupe aux super-pouvoirs, capable de finesse comme de virtuosité exacerbée. Mais j’imagine que vous savez déjà tout cela non ?

Ce que j’aime chez eux, c’est justement lorsqu’ils en font des tonnes, balançant la sauce, jouant à celui qui va le plus vite, quitte à ce que ce soit indigeste. Du coup, j’ai sauté au plafond en écoutant ‘Hypersonic’, le premier morceau de LTE3 qui est un pur concentré de technique façon le ‘Vol du bourdon’. Ils se calment un peu avec un ‘Beating The Odds’ à l'entrée en matière très rock malgré les claviers cuivrés. Chaque musicien y va de son solo et pour tout vous avouer, six minutes m’ont rarement paru si longues.



‘Liquid Evolution’ me rappelle les atmosphères du ‘Osmosis’ de leurs débuts, un beau titre, mais pour l’originalité on repassera même si j’adore la guitare finale. Si vous voulez du metal progressif qui cogne, ‘The Passage Of Time’ devrait vous combler. Le titre de sept minutes et trente-trois secondes ressemble à un rush de l’album Black Clouds & Silver Linings de Dream Theater. Les claviers manquent de consistance, semblant accompagner la voix absente de James Labrie, mais soyons honnête, le morceau plaira aux amateurs de Dream Theater dont je fais partie. ‘Chris & Kevin’s Amazing Odyssey’, expérimental et world music, semble enfin raconter quelque chose sur cet album. Une pièce dans laquelle Levin et Portnoy s’amusent comme des fous et qui rappellera un peu King Crimson.

La vraie question qui se pose maintenant est pourquoi, pourquoi diable, ont-ils voulu reprendre 'Rhapsody In Blue’ de George Gershwin en version amputée ? Tout le monde connaît cet air célèbre réutilisé à toutes les sauces, mais ceux qui aiment la version originale composée en 1924 et longue de dix-sept minutes, doivent surtout oublier cette réinterprétation amputée, sous peine de détester à jamais Liquid Tension Experiment.

Écoutez plutôt celle-ci :


Dans un album de Dream Theater, il y a toujours une guimauve. Chez LTE également, et cette fois elle s'intitule ‘Shades Of Hope’. Piano et guitare s’y collent les mains poisseuses pendant un peu moins de cinq minutes, beurk ! ‘Key To The Imagination’ est le grand format metal progressif de l’album, plus de treize minutes patchwork, du convenu au génial, avec son passage orientalisant puis symphonique. Hélas le titre n’a pas inventé la poudre.

J’ai été estomaqué, indifférent, touché, agacé et ennuyé en écoutant LTE3, des sentiments contradictoires ressentis en à peine plus d’une heure. J’avais peut-être idéalisé Liquid Tension Experiment faute de l’avoir écouté depuis très longtemps, et en parcourant les deux premiers albums du super groupe, je me suis souvenu qu’ils avaient provoqué les mêmes réactions chez moi en les découvrant.


Rédigé par Jean-Christophe le 01/04/2021
Commentaires
Aucun commentaire
Le magazine papier
Magazine n°9 Magazine n°8