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Abstruse Imbeciles Nailed On Slavery
Lost Ubikyst In Apeiron - Abstruse Imbeciles Nailed On Slavery
Titre : Abstruse Imbeciles Nailed On Slavery
Groupe : Lost Ubikyst In Apeiron
Sortie : 2014
Label : autoproduction
Format : CD
Genre : Metal
Achat : ici
La chronique note de la chronique
Aucune évaluation

Titres

  • Nothing to s(l)ave
  • The way
  • Deaf to reason
  • Final roar
  • Blind cyclops
  • Swallow the earth
  • Dead and gone
  • Sarkoma
  • The void
  • Peace
  • Gaïane

Formation en 2007


Abstruse Imbeciles Nailed On Slavery

Lost Ubikyst In Apeiron
Pontarlier, France
Genre : métal progressif

Discographie : Abstruse Imbeciles Nailed On Slavery - août 2014 - autoproduction

Line up : Chrissse

Un mail arrive un soir alors que je peinais sur Z², un lien Bandcamp. Le message précise métal progressif extrême, en effet le chant va décrasser les tympans et la guitare, dès les premiers riffs, m’emballe. Lost Ubikyst’n Apeiron, un projet solo sur plus de six années mené par Chrissse, du côté de Pontarlier. Le contact est immédiatement noué avec l’artiste qui insiste pour nous envoyer l’album, et je ne le regrette pas, l’objet est magnifique, superbe digipack en trois volets avec un livret-poster qui reprend la couverture réalisée par Sonia.

”artwork"

Chrissse a d’abord joué avec The Gateway jusqu’en 2006, un groupe métal progressif du Doubs. A la fin de cette aventure, il reprend la composition solo qu’il avait déjà pratiquée avec The Afertglow de 1997 à 1999 où il jouait déjà de tous les instruments. En 2007, il se lance à nouveau seul dans Lost Ubibyst’n Apeiron, un projet ambitieux, où le perfectionnisme le pousse à travailler, retravailler, s’équiper, pour obtenir au final exactement l’album désiré : Abstruse Imbeciles Nailed On Slavory.

Chrissse

En onze titres, et sans prendre de gants, aidé de sa guitare virtuose, d’une voix forte et parfois violente, d’une rythmique nerveuse, Chrissse va nous dire tout le bien qu’il pense de notre belle société et de notre mode de vie absurde, économie, pollution, il y a de quoi faire, de quoi dire. Les mots sont crus, percutants, il ne faudra pas passer à coté du livret, ce serait manquer une partie de l’album. Chrissse ne se cache pas d’être fortement inspiré par Devin Townsend (regardez son logo), mais en écoutant les soixante-dix minutes de son premier album, vous découvrirez ici ou là d’autres influences, volontaires ou non, comme Tool par exemple. Dans le métal extrême se glisse toujours un break, souvent en début ou fin de morceaux, une petite pause qui met en relief l’énergie parfois destructrice qui suit. Le chant, comme je l’ai dit, peut être violent, souvent en souffrance, donnant beaucoup d’humanité à ce métal progressif. D’ailleurs de l’humanité il y en a, elle est même au cœur de l’histoire, lisez les paroles, elle est même la cause de tout, et quand Chrissse cite un bonhomme comme Hubert Reeves, l’humain n’est jamais très loin.

Dès les premières notes de “Nothing To S(l)ave” je m’étonne d’écouter un projet solo, qui bien souvent pêche par un ou plusieurs aspects. Bien sur la guitare est éblouissante, disons que j’adore ce jeu métal technique un peu jazzy sur les bords, mais écoutez donc cette batterie qui cogne et virevolte sans répit, s’offrant même un bref solo. Le chant sur ce titre est carrément hurlé parfois, il vaut mieux s’aider des textes pour suivre d’autant que Chrissse joue avec les mots : “This fucking file”. “The Way” me ramène a du Paradise Lost, un groupe avec lequel je n’ai pas flirté depuis longtemps, c’est sans doute dû à la voix de Chrissse quand elle descend dans la gamme et le choix de la rythmique qui fait cela, toujours est-il que c’est bien sympa et très différent du premier morceau. “Deaf to Reson” est un bref instrumental new-age peuplé de bruitages et de voix off, courte pause auditive avant la tempête qui s’annonce sur “Final Roar”. Un début explosif sur le chant et la batterie qui vous déchire les tympans, violence à son paroxysme qui retombe et puis revient. Chrissse nous parle ici de la mort annoncée des océans dont tout le monde se fout, c’est vrai, c’est tellement immense, on peut tout jeter dedans, un puits sans fond et une ressource inépuisable.”All blue expanses turn now to grey”... Nous sommes les cyclopes aveugles, après un début angoissant, les hommes affirment leur suprématie sur la nature que Dieu leur a confiée en saccageant tout. Attention, ici ça tabasse sans prendre de gants hormis la gratte qui se la joue subtile, le reste poutre sauvage, faut dire, il y a de la colère. Le final tout en contraste est magnifique. “Swallow the Earth” et sa guitare acoustique entame les dix minutes du grand format de l’album. Influences Queensrÿche, Vanden Plas, nous sommes en plein dans le plus pur métal progressif, un chant nettement plus apaisé, une basse plus distincte et vu qu’il faut tenir sur la durée, une construction recherchée également. Magnifique évidement… “Dead and Gone” est sans doute la pièce où les claviers s’entendront le mieux, un titre à refrain, certes pas le truc que vous reprendrez en cœur avec un briquet au-dessus de la tête, mais ce morceau de belle taille fait partie de mes chouchous pour des milliers de raisons : le chant, les passages instrumentaux, le texte scandé sur la basse… Il passe trop vite et la tentation furieuse de le remettre en boucle est violente. J’adore. “L’innocence des hommes est maintenant morte et partie.”. Une voix off en français début “Sarkoma”, je n’ai pas le droit de m’étendre sur le titre mais je n’en pense pas moins. Voix grave, atmosphère oppressante, le titre est un virage dans le concept. Vocoder sur “The Void”, un air de Tesseract, vous sentez comme l’album a pris un virage ? La rage semble s’être éloignée, laissant place à une forme de résignation. Le titre est plus froid, technical metal qui laisse admirer encore une fois le jeu de guitare et la rythmique. “Peace”, dernier instrumental, au piano, quelques notes égrenées dans le vide et la solitude qui lance le final “Gaïane” où le narrateur rencontre sa fille, Gaïane. C’est là que le chroniqueur se rend compte qu’il a décroché de l’histoire, sans doute depuis “Sarkoma”, pris par la musique et qu’il va lui falloir relire le livret, quelque chose m’a échappé…

Abstruse Imbeciles Nailed On Slavery est un très bon album, volent, déchirant, que l’on ne peut pas écouter à toute heure, il faut avoir un vrai feeling méta à ce moment-là, car la musique comme le chant tabassent dur. Il faut écouter d’une traite également, idéalement en lisant les paroles, ne faire que ça, au moins une fois. Pour un projet solo, c’est du lourd, très bien joué, porteur d’un message fort. Il aura fallu six années de travail à Chrissse pour arriver à ce résultat mais cela en valait vraiment la peine. De nouveaux titres sont en route, il y aura peut-être prochainement de la scène. Un très bon concept, que je recommande quand même aux plus métaleux d’entre vous.

Site : http://www.lostubikystinapeiron.com/

Facebook : https://www.facebook.com/LostUbikystInApeiron

Trailer :


Rédigé par Jean-Christophe le 09/11/2014
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