Neoprog.eu
Menu

The Future Bites
Steven Wilson - The Future Bites
Titre : The Future Bites
Groupe : Steven Wilson
Sortie : 2020
Label :
Format : CD
Genre : Rock électronique

La chronique note de la chronique
Les évaluations Evaluations

Titres

  • Unself
  • Self
  • King Ghost
  • 12 Things I Forgot
  • Eminent Sleaze
  • Personal Shopper
  • Follower
  • Count Of Unease


David Kosten : Programmation
Yali et Mia : Choeurs

Artistes invités sur l’album :
Michael Spearman : Batterie
Richard Barbieri : Claviers
Wendy Hariott: Chœurs
Bobbie Gordon : Chœurs
Crystal Williams : Chœurs
Rou Reynolds : Chœurs
Rina Mushonga : Chœurs
Mos Capri : Chœurs
Jakl : Choeurs
Yali, Mia, Lihi, Romi, Guy, Gali, Mati, Tom, Shai : voix d'enfants
Jason Cooper: Batterie
Nick Beggs : Chapman Stick
Adam Holzman : Claviers
London Session Orchestra : Orchestre
Elton John : voix

Une année. Il m'aura fallu une année complète pour enfin recevoir The Future Bites, le nouvel album de Steven Wilson commandé en mars 2020 et finalement reçu le 8 mars 2021.
Entre temps, je l'avais bien sur écouté dès sa sortie sur un site de streaming (légal) mais je brûlais de poser sur ma platine le vinyle rouge tant attendu.
C'est maintenant chose faite et c'est pourquoi je me décide enfin à chroniquer un des albums les plus commentés de ces dernières années.
J'ai eu, entre la sortie officielle et aujourd'hui, tout le temps pour lire les nombreuses critiques de professionnels, les milliers de commentaires sur les pages Facebook ou pages internet consacrées au rock progressif mais surtout, de me faire ma propre idée sur ce The Future Bites que je vous livre donc ici. Le constat est clair, ce disque s'adresse aux fans de Steven Wilson.

Perspicace le gars, me direz vous, tout ce temps pour en arriver à cette conclusion !
Je développer :

Ce disque s'adresse aux fans de Steven Wilson, l'artiste protéiforme, qui essaye, qui évolue au fil de ses envies et pas au rythme des modes. L'artiste, amoureux de musique en tout genre et qui le prouve depuis ses débuts, au sein de ses différents groupes et projets. L'artiste qui a touché à la musique électronique et l’ambient avec No-Man, la musique expérimentale (un poil élitiste) et le krautrock avec Bass Communion et IEM, la pop classieuse avec Blackfield ou encore le post punk, le psychédélique, le progressif et le metal avec Porcupine Tree.

En revanche, cet album ne s'adresse que moyennement, voir pas du tout aux fans des trois ou quatre albums les plus metal de Porcupine Tree qui ne voient en Steven Wilson que la tête pensante du fabuleux combo de prog metal, au point d'en oublier tous les autres aspects de la personnalité musicale du bonhomme. Pourtant, avec une écoute un minimum attentive des premiers albums de l'arbre hérisson, on se rend compte que l’électronique fait très tôt son apparition dans la discographie du groupe. Il suffit pour s'en persuader de réécouter, par exemple, 'Up The Downstair' sur l'album du même nom ou 'Phase III' sur Voyage 34 (pour n'en citer que deux). Rappelons aussi qu'avant PT, le jeune Steven a débuté sa carrière avec No-Man qui enregistrera un bon paquet de morceaux électroniques dont 'Only Baby' sur Loveblows and Lovecries (pour n'en citer qu'un) est un excellent exemple .



Autant de raisons qui ont fait que je n'ai pas été plus surpris que cela au moment de la sortie de 'Personal Shopper', premier single de The Future Bites, un titre qui finalement ne fait que reprendre certains travaux de Steven Wilson là où il les avait laissé depuis quelques années, sur une structure résolument prog (titre long, changements de rythmes...). De plus, 'Personal Shopper' et son orientation plus « commerciale », dont certains morceaux de To The Bones avaient plus ou moins été annonciateurs n'est que la suite de l'exploration musicale entamée par Steven depuis le début de sa carrière solo. Après avoir abordé les seventies (Insurgentes, Grace For Drowning et The Raven That Refuse To Sing), les eighties (HCE et surtout To The Bones), l'anglais nous propulse dans la modernité avec un album qui s'inscrit dans l'air du temps tout en gardant les caractéristiques propres à son univers, et notamment une certaine noirceur présente tout au long des quarante minutes de TFB, et ce même sur les morceaux les plus enjoués.
Hormis ce 'Personal Shopper' qui a fait couler beaucoup d'encre et peut-être 'self', autre titre à dominante électro, le reste de l'album est somme toute assez «classique» pour quelqu'un qui suit le bonhomme depuis longtemps. 'King Ghost' est un titre mélancolique qui n'aurait pas dénoté sur HCE. Le groovy 'Eminent Sleaze' et ses chœurs gospel est clairement un hommage à Prince, un des artistes préférés de Wilson, alors que '12 Things I Forgot', le morceau plus pop de l'album, évoque fortement Blackfield.
Pour finir, l'éthéré 'Man Of The People', ainsi que la superbe ballade électro acoustique 'Count Of Unease' qui ferme l'album de la plus belle des manières sont, quant à eux deux titres qui auraient pu figurer sur n'importe lequel des albums précédents de Wilson.



Au final, ce qui me dérange le plus sur cet album n'a pas grand chose à voir avec la musique mais plutôt avec le concept. La dénonciation du consumérisme à outrance en vendant un maximum d’éditions limitées et de pack incluant Cd, Vinyl, cassette, que sais-je encore me paraît contradictoire, mais il y a sûrement une explication que je n'ai pas encore trouvé dans une interview de sieur Wilson.

Vous l'aurez compris, j'ai aimé The Future Bites qui ne fait que reprendre les différentes facettes d'un même artiste bien décidé à faire ce qui lui plaît au risque de perdre une grande partie de ses fans et sans aucune garantie d'en gagner de nouveaux.
J’apprécie la liberté que Steven Wilson se permet de prendre et j'aime être surpris par les différentes directions qu'il s'amuse à emprunter au fil de ses réalisations. N'est-ce pas ça être progressif après tout ? Ne pas s’imposer de limites ni de carcans de genre. La liberté quoi !

Pour finir, comme le dit Steven Wilson dans le titre de Porcupine Tree 'Shesmovedon': « S(he) changes every time you look ».

Il nous avait prévenu.


Rédigé par Marc le 26/04/2021
Commentaires
Aucun commentaire